Jour 2: le printemps du confinement

Sortie autorisée. Exercice physique individuel. Mercredi 18 mars. Jour 2 du confinement. Il est 10h00 dans Paris. Le confinement est-il la fin de la démocratie ou un sanatorium forcé de toute la nation ?

Deux points de contrôles. L'un par la police à République, mais contourné. L'autre par la sécurité de la mairie de Paris à Châtelet sur les berges. Après cette vidéo postée hier montrant une équipe de policiers dans un quartier populaire de Paris s'exprimant à l'aide d'un mégaphone pour imposer " le sens du civisme "et ordonner aux quelques passant.e.s à se ranger selon les règles de la " distanciation sociale " avec cette autorité décomplexée, visant à infantiliser; cette autorité impulsée par le ministre de l'intérieur, Castaner, prononçant hier, avec jubilation, le mot " interdit " dans sa dernière apparition place Beauvau. Ce mercredi 18 mars, le zèle est de retour. Porté par l'uniforme de deux agents de sécurité de la mairie de Paris: " vous ne devez pas rester à l'arrêt sur les berges "; nous devons justifier de notre liberté de mobilité et se voir infantilisé.e , alors qu'un nombre important des salarié.e.s a été écarté des équipes sans maintien du salaire; cette désertion de civisme, elle, est couverte par le gouvernement, ou du moins par le ministre de l'économie qui a déclaré aujourd'hui, l'inverse de la ministre du travail en faveur du maintien des emplois, des mesures de chômage partiel pour paradoxalement " faire bloc salariés et entreprises ".

Si dans les rues de Paris, marcher avec le sourire est un signe d'empathie et de solidarité comme pour dire à ces mesures de " distanciation sociale " cette distance entre les personnes imposées par l'Etat et surveillées par des agents en uniforme zélé.e.s, cela ne nous empêche pas de nous encourager bien aude-là de nos gestes barrières. Et, pendant que l'humain, se distance encore plus, il ne reste que la proximité de la mère nature, mother earth, pour que l'humain bénéficie d'une présence vivante;

Cerisier en fleurs s'épanouissant en pleine pandémie de corona virus à Paris © Marjorie Milona Cerisier en fleurs s'épanouissant en pleine pandémie de corona virus à Paris © Marjorie Milona
et il est difficile de ne pas profiter de ces instants dont l'ordre autoritaire zélé cherche à nous culpabiliser, de ces instants de vie; respirer les premières notes parfumées de ce printemps et prendre le temps d'observer l'éclosion des premiers bourgeons en fleurs comme on peut rester des heures à s'attendrir devant la naissance de son premier enfant.

Puisque tout contact est banni officiellement par l'Etat, désormais, jusqu'à nouvel ordre comme cette affiche collée l'indique sur le rideau de fer de ce café du centre de Paris en berne, Le Chant des Voyelles, de se délecter ainsi de ces quelques minutes restantes de liberté, marchant dans les rue de Paris en berne, on peut lire encore des notes d'espoir sur les vitrines des boutiques; des mots d'excuses à la clientèle, "désolé de ne pas pouvoir vous être utile, nous pensons bien à vous".

Notre démocratie est malade de ces mesures restrictives, confinant nos libertés; tout comme nos citoyen.ne.s touché.e.s par cette pandémie causée par ce virus corona; sous contrainte d'un confinement général, ces mesures restrictives et moralisatrices masquent des erreurs que même la ministre de la santé ne peut garder en secret; annonçant au journal Le Monde " le 20 décembre un blog anglophone détaillait des pneumopathies étranges. J'ai alerté le directeur général de la santé, 11 janvier, j'ai envoyé un message au président sur la situation, le 30 janvier, j'ai averti Edouard Philippe que les élections ne pourraient sans doute pas se tenir. Je rongeais mon frein."

Pas de rassemblements associatifs, " retrouver le sens de l'essentiel ", la phrase annonciatrice du président , lors de son allocution lundi 16 mars, et dans son prolongement, ces paroles de Sibeth Ndaye, la porte parole du gouvernement, hier, répétant à plusieurs reprises ces termes " changement de paradigme ", de quel paradigme parle-t-elle ? Un sentiment de déjà vu. Une autre période glaçante de l'histoire. Travail. Famille. Patrie.

Pendant que la démocratie est captive du confinement, le printemps renaît dans l'air assaini de CO2, apprécions ce moment rare où la dépollution de l'air en CO2 et autres fines particules toxiques issues des pot d'échappement se réalise enfin; et ne nous laissons pas endoctriner par le jusqu'à nouvel ordre étatique; mais jusqu'à la nouvelle démocratie.

Printemps du confinement © Marjorie Milona Printemps du confinement © Marjorie Milona

Plaquage ventral d'une femme pour refus d'amende sur non présentation d'attestation de sortie, usage de mégaphone dans les rues commerçantes, droit d'assister aux enterrements refusé, droit de mobilité surveillé et restreint, "voilà un virus mortel pour nos démocratie".

 

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