La fronde des parents d'élèves contre le Maire de Lyon Grégory Doucet

Ce vendredi un référé suspension devrait être déposé auprès du tribunal administratif de Lyon. Des parents d'élèves demandent la suppression du menu sans viande dans les cantines. La décision du Maire Grégory Doucet suscite des résistances.

Polémique des menus des cantines à Lyon. Après la polémique, la fronde de parents d'élèves des cantines de Lyon devraient ce vendredi saisir le tribunal admnistratif de Lyon pour demander la suppression des menus sans viande dans les cantines lyonnaises.

Le 22 février le journal local a titré: Menu sans viande à Lyon : des parents d'élèves saisissent la justice. L'article ouvrait : "exclusivité".

Selon le progrès il s'agit du cabinet Admys en charge de déposer le référé suspension.

Qui sont ces parents d'élèves remontés contre le Maire EELV ? L'article ne nous éclaire pas à ce sujet.

Par contre, après quelques recherches, le cabinet désigné pour saisir le tribunal - cabinet Admys-avocats.com - se trouve être un cabinet implanté dans plusieurs villes - Paris, Lyon, Strasbourg. Notamment, il est spécialisé en droit de la Laïcité.

L'avocate de ce cabinet ( dont le Progrès ne révèle pas l'identité ) dit s'appuyer sur l'arreté du 30 septembre 2011 relatif à la qualité nutritionnelle des repas servis dans le cadre de la restauration scolaire. Il stipule au moins 4 repas protidiques de viandes non hachés de boeuf, de veau, d'agneau et d'abats de boucherie sur une durée de 20 jours servis dans les cantines.

Cela équivaut au moins à manger de la viande 1 fois par semaine dans les cantines scolaire.

En se plongeant dans le texte de l'arrêté du 30 septembre 2011, disponible sur le site Légifrance.gvr.fr, préfigure dans l'annexe, une panoplie édifiante de ministres.

" Le ministre de la défense et des anciens combattants, le ministre de l'intérieur, de l'outre mer, des collectivités territoriales et de l'immigration, le ministre du travail, de l'emploi et de la santé, le ministre de l'éducation nationale, le ministre de l'agriculture, de l'alimentation, de la pêche, de la ruralité et de l'aménagement du territoire, le ministre auprès du ministre de l'intérieur, de l'outre mer, des collectivités territoriales et de l'immigration, chargée de l'outre mer, la secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, chargé se commerce, de l'artisanat, des petites et moyennes entreprises du tourisme, des services des progessions libérales et de la consommation"

Et parmi ce panel très ecclectique de ministres pour définir la qualité nutritionnelle des assiettes des enfants, un ministère manque à l'appel : le ministère de la transition écologique numéro 3 du gouvernement.

A l'époque du texte datant de 2011, ce ministère était appelé ministère de l'écologie et du développement durable.

Alors, d'un point de vue juridique, peut-on s'appuyer sur un texte datant de 2011 qui évince de son champ de réflexion la transition écologique ?

Le bashing dont a été victime la ministre de la transition écologique, Barbara Pompili en dit long sur le crédit que porte des membres du gouvernement sur ce ministère.

Le texte sur la qualité nutritionnelle précise dans l'annexe I que " pour garantir les apports en fer et en oligo-éléments "  il convient de servir des plats protidiques au moins 4 fois sur 20 jours en viandes, poissons, et plats cuisinés contenant au moins 70% de ces protéines.

Le texte implicitement reconnait que les protéines ne sont pas exclusivement apportées par la viande. Comme le soulignait la présidente de l'association végétarienne de France , Elodie Vieille-Blanchard dans la Le Monde : " les proteines c'est un faux débat, les neufs acides aminés essentiels à notre organisme se retrouvent également dans les céréales, les légumineuses et les oléognieux."

La polémique interne ne se situe donc pas sur l'apport en protéine, mais celui en fer et oligo élément à travers la consommation de protéines.

Dans les cantines un menu végétarien est maintenant proposé. L'apport des légumineuses est apprécié par les enfants sous forme de nugget à base de poids chiches ou de blé. Les aliments riches en fer comme les haricots rouges ou les lentilles plutôt boudés sous forme classique ont été adopté grâce à la nouvelle cuisine végétarienne.

La fronde des agriculteurs et des parents d'élèves contre le Maire de Lyon est-elle justifée ?

L'avocate du cabinet Admys demande que la question des menus sans viandes soit traitée au national. " Il faut que cela soit prévu au niveau national " a-t-elle annoncé au Progrès. L'audience devrait se dérouler dans 15 jours.

A l'instar du Maire sortant Gérard Colomb, Grégory Doucet peut-il prendre cette initiative au niveau de la municipalité ? 

L'argumentent de faire des menus sans viande pour faciliter le service dans les cantines est-il valable ? Les mesures sanitaires demandent peut-être un renfort humain au lieu de supprimer la viande qui est un choix alimentaire de certains élèves.

Alors qu'en 2016 un quartier populaire de Seine St Denis avait gagné auprès de la mairie de Bagnolet l'introduction d'un plat végétarien, la fondatrice du collectif Front de Mère, à la tête du collectif de s'exprimer sans un article de reporterre : " Pour que chacun est le droit se manger ce qu'il veut " ( article Reporterre : Repas végétarien à l'école : les mères des quartiers populaires mènent la bataille )

Le droit des familles qui souhaitent que leurs enfants mangent de la viandes ne peut-être écarté. Au risque, comme le disait le Pr. Nutritioniste Mariotti dans un article de Reporterre de donner l'impression " qu'on veut convertir leurs enfants au végétarisme. "

Concernant la qualité des produits servis dans les cantines, Le Maire EELV de Lyon au coeur de la polémique a publiquement annoncé, ces derniers jours, de proposer 50% de viandes issues des agriculteurs locaux. Cela est-il suffisant ?

Cette question des cantines avec ou sans viandes est l'arbre qui cache la forêt.

Que cette polémique serve enfin de tremplin pour se lancer nationalement dans ce vaste chantier de rénovation des cantines de l'éducation nationale. Pouvons-nous recentrer sur l'intérêt général que de nous embrigader dans une politique politicienne et avoir l'intelligence de ne pas tomber dans les piège idéologique des ultra laïcistes ?

Comme le disait la député de la Meuse dans interview MDP, Emilie Carou : " il y a urgence a apaiser le pays et créer de la concertation "

Pour l'heure où en est la concertation démocratique  concernant tous les acteurs de cette société sur ce sujet ( les parents d'éléves, les enfants, les enseignants, les agents du personnels scolaires, les animatrices périscolaires ) ?

Sur Balance mon poste à 21h45  qui ouvre le micro à un agriculteur ou devant un tribunal administratif de parents en colère.

Mais au fait, les enfants, eux, qu'aiment-ils manger ? Faisons donc un sondage indépendant de leur plats apréciés.

La restauration scolaire est un vaste chantier à rénover. Et les mesures sanitaires empêcheront-elles de commencer ce chantier? A l'écoute des agriculteurs, des parents d'élèves, et des professionnels de l'éducatif le débat mérite d'être ouvert dans un lieu conventionnel.

Posons ouvertement la question, voulons-nous que nos enfants mangent de la viande de qualité ? Voulons-nous réduire notre consommation de viandes industrielles responsable de destruction des forêts et polluant à 14,5 % de gaz à effet de serre au niveau mondial selon une étude des Nation Unies ?

 

 

 

 

 

 

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