Confinement Jour17: le mystère des tests de sérologie nouvelle génération

#2 avril - Dans l'absurde du confinement de masse, les confiné.e.s ne sont plus que des otages à qui le DGS fait sa leçon de 20h, en attendant le grand prêtre de cette masquerade, le premier ministre qui nous enfumera encore dans cette histoire de déconfinement. Le, je prend le dessus du, nous. Nous est quelque part je ne sais où.

Jeudi 2 avril - Paris, toute cette masquerade abrutissante est devenue insupportable. Ils nous ont désocialisé dans notre confinement.

Ce soir je regardais en direct de Brut, le DGS, le directeur de la Santé. Et, je trouvais tellement pathétique tous ce qu'il pouvait nous raconter. Son attitude à la fois stricte et bienveillante. Sa façon de prononcer chaque mot spécifique au changement de paradigme. Plan blanc, les études sérologique internationales, déconfinement généralisé, surveillance syndrômique en population... Je l'écoutais mes yeux rivés sur le smartphone, et là chose incroyable alors qu'il nous parlait du parc hospitalier privé et public quelque chose a disjoncté. Dans ma tête résonnait les mots accablant de tristesse d'Eric Caumes chef de service infectiologie de l'Hôpital Pitié Salpêtrière à Paris, en direct ce matin du studio de BFM, "on a quelques jours d'avance mais pas plus sur les médicaments " . Ce pauvre DGS, dans son costume gris et sa boule à zéro me donnait envie de rire. Un rire nerveux je crois. Parce que vous ne pouvez plus écouter ce haut fonctionnaire droit dans ses bottes comme cette première fois où ce bulletin de communication est arrivé sur nos écrans, lorsque en amont vous avez lu cette enquête Médiapart, Masques: la preuve d'un mensonge d'Etat, je ne sais pas si c'est le puzzle qui se reconstitue ou le moment où dans ces films américains l'intrigue se révèle. 

Extrait: " le gouvernement a objectivement commis plusieurs erreurs: des commandes en très faibles volume, trop tardive, dispersées - chaque ministère commande de son côté, pesant moins dans les négociations - et enfin l'usage de procédures de marchés publics inadaptées à l'urgence. Y compris au niveau européen. " Mais ce matin sur France Inter, le commissaire européen du marché assurait:  " la solidarité européene fonctionne ". Dans le vif du sujet, on apprend les passe-droit de différentes entreprises dont Airbus, pourquoi Marisol Touraine, décide de ne pas renouveler les stocks de masques. On ne le répétera jamais assez. " En 2013, la ministre de la santé, Marisol Touraine avait en effet décidé de supprimer les stocks stratégiques de l'Etat, et de transférer cette compétence aux employeurs, qu'ils soient publics ou privés, désormais chargés de constituer des stocks de masques pour protéger leur personnel. "

A l'antithèse de la France se trouve l'Allemagne et la Corée du sud. La Corée ayant pour spécificité un usage généralisé du port du masque dans la population depuis février et un dépistage massif donnant lieu à un confinement isolant les patient.e.s positifs. Son taux de mortalité est  également très faible. 

" Casser les foyers de contaminations "

Dans cet article Médiapart L'Allemagne se prépare à un dépistage encore plus massif , probablement couplé au - très controversé - traçage des données personnelles des contaminés, le système de santé allemand est décrit aux antipodes de celui de l'hexagone. La France applique avec brutalité un confinement total de dernière minute, alors que l'Allemagne elle, a détecté très tôt les foyers de contamination, déploie encore un dépistage massif de PCR, et confine partiellement libre mais sans contact la population. Les résultats sont déstabilisant. Un taux de mortalité de 1,08%. sont parc hospitalier pour parler le langage du DGS, est de " 300 000 lits d'hôpital, 20 000 lits de réanimation, et 28 000 lits de soins intensifs." Une des clef manquante du système de santé français. 

Olfert Landt, microbiologiste berlinois, patron de TIB Molbiol, une entreprise allemande de fabrication de tests de dépistage viral s'explique dans cette article de Thomas Schnee: " nous testons beaucoup et nous avons commencé très tôt. Nous avons eu un signal d'alerte avec l'entreprise Webasto en Bavière au mois de janvier. Les laboratoires allemands ont alors commandé suffisamment tôt. Ils étaient en mesure de proposer rapidement les tests. "

Ce matin le chef de service des maladies infectieuses de l'Hôpital Salpêtrière, Eric Caumes insistait sur l'importance de casser les foyers de contamination et notamment dans les EHPAD: " je suis sûr que si on associe pas le déconfinement au dépistage dans les lieux clos, dans les prisons, dans les EHPAD, dans les hôpitaux, dans les centres médicaux, on ne s'en sortira pas parce qu'il y a d'autres chaînes de contamination qui vont se mettre en place ". Sur l'utilisation du traçage il n'a pas souhaité se prononçer sur son utilisation pour y remédier. Il a par contre était accablant sur l'état du système de santé en France et plus précisément sur l'IDF, lançant un avertissement lourd de sens: " l'immunisation , elle aura un prix, elle se fera en dizaine de milliers de morts, à l'échelle de notre pays " et de poursuivre, "qui ne sera pas évitable parce que notre système de santé sera saturé par le coronavirus ".

Nous abordons ici, le passionnant sujet scientifique de l'immunisation. Après quinze jours de confinement et un prolongement de celui-ci jusqu'au 15 avril, la " mystérieuse " question des sérologies du déconfinement est abordée par le gouvernement depuis quelques jours. Le magazine Science et Avenir, parle même de passeport pour sortir du confinement. Dans son article Coronavirus: les tests de sérologie passeport pour sortir du confinement, l'Italie a proposé d'accorder une licence après le test pour certifier sa non contagion et l'Allemagne une sorte de carnet de vaccination pour les personnes immunisées qui permetrait de reprendre une activité.

Sur l'immunisation le Pr. Juvin a été clair: " la moitié de la population est immunisée à 75 % l'épidémie est terminée " et de rajouter " la sortie du confinement doit-être accompagnée de testing ".

Tests viral PCR ? Tests sérologiques diagnostiques nouvelle génération ? 

La question va-t-elle s’éclaircir ce soir avec le grand rendez-vous télévisé du premier ministre, Edouard Philippe, sur la chaîne TF1 ?

En attendant ces news, je vous propose un replay manuscrit. Ce discours effarant du ministre de la santé datant du 28 mars, Olivier Véran:

" Le temps du politique, n'est pas le temps scientifique. Si j'avais aujourd’hui à disposition de commander des tests sérologiques de qualité, quoiqu'il en coûte, je les commanderais maintenant et je les proposerais aux français, ces tests n'existent pas encore, en tout cas ils sont sur le point d'exister (...) c'est très dépendant de la recherche, ni des journalistes, ni des politiques, ni des ministres. Je salue Frédérique Vidal, qui travaille sur la recherche et qui est très mobilisée sur cette question de tests. Cette question est très importante au moment où les gens, pourront ressortir un certain nombre de français et de compatriotes, voudront savoir si oui ou non, ils sont libérés de ce poids et donc il faudra être en mesure de répondre aux demandes progressives à mesure que nous serons capable de faire toute la sérologie nécessaire. La sérologie, dans la mesure où elle passe par des laboratoire classique et pas par une forme PCR, très complexe, n'importe quel laboratoire. Demain dès que nous aurons le savoir faire  et dès que le savoir faire aura été découvert, nous pourrons réaliser ces tests sérologiques, donc ça démultipliera nos capacités de diagnostiques. Je sais pas si je suis clair, et c'est autre chose que le test viral, qui lui a un moment donné vous dit si vous êtes malades ou si vous ne l'êtes pas. La sérologie vous donne un verdict. "

 

 En écoutant le Pr. Olivier Schwartz, responsable de l'unité de virologie et d'immunologie de l'Institut Pasteur sur BFM, le ministre de la santé et le professeur semble à une virgule près sur la même longueur d'onde concernant les tests diagnostiques de sérologie. Et pour cause, " Il y a des chercheurs de l'Instituts Pasteur dans le comité scientifique "affirmait le professeur. " Nous étudions les différentes phases de réponse du système immunitaire ", une étude à l'échelle de l'hexagone, et plus, qui pourrait se préparer pour étudier les porteurs asymptomatiques d'après le professeur, " bientôt, très prochainement, les différentes équipes de l'Institut Pasteur, et ailleurs dans le monde, vont avoir à leur disposition des tests dit de sérologie, on pourra chercher les anticorps qui permettent d savoir si une personne d'une part a été infecté et d'autre part si cette personne a des anticorps dit neutralisant qui peuvent les protéger.

Alors, une question de néophyte se pose, si comme l'affirmait le professeur les tests diagnostiques sont une prise de sang aussi rapide que les tests viraux pourquoi tant de mystère sur leur disponibilité ?

Olivier Schwartz, Pr. de l'Institut Pasteur, le 11 mars sur France Culture nous annoncait, "  c'est trop tôt pour donner une échéance de vaccin, là on est sur une échelle de 12 à 24 mois avant d'avoir un produit sur le marché ".

En attendant, notre passeport pour reprendre notre vie ... les avis de scientifiques s'accordent à dire qu'une personne infectée guérie est immunisée donc le risque d'être infecté une nouvelle fois quasi inexistant, " à 30 % d'immunisé, il ne peut plus passer d'une personne à l'autre", nous rassurait ce professeur de l'Institut Pasteur, le 11 mars.

Eric Caumes, infectiologue de l'Hôpital Pitié Salpêtrière, ce matin 2 avril, sur BFM, s'inquiétait sur une possible mutation du virus rendant plus compliqué les travaux sur un vaccin.

Cet argument pourait-il pesait dans le déconfinement ?

Pour l'heure, le confinement serait la seule alternative pour sauver les aînés de la nation. Alors que nous appliquons un plan de santé à l'aveugle sans dépistage massif.

Si les confiné.e.s, aciennement citoyen.ne.s, sont devenus des patient.e.s malgré eux avons-nous encore des droits avant de devenir des cobayes désignés volontaires ?

" L'histoire naturelle de la médecine " ce joli terme de médecine, que Jean François Chambon de l'Institut Pasteur expliquait sur les ondes de France Culuture, cette immunisation qui se développera dans la population, qui selon ces connaissances, " progressivement, ces infections vont disparaitre à la faveur du développement de l'immunité des populations qui sont en contact avec le virus".

Le vaccin naturel de l'immunité sera-t-il reconnu pour sortir du confinement ou serons-nous confiné.e.s jusqu'au vaccin candidat ?

 

 

 

 

 

 

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