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Billet de blog 16 octobre 2015

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La montre du fel’ et le musée de la braguette.

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C’était hier dans ma « UP » bondissante (3CV, Essence). J’allais à Nice, à l'aéroport, chercher la « Tante Tap’dur », ma belle-soeur préférée : Caractère de chien mais on s’entend impeccable. Beaucoup moins bien en revanche avec son mari, c’est une litote : ex-négrier de cette bourgeoisie lyonnaise infecte. Ami néanmoins de Patrick Fauconnier, le très honorable créateur de Challenge. Il est allé marcher en Italie. "Pèlerinage". Grand bien lui fasse.

 J’écoutais bien sûr France-Info. Distraitement : en boucle, Chouly, Bastareaud et Tillous-Borde évincés de la future branlée de samedi... quand on a soudain parlé du Musée de la Braguette et du petit oiseau, inauguré ce jour pas Pépère, devenu l’ubiquiste.

Par « braguette » et «petit oiseau» je veux dire le Musée de l’Homme : Je tourne ici l'anecdote en dérision car un nommé Bruno David - rare que je me souvienne d’un nom - émané d’une sinécure bien française, le CNRS, en a été nommé Directeur, ou Président, je ne sais plus, lequel nous a donc tricoté un discours parfaitement parisien pour l’occasion.

De sorte qu'interrogé par une journaleuse anastrophique "du parler", qui comme tous les actuels journaleux du parler, alourdissant ses questions de "est-ce que" horripilants, ne savait pas utiliser la forme interrogative normale, celle si élégante, inversive, du sujet qui suit le verbe, l'ex "chercheur" David, sans doute moins musculeux que celui de Florence, s'est lancé dans une théorie fumeuse, mais prévisible à l’aune du temps, sur le principe qu’il ne s’agirait plus dorénavant, et maintenant qu’on l’a rénové, du Musée de l’Homme mais de celui de l’Humain.  Porca Madone!... ça c'était un projet!

Vous voyez illico l’énorme pas pour le genre (Au fait, a-t-on toujours le droit à "genre" par les temps qui courent?). Mais c'est bien sûr, suis-je bête : le pont civilisationnel, l'arche progressiste... bref, David a inévitablement conclu sa casuistique parisienne sur cette phrase imparable de vérité morale et de bon sens : Il faut sur le champ bannir le mot race de la langue française.

Ben voyons.

Il faut dire que j’avais visité ce musée en même temps que celui de la Marine avec la sœur de Rosine, l’épouse catalane de mon frère Jean, quand j’avais 12 ans. Je l’avais déjà trouvé vétuste et poussiéreux, et c’est ce qui en fit le charme à mes yeux de petit Pied-noir venu comme chaque été en vacance dans cette France traditionnelle, cette France rassurante de mes parents « patos ».

Un des cousins de la jeune femme, catalan lui aussi bien sûr, aussi taiseux qu'elle était diserte, était de la visite. J’étais doublement fier, d’être avec des grands qui avaient passé la vingtaine, mais surtout parce que le cousin rentrait d’Algérie où il avait fait son service dans les paras. Il portait d’ailleurs au poignet la montre d’un chef fellaghas qu’il avait abattu lors d’un corps à corps dans une mechta des Aurès, à bout portant. Je crois qu’une balle de son adversaire avait alors traversé son treillis. Cette montre de fabrication russe portait en son centre un drapeau félouze. L'actuel drapeau Algérien.

Vous pensez bien, dès que nous croisions du monde, ou nous attardions à côté de visiteurs, que je n’avais de cesse de saisir le poignet du cousin amusé, et de faire état à haute voix de ces dépouilles opimes...

C’était un autre temps. Où la France aimait la gloire.

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