Réforme : multiplication des foyers de résistance de la grève

Ce vendredi 24 janvier 2020 à Paris, manifestation intersyndicale importante; rencontre avec deux grévistes EDF-GDF des centrales nucléaires du 41 et 45 de la région Centre - un foyer de résistance de la grève peu médiatisé dans le sillage de la centrale du Nord, située dans la commune de Gravelines - la grève s'intensifie.

 

14h Boulevard du Saint Martin cortège CGT Mines Energie, salarié.e.s grévistes EDF-GDF © Marjorie Milona 14h Boulevard du Saint Martin cortège CGT Mines Energie, salarié.e.s grévistes EDF-GDF © Marjorie Milona

  • 14h00 Rencontre avec deux grévistes du cortège CGT Energie EDF-GDF de la région Centre Boulevard Saint Martin à Paris

Salariés en CDI chez EDF, l'un dans le centre CNPE, le Centre Nucléaire de Production d'Electricité de Saint Laurent-des-eaux dans le département du 41, l'autre dans la centrale nucléaire de Dampierre dans le département du 45, le cortège CGT se dirige en direction de la Place de la Concorde, en ce jour d'officialisation du projet de réforme des retraites du gouvernement présenté devant le Conseil des Ministres, les deux travailleurs syndiqués ont laissé leurs collègues grévistes mobilisés sur les piquets de grève en région, pour faire entendre leur détermination contre cette réformes des retraites.

" Il y a un nombre important de grévistes en core présents sur les piquets de grève ce qui fait que la manifestation aujourd'hui semble moins massive" s'explique ce gréviste de la centrale du 45.

A eux deux, ils s'accordent sur une certaine forme de radicalité légitime pour se faire entendre, " c'est depuis que nous faisons des actions sur différents site de production nucléaire qu'on commence à s'intéresser à nous, alors que nous sommes en grève comme la coordination SNCF-RATP depuis le 5 décembre", déplore ce travailleur EDF du 41, et son collègue présent à ses côtés de préciser : " 30 000 grévistes EDF ".

Les grévistes EDF-GDF des production de nucléaire et de gaz constituent dans ce mouvement social de contestation de la réforme des retraites, capté par la coordination SNCF-RATP, l'autre grand foyer de résistance de cette grève.

Les centrales nucléaires sont à l'origine de " coupures ciblées " de quelques heures ayant pour but de perturber le bon fonctionnement de certains bâtiment d'Etat - ces opérations d'actions de désobéissance pouvant entraîner des coupures fortuites chez les particuliers groupés dans la zone concernée - 16 000 foyers impliqués.

" On est loin, d'après ce gréviste depuis les premières heures du mouvement, " de 35 000 foyers annoncés dans les médias " .

Il se produirait selon ce salarié gréviste de la CGT, 16 000 incidents de coupures sporadiques depuis les actions de coupures d'électricité, d'une heure à quelques heures, sans intention de nuire aux particuliers concernés mais par la volonté de cibler principalement des bâtiments d'Etats.

Ces grévistes reconnaissent que le manque de visibilité délibérément entretenu par les médias nationaux, associé au mépris orchestré par la ligne de com' du gouvernement, entretiennent un sentiment d'injustice très fort poussant les salariés grévistes à intensifier leurs actions en désobéissance civile.

D'après ce gréviste salarié EDF, " Dans les Yvelines, on va vers une pénurie de gaz, et les salariés sont prêts à faire face aux forces de l'ordre ou même aux forces militaires, la détermination est très forte et la mobilisation de s'arrêtera pas."

" Notre volonté est loin de faire un blackout de la production d'électricité car nous sommes conscients des conséquences que pourraient engendrer ces manœuvres.", se justifie ouvertement ce gréviste EDF. Ce gouvernement, selon lui, ne laisse pas d'autres choix aux salariés que celui de se radicaliser, par sa volonté d'ignorer les revendications sociales, nous sommes en "démocr-ature", selon ces dire. " Nous n'avons plus d'autres moyens que de faire des coupures d'électricité pour nous faire entendre notre opposition à ce projet qui détruit notre bien commun, nos retraites.", poursuit-il.

  • Dans la voix de ce salarié EDF manifestant, une certaine gravité et son regard se fige un instant : " Il y a une très forte colère, au sein des ouvriers EDF, si le gouvernement n'entend pas, cela va s'aggraver."

Ce gouvernement est hermétique au revendications sociales des grévistes, se résumant à un rejet catégorique de ce projet de loi du gouvernement, les grévistes ont accumulé tant de régression sur leurs conditions de travail, que ce mouvement social est pour eux le moment de défendre "les acquis sociaux" qui sont les fondamentaux de notre protection sociale.

" Nous sommes criminalisés par une partie des médias, qui tente de casser notre élan et le sens de nos actions qui ne sont que le reflet du mépris social, et par  le gouvernement qui a la volonté de nous empêcher de mener cette grève en mettant nos piquets de grève en garde à vue."

Ce vendredi 24 janvier 2020, malgré les critiques internes des appareils syndicaux, la détermination de défendre une protection sociale garant du bien commun, ne s'affaiblit pas et ces actions de résistance des centrales nucléaires sont un foyer de ce mouvement social, jusque là dans l'ombre de la coordination SNCF-RATP, ils intensifient leurs actions revendicatives, rejoint par d'autres secteurs professionnels en colère qui se mobilisent comme la grève des éboueurs - la colère des grévistes se multiplie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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