Regarder la nature L'Âme en fleur

Pourquoi écrire. C'est certainement ce que l'oeil vicelard de la jalousie se demande. Cet oeil qui vous veut du tort et que vous devez combattre pour excercer votre liberté. J'écris parce que je suis une femme libre. Ça dérange d'être libre. D'aimer les mots. J'ai l'audace d'écrire.

Disons que l'océan serait vert et que les poissons seraient des bans de paquerettes aux fines pétales blanches accrochées à un coeur jaune. Perdue au milieu de cette océan, vous pourriez appercevoir trois îlots, un archipel au coeur de cet océan de verdure ; j'ai approché de l'un ces îlots,  pour y découvrir un paradis de fleurs et de volatiles : mésanges, papillons immaculés, "abeilles d'or " butineuses... Disons que les algues seraient des pensées alpina noir, à la couleur d'un violet très foncé, bordant le rivage ; qu'en explorant à terre sa végétation vous pourriez y observer l'achitecture de la diversité de ses fleurs : pensées, primevères, jacinthes, tulipes... Une mélopée de couleur a manqué de me faire chavirer de la pierre qui aurait pu me servir de barque... Disons que les étoiles seraient tombées du ciel ;  douces, sucrées, parfumées telle ces pétales de jacinthes blanches comme la neige... Disons que le ciel serait un firmament de tulipes rouges... Disons que les primevères peupleraient ce village muticolore et que sur la tige d'une grande fleur inconnue viendrait se poser une mésange charbonnière... Disons que cette île est le trésor d'un jardin de ville.

Sous l'effet papillon de la prose, je me réveille ce matin, L'Âme en Fleur. Je contemple dans les pages de ma mémoire, tous les paysages que j'ai hier intériorisé. " Entre bien dans mes yeux pour que je me souvienne de toi. "

Parcourant à pas lents le paysage de la démocratie, prenant une allée de fleurs, longeant la diversité d'un trésor florissant : j'ai marché au coeur de tes jardins ; rencontrant le Printemps que les ouvriers des villes cultivent de poésie resplendissante.

Je lis cette préface de Charles Beaudelaire - " Sans cesse, en tous lieux, sous la lumière du soleil, dans les flots de la foule, dans les sanctuaires de l'art, dans les bibliothèques poudreuses exposées au vent, Victor Hugo, pensif et calme avait l'air de dire : Entre bien dans mes yeux pour que je me souvienne de toi." Je suis là, assise devant la nature. Avec la matière du printemps les ouvriers cultivent la poésie. J'ai vu cet arbre pourpre surgir. Des robes de fleurs habiller les branches esseulées de l'hiver passé. Scrutant chaque étincelle de vie : un bouton d'or au pied d'une jonquille, des paquerettes sauvages peuplant de verte étendue d'herbe, les feuilles délicates d'un bouleau, l'incroyable destin des tulipes émancipées, l'ascension florale d'un archipel de fleurs..., un bouquet de jonquille en espérance, le pas dansant d'une grive musicienne sur l'herbe, la couleur indélébile de l'amour rougeoyant d'un chemin aérien de tulipes... Contemplez ! Les constellations d'étoiles : la feuille d'un érable japonais à peine éclose, les bourgeons de pétales prêts à sourire sur leur branche, un rivage de jonquille caressant la tonnelle de fleurs nacrées d'un arbre au coeur scindé en deux artères... l'enfant arcrobate caché au creux de l'écorce.

J'ai L'Âme en fleurs d'un poète - " l'homme le mieux doué, visiblement élu pour exprimer la poésie " - d'une époque patriarche, " ainsi Victor Hugo possède non seulement la grandeur, mais l'universalité. " L'Homme prédomine dans l'oeuvre lorsque ce poète parle de la grandeur de l'esprit littéraire; rappelant combien le savoir fût confisqué au femme. Est-il encore de bon ton d'entendre qu'une femme est issue de la cuisse du grand homme. Mais, soit, que son écriture est appréciable ; fine, sensuelle comme spirituelle ; " de tous ce qui est orphelin : l'attraction paternelle. ", " le poète est moraliste sans le vouloir ". 

Beaudelaire n'a de cesse de faire l'éloge du poète : " Même dans ses poèmes consacrés à l'amour sensuel, dans ses strophes d'une mélancolies volupteuse et si mélodieuse, on entend comme l'accompagnement permanent d'un orchestre, la voix profonde de la charité. "

J'aime à lire cette sensualité, comme j'aime à regarder l'innocente mésange s'aventurer sur un tremplin de fleurs surprenantes.

Le poème L'Âme en fleur commence ainsi : " Tout conjugue le verbe aimer. Voici les roses. "

Le printemps se conjugue l'âme en fleur accompagné par la peinture poétique de sa prose : les abeilles d'or, bouquet d'enfants, baisers odorants, clair de lune bleu...

La littérature de Victor Hugo est un continent.

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