Alliance des Gardiens de Mère Nature, par les peuples autochtones

Planète Amazone, association française a reçu l'Alliance des Gardiens de Mère Nature, pour répondre à la question écologique - Urgence planétaire/ biodiversité: rebâtir avec les peuples autochtones pour sortir de l'impasse. Cet échange s'est déroulé à la mairie du 6e à Paris.
  • La place du spirituel et du sacré dans la culture des peuples amériendiens d'Amérique centrale et du Sud nourrie le rapport à la nature. Ce mercredi 23 octobre, les membres fondateurs de l'Alliance des Gardiens de Mère Nature sont venus prendre la parole sur cette question écologique devant un public investi.

"Les humains doivent vivre en paix et en harmonie avec la nature, c'est la loi originelle." , membre fondateur du mexique.

Chant spirituel de connexion avec la terre, Mindahi Bastida, peuple Otomi du Mexique © Marjorie Milona Chant spirituel de connexion avec la terre, Mindahi Bastida, peuple Otomi du Mexique © Marjorie Milona

L'Alliance des Gardiens de Mère Nature a été fondé en 2015, à Paris. Ce mouvement intertionnal a pour but de réunir les peuples autochtones - d'Afrique, d'Amérique centrale et du Sud, d'Océanie et aussi  de l'Europe - dans une proposition de Déclaration, une feuille de route avec laquelle les indigènes oeuvre à la reconnaissance du droit de la nature comme fondation de leur mode de vie et seule réponse à la 6ème extinction du vivant.

Les membres fondateur.trice.s présents aujourd'hui, se sont succédés sous les applaudissements nourris du public écoutant avec attention leur discours - Ninawa (peuple Huni Kuí amazonien), Mindahi (peuple Otomi mexique), Magdalene Kaitei (peuple Massaï).

Alexandre Faro avocat présent à cet échange, a abordé la notion juridique fondamentale de réparation des dégâts causés à la nature comme moyen selon lui,  de responsabilisation plus pertinent, que le principe de reconnaissance de l'écocide.

Le principe de reconnaissance de l'écocide reste un moyen plus éfficace pour réduire les activités industrielles destructrices pour la nature, d'après Anaïs né au Brésil, venue écouter avec convictions les discours de ces représentants autochtones.

"1972, le sommet de Stockölm reconnait le droit à vivre dans un environnement sain et le droit d'améliorer la nature." , petit mémo juridique souligné par Alexandre Faro.

A noter l'absence de l'Océanie dans cette réprésentation des peuples autochtones, bien que membre représentant. Le collectif Or de Question, de la Guyane Française, contre le projet de la Montagne d'or, a pris place aux côtés des autochtones présents ce jour.

"Nous sommes dans une impasse climatique, nous devons renouer avec la raison." , Magdalene Kaitei, membre fondatrice Maasaï.

Cette femme, représentante du peuple Maasaï, membre fondatrice du mouvement, a pointé avec détermination son inquiétude sur les sècheresses dont l'Afrique souffre, insistant sur le fait de la rareté de l'eau. Son discours engagé a suscité une réaction vive de soutien de la part du public, captant le degré d'alerte transmis par cette femme qui milite sur la situation climatique et l'impact humain dans sa région d'Afrique.

L'Alliance des Gardiens de Mère Nature est un mouvement international qui ouvre de nouvelles perspectives sur comment penser la nature, notamment comme abordé lors de cette échange, par le lien très fort qui unit ses peuples au vivant, le spirituel.

"La crise n'est pas seulement matérielle, elle est aussi spirituelle.", d'après Mindahi, membre fondateur, issu du peuple Otomi (Mexique)

Même si le nom de l'Alliance des Gardiens de Mère Nature ne le laisse pas apparaître, la parité entre homme et femme fondateur.trice.s tend vers une meilleure représentation. Nous aurions voulu pourtant que la femme prennent toute sa place - l'Alliance des Gardiennes et des Gardiens de Mère Nature,  peut-on demander la reconnaissance des droits de la nature , si l'on ne reconnait pas celui des femmes.

Néanmoins, la notion d'amour, de la terre, de la nature, de ses proches, a pris une place importante lors de ces échanges.

Ninawa, membre fondateur, du brésil, dont le nom signifie protecteur (nawa) de la forêt (ni), a suscité l'étonnement par cette phrase révélatrice - " Je viens avec beaucoup d'amour à Paris."

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.