Printemps du confinement Jour 4: le virus est dans nos têtes partout

Vendredi 20 mars 2020. Le confinement est une prison. Toutes nos pensée sont absorbées par le covid-19. Même nos sorties sont parasitées par le virus, sous surveillance policière et par un matraquage médiatique, le gouvernement chaque jour, nous confine dans un paradigme inquiétant où nous luttons pour trouver nos repères perdus. Tout a changé.

Le soleil brille. Mais tout est menace invisible. Corona virus. Nos gestes sont barrières et nos sorties contrôlées. Comment exister dans ce nouveau paradigme annoncé par la porte parole Sibeth Ndiaye. Vingt heure c'est l'heure des applaudissement aux fenêtres. On crée une minute de joie - ce n'est pas pour fêter le printemps qui renouvelle ces fleurs - dans un monde infecté par le corona virus planétairement confiné.e.s ou pas le virus paralyse la vie et nos héros s'appellent soignant.e.s.

" Tant que le virus circulera nous prendrons les mesures pour ralentir sa propagation à partir de là, plus chacun individuellement prend conscience de la nécessité de respecter ce confinement et moins nous aurons besoin de le durcir ou  de le rallonger. C'est au fond, un appel que je fais aujourd'hui à la responsabilité individuelle parce qu'à chaque fois qu'on réduit le nombre d'interaction qu'on a avec d'autre personne, à chaque fois se sont des jours de gagnés pour le confinement". (Sibeth Ndiaye)

Dès ce matin au micro de Jean Jacques Bourdin sur BFM TV, le gouvernement envoie sa dose de brutalité pour faire comprendre son message : " Nous sommes en guerre "; sanitaire est en complément de phrase.

Instaurer " la peur du gendarme ", la porte parole sourie finement en prononçant ces paroles. Mais la réalité est beaucoup moins souriante. Quand les forces de l'ordre ont pour mot d'ordre de Castaner, le boss de l'Intérieur " un combat contre tous ces imbéciles qui se prennent pour des héros qui ne mettent en cause que la vie d'autrui ". Le ministre du zèle qui encourage à interpeller, stigmatiser, catégoriser, invoquant le conseil scientifique pour justifier de sa brutalité politique. Une antithèse de l'approche sociologique. Les contrôles policiers se sont transformés en plaquage ventral pour certains. A la didactique, le policier fait de la brutalité sur ordre du ministère - " un combat contre les imbéciles ". Car lorsque Sibeth Ndiaye désigne " les irresponsables"  ceux qui flânent sur la plage et dans les parcs, le ministre de l'agriculture en toute impunité se prononce pour le maintien des marchés alimentaires - lieux de rassemblement proscrit par la règle du confinement - eh bien... les flâneurs désignés par la porte parole sont des gens pour qui " l'application sera durcie " - l'application des amendes de 135 euros. " Des lieux de convivialité " se prononce le ministre de l'agriculture en faveur des marchés alimentaires sur BFM TV, alors que le ministre le l'intérieur, aujourd'hui, a désigné les berges comme " lieux de diffusion du mal ". Dans tout les cas, si on poursuit le raisonnement de la porte parole du gouvernement, il faut vraiment " casser la chaîne de transmission " et " on a encore des gens qui sortent et qui n'ont pas leur attestation et qui exagèrent par rapport au mesures de restrictions qu'on a imposé "  et vous savez qui sont ces gens selon la porte parole ? Pas ceux des marchés, non... ceux des plages et des parcs !? Quand à ceux des berges... ils seront sous " totale application des sanctions " pour paraphraser le ministre de l'intérieur et ses faux airs de Georges Clooney - surnommé, le Boucher par les Gilets Jaunes. 

Parfois la police du confinement pourrait ce transformer en police de la pensée, mais la réponse est citoyenne. La Haut commissaire des Nations Unies depuis février est en alerte sur les mesure restrictives du droits de circulation en application des gouvernements de l'état d'urgence sanitaire. Alors que notre gouvernement savait pour cette pandémie depuis janvier, a-t-il préparé la population à ces mesures de préservation ? Aujourd'hui, la réponse de l'état est sanction-répression.

Pourquoi l'OMS ne veut plus reconnaître que la prise d'Ibuprophène est contre-indiquée en cas de corona virus contracté ? Pourquoi, l'OMS ne reconnait pas les essais cliniques de la chloroquine comme pouvant traiter des patients avec des formes bénignes de covid-19, alors que centaines de patient.te.s décèdent par jour ?

Continuons à user de notre droit d'expression dans le respect de nos confinements. 

Le virus ne s'attrape pas dans l'air mais au contact de l'humain.

Et pendant nos obligations de sorties ne nous empêchons pas d'apprécier ce qui fait la saveur de la vie. Tous ces instants inattendus. Qui sont l'essentiel. Ce virus est mortel. Mais continuons à aimer et à célébrer ce qui est vivant.

La Seine qui s'écoule vivifiante au matin, le soleil qui surgit illuminant les caprices fantaisistes de l'eau, la douceur du printemps qui nourrie l'espoir, humant l'air libre pour susciter l'envol des pensées, entendre l'insouciance de cette voix enfantine nous rassurer, cet enfant qui tient la main de son parent. Retrouver le sens de l'essentiel. Tous ces détails tellement vivant.

Lundi prochain le durcissement et la prolongation va encore plus nous oppresser.

Les banderoles de soutien aux personnels soignants et la solidarité des caisses pour les exclus du confinement travailleur et travailleuses sans salaires maintenus, salarié.e.s sans protections sanitaires, démuni.e.s oubié.e.s,  les besoins vont être nombreux et notre vigilance en grande sollicitude.

" Les  droits des personnes en quarantaine doivent être protégées, le droit à l'accès à l'alimentation, à l'eau potable, le droit d'être informé et la liberté d'expression. " Michelle Bachelet la Haut Commissaire des Nations Unies 

 

 

 

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