Hollande contre la xénophobie, avant-hier au musée de l’Homme, c’était un peu, mais en tout petit bien sûr, Hugo qu'on n'aurait pas empêché de parler à l’Assemblée le 18 Juillet 1851.
Le lendemain, pour disculper son attardement monarchiste, celui-ci allègue en effet dans Choses vues « l’effroi permanent de 93 » : la crainte d’un retour aux exactions révolutionnaires aurait freiné son tropisme républicain.
Cause donc. Autant j’aime hélas le poète, autant j’ai forcément quelques réserves sur le politique, dans lequel prospère toujours un peu du politicien... Je parle de Hugo... évidemment, pas du livreur de pizzas.
Car pour ce qui concerne notre Pépère national, qui avait pour une fois sa cravate à peu près d’aplomb, là je ne fais aucune épargne péjorative : Nous sommes dans la continuation de Caton le téléphoniste, prolongé par l’anaphorique « ennemi de la Finance » : un inusable comédien.
Par ailleurs il est notoire qu’ON se conjure et nous bassine à force de JT, d’interventions radiophoniques et d’articles de presse, sur l’innocuité et même, que dis-je, sur la « chance » que représente l’immigration actuelle. ON nous assure la main sur le cœur, et le cœur sur la main, que c’est peu de monde dans l’histoire des migrations humaines. ON fronce le sourcil et nous ressort si nécessaire l’Aigues-Mortes de nos aïeux. Et ON s’insurge à cette heure, comme le fait Hollande du ton banal, ménageant un minimum d’envolées tribunitiennes afin de ne pas remémorer le bonimenteur de la campagne présidentielle, on s'élève contre le sentiment d’inquiétude qu’entretiendraient "certains" lobbies dans l’esprit du Peuple, une peur propagée et proportionnelle à l’invasion dont « ils » prétendent la France être victime. ON nous raconte aussi, dans la foulée, si, si, que l’immigré remplit les Caisses de la Sécu et des différents organismes d’aide nationale. A raz bord ?...
ON nous garantit encore qu’il n’y a rien à craindre des mœurs et du manifeste zèle mystique des nouveaux « arrivants », et Hollande se fait même l'antiquaire éhonté d’en suggérer l’assimilation et l’intégration, alors qu’il n’est plus un sociologue en ce pays qui n’ait aujourd’hui, et de longue date, effacé ces théories et breloques obsolètes du panorama national, comme de ridicules sophismes, comme d’une cascade d’échecs incontestables.
De notre faute cela va de soi...
Le malandrin se permet de surcroit d’insulter les Français, ceux que j’appelle les « Français » s’entend, et de prétendre qu’à l’instar de toutes spiritualités recensées dans notre pays, l’islam serait accordable à notre République... cela au prétexte que "la République respecte toutes les religions"... et donc, l’Islam ». Cash.
... !
Or c’est là,... mais qui l’a noté ?!...c’est là que s’écaille son cosmétique, que suinte sa menterie, que se désarticule son jeu de rôle, que tombe le masque de l'histrion, qu'une cothurne lui manque si on réécoute son discours devenu bancal : ce rappel d'un de nos principes fondamentaux de liberté individuelle est tout bonnement esseulé d'une réciprocité logique, attendue comme la moindre des choses. Comme une politesse, une gratitude... ou au minimum un contrat : c’est à dire que l’islam respecterait en retour notre république et nos lois ?...
Eh bien non, que dalle, pas un mot sur cette condition essentielle, car le voyou, je dis bien le voyou, sinon que par haine viscérale de l’Église il soit carrément complice du déni de nos hôtes, ce qui se peut très bien, le voyou sait que plus aucun Français digne de ce nom n’est dupe de la fumisterie subrogatoire, de cette fantasmagorie, de ce subterfuge, de ce gadget parisien qu’est l’islam de France. Ni surtout de la volonté de millions de mahométans installés chez nous d’accommoder leurs superstition et pratiques eschatologiques à nos règles séculières, et voilà par conséquent ce charlatan qui gomme sans ambages une nécessité civique et morale de son propos... se contente donc de l’hypothèse... et passe incontinent à autre chose.
Je suis stupéfait que personne n’ait relevé cette impasse majeure et significative, ce vide discursif, ce silence intellectuel, et que tout le monde ait entériné cette déclaration : L’islam adéquat à la République et à la société française laïque du fait unilatéral que « la République respecte l’islam » !... Point-barre.
Fallait quand même oser.