Jeunes soldats israéliens à Metula
L'un de ces gosses tient une sucette...
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Benjamin Netanyahou est furax. L'Union européenne a approuvé l'étiquetage des produits originaires des colonies israéliennes dans les Territoires occupés (L'Obs).
Je me demande en effet de quoi je me mêle. Sinon de comprendre qu’à notre exemple les autres nations européennes sont inféodées aux pays arabes, Qatar i tutti quanti. Mais en tout cas il y en a un que la mesure va d’autant plus inciter à acheter de ces dits produits stigmatisés, c’est moi.
Parce que si les israéliens ont des torts indéniables dans l’irréductible conflit qui les oppose au monde arabe coalisé, des torts partagé avec les Palestiniens surtout, il n’en reste pas moins que ce sont des gens travailleurs quand leurs ennemis sont réputés être de jolis fainéants, qu’on le veuille ou non dans les média ou chez les intellectuels français. Parlez-en donc, entre quatre-z-yeux à des Egyptiens, à des Syriens ou aux Jordaniens : Vous serez fixé. J’ai vu il y a vingt ans un jeune Directeur d’usine égyptien, fils de bonne famille très poli, exploser de colère en des termes fleuris à leur encontre.
Or s’il faut faire un état des lieux concernant les territoires occupés, et en tirer quelque morale puisque c’est de ça qu’il s’agit, j’ai une petite anecdote édifiante à relater :
Il y a dix ans, avec une dizaine d’amis, je suis dans un car qui sillonne le territoire israélien, en visite de sites militaires, historiques et culturels. Bien que je ne pratique pas, je suis enthousiasmé de découvrir la terre natale du prophète Jésus Christ, fondateur de la religion qui a bâti la nation française. Après la mer morte, le Jourdain et le lac de Tibériade nous grimpons le Golan, d’où les Syriens avaient pour saine habitude de bombarder des fermes et villages juifs... jusqu’au jour où les juifs, gens courageux, ont piqué une encore plus saine rabia et ont conquis ledit plateau. Comme ça : plus d’agressions quotidiennes.
Je suis assis à côté d’un aîné que je respecte beaucoup et qui est Amiral ER. Fin lettré il lit chaque jour le Jérusalem-post (c'est en rosbif). Et allez... catholique fervent (je crois même qu’il est diacre), on va dire que s’il n’en fait pas une règle brutale du fait de sa rigoureuse et aristocratique éducation, homme de caractère néanmoins habitué à commander il ne déborde pas dans ses propos de sympathie particulière pour le "peuple meurtrier du Seigneur". En bon marin, l'expression triviale n'est jamais loin. Eh! Cette inculpation millénaire est une constante chrétienne que je ne m’explique pas trop à notre époque, tant de siècles ayant à mon sens largement valeur prescriptive... Mais enfin, c’est comme ça.
Arrivés sur le plateau je suis ébahi : Je m’attendais à un désert venté, comme chez moi au Maroc le Jbel Masseur, au sud d'Oujda, où l’on a prétendu s’être déroulée la bataille du Jugurtha, plat et dénudé comme le cul d’un singe. En fait c’est une succession de fermes cernées d’arbres puis de champs verdoyants, arrosés par d’immenses bras rotatifs. Des gens travaillent d’arrache-pied. N’était un soleil torride (Nous sommes fin Mai), nous nous croirions dans la Beauce ou quelque région de notre douce France agricole.
Mes filles diraient « scotché » : Je le suis.
M... ne bronche pas. Mais il regarde comme moi alentour ce qui s’impose à son esprit autant qu’à sa vue. Sa tête va et vient de droite et de gauche, de chaque côté, lentement, avec circonspection. Je sens bien qu’il va me dire quelque chose, mais se retient pour confirmer son propos par un constat définitif et irréfutable. Puis soudain, passée une poignée de kilomètres au milieu de ce Canaan tabulaire, il se lâche : "Henry, je suis venu ici du temps des Syriens, avec mon épouse, lors d’un voyage à Petra (Jordanie). Nous fîmes une extension. Je voulais connaître le célèbre Golan : C’était lunaire. Pas l’ombre d’une végétation sauf quelques herbes broutées par les chèvres de bédouins accroupis. Je n’en crois pas mes yeux : Ce qu’en ont fait les juifs me fascine."
Voilà pourquoi je suis du côté des israéliens, moi Marius, dans une chicaïa insoluble et mortifère, qui devrait à part ça, ne pas me regarder. Pas plus qu'elle ne doit "regarder" les hédonistes de Bruxelles et de Strasbourg. Qu'ils s'occupent de leurs fesses. Et de celles de leurs secrétaires.