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Billet de blog 17 janvier 2017

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Illustration 1

Oui, ce matin je rejetais un coup d’œil aux photos du précédent billet, car ce furent là nos dernières vacances familiales avant que ma santé ne parte en vrille. Nostalgie donc. C’est ainsi que j’ai remarqué le bracelet que le Mulet portait alors au poignet, et qui m’a rappelé une anecdote amusante... et surtout « payante », comme on va le voir.

On nous avait accueillis à l’hôtel Melia, Bobonne et moi, en nous affublant de ce colifichet dont nous ne saisîmes pas la signification. Bonnes poires, nous avions accepté sans chercher à comprendre. L’important pour nous étant l’arrivée de nos filles, prévue la semaine suivante.

Dans cette attente, nous nous étions constitué un emploi du temps des plus peinards, de farniente et de lecture, choisissant le bord ombré d'une piscine bizarrement épargnée par la foule et les bruits inhérents à ces grands ensembles touristiques de masse.

A trente mètres de nous un autre bassin hurlait en effet du matin au soir d’une musique assourdissante et de la viande soule de maquereaux russes accompagnés de leurs "marmites", les boissons étant gratos. Nous ne nous étonnions pas particulièrement du contraste, et de nous retrouver chaque jour, à quelques pas de ce tohu-bohu, dans un silence absolu, seulement caressé par le murmure de hauts palmiers, au voisinage de quelques personnes de visible qualité sociale, le personnel passant régulièrement s’enquérir de nos éventuels désirs.

Il fallut donc l’arrivée de nos pin-up et que Bobonne demandât à l’aînée d’aller lui chercher de l’eau fraiche pour qu’une soubrette, surprise du parfait espagnol dudit Mulet, l’alerte le plus élégamment du monde sur le fait que nous avions choisi le bas de gamme dans les prestations, vérifiable à nos sacrés bracelets, sur le fait aussi qu’on n’avait pas voulu nous déranger jusqu’alors vu notre âge et notre comportement courtois, mais qu’il faudrait  sans doute « aviser » maintenant que nous étions quatre au bord de cette piscine réservée à la clientèle huppée...

C’était une agence de voyage qui avait concocté notre séjour. Pris par mon boulot j’avais réglé sans discutailler.

Nous voilà donc partis le Mulet et moi au « desk ». A l’agora. Là, je file droit vers un huissier des mes « connaissances ». Il faut dire que je gagnais bien ma vie à l’époque et que j’ai de toute façon toujours eu le pourliche facile et assez opulent, mes deux filles ayant bossé dur comme serveuses durant leurs études. Ainsi les revois-je chaque fois qu’un larbin me sert chez un taulier ou quand un portier me déleste de ma valoche. C’est comme ça.

Et donc, dès le premier jour m’étais-je fait remarquer par un mec du « desk » à la bouille sympa, auquel je glissais un petit bifton de 5 euros à chaque service demandé. On était ainsi devenus copains. En plus comme je ne parle plus très bien l’espagnol par manque de pratique, mais que ma jeunesse passée dans un quartier peuplé d’espadrilles à Oujda m’a donné un accent « muy fluido », à s’y perdre sur ma nationalité, cette particularité linguistique chez un « gringo » semblait plaire à ces hispaniques habituellement peu considérés par leurs visiteurs étrangers qui ne leur jactent qu'en rosbif.

Le gars se précipite donc à ma rencontre : « Que quiere Usted, amigo ? ». Je laisse alors le soin au Mulet de raconter notre problème, et de démander comment passer au grade supérieur dans la clientèle de ce barnum.

« Espera un momento, senorita, espera !... Pero habla usted muy bien espanol, como su padre..." »

Il emmène un de ses collègues dans un coin, sans doute son chef, palabre deux minutes et revient en souriant : L’affaire est réglée. Il nous a arrangé les 12 derniers jours de notre résidence dans le « top du top » des prestations, moyennant... 250 euros de majoration pour tous les quatre !

Ollé !...

J’ai bien sûr rajouté un bifton de 50 pour faire un chiffre rond et surtout remercier ces messieurs, et nous sommes repartis avec des bracelets tout neufs en peau de zeubi, nous donnant accès au nec plus ultra dans toute la boutique.

‘Challah que la santé tienne encore un peu : je raconterai la tronche d’un popov, un soir, ahuri devant ma gamelle remplie de queues de langoustes par un cuistot (un autre « copain », vous aurez pigé) alors que sa pute et lui n’avaient eu droit qu’à une malheureuse quéquette de gauchiste en guise de crustacé.

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