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Le Club de Mediapart ven. 27 mai 2016 27/5/2016 Édition de la mi-journée

Qu’est ce le crowdfunding et pourquoi est-il révolutionnaire?

Le crowdfunding est le nouveau mot à la mode pour une activité qui est aussi vieille que le monde ; la collecte de fonds. C'est la version moderne et high-tech qui désigne des personnes qui se réunissent pour mettre leurs fonds en commun afin de soutenir une activité.

Le crowdfunding est le nouveau mot à la mode pour une activité qui est aussi vieille que le monde ; la collecte de fonds. C'est la version moderne et high-tech qui désigne des personnes qui se réunissent pour mettre leurs fonds en commun afin de soutenir une activité. Il existe sous plusieurs formes. Le plus souvent, l’expression se réfère à un financement basé sur le don. Mais il existe aussi un intérêt croissant pour le financement de capitaux propres où les gens achètent des actions ou des parts de l’entreprise.

Ce qui est complètement nouveau, c'est la façon dont Internet vous permet d'atteindre un nombre beaucoup plus important de personnes qui choisiront parmi une gamme infiniment plus large de projets de collecte de fonds à soutenir. Et c'est ce changement qui permet le passage du crowdfunding d'équité et de dons vers un troisième type que nous appelons crowdfunding communautaire.

Nous sommes généralement d’accord sur le fait que notre classe moyenne s'est affaissée de façon constante au cours des dernières décennies. De l'argent est fréquemment soustrait à nos communautés. Cet argent est destiné à un nombre de plus en plus petit de grandes sociétés qui ne sont pas locales. De plus, le capital de ces sociétés est souvent caché en offshore, et elles emploient de nombreux travailleurs temporaires dans des pays en développement non réglementés dans des conditions moins qu’idéales. Les dirigeants de ces sociétés continuent de gagner des sommes extraordinaires, des centaines de fois plus que ce que gagnent leurs travailleurs. Et pendant ce temps-là, de nombreuses personnes s'enfoncent de plus en plus profondément dans la dette qu’elles doivent à des banques qui ne feront jamais faillite.

Cet argent qui quitte nos communautés est l'oxygène du système corporatiste. Le système est un échec parce qu’il est en train d’épuiser sa propre source d'oxygène.

Le crowdfunding basé sur le don et le crowdfunding d'équité ne modifient pas les principes fondamentaux de tout cela. Même s'ils soutiennent un projet charitable, le système économique sous-jacent n'est aucunement touché.

Pour une communauté donnée, le fait de recevoir des dons est comme de prendre de l'argent d’une poche pour le remettre dans l'autre. Les dons échouent cependant aussi sur cet aspect-là, car une partie importante en est retirée avant même qu’ils n’arrivent dans l'autre poche. Ils se perdent sous forme de frais de Paypal ou de carte de crédit ou alors en frais de plateforme de crowdfunding. Après que l’argent ait été collecté, une grande partie s'évapore avant qu'il ne soit utilisé pour soutenir la mission de base du bénéficiaire.

Le crowdfunding communautaire va au-delà des dons et est la graine de quelque chose de vraiment révolutionnaire. Il a la capacité de défier certains des modèles de base de notre système corporatiste. Il a la capacité de changer les habitudes des consommateurs et de réorienter les flux d'argent. Il peut restaurer nos choix de consommation. Il peut même devenir une forme de vote ; le fait de voter pour garder notre argent à l'intérieur de nos communautés.

Il s’agit de transfert de richesse, et cela n'a rien à voir avec le fait de chanter l’Internationale ou d’intégrer des camps de rééducation. Cela n'a rien à voir non plus avec une politique de gauche ou de droite. Mais il a tout à voir avec la démocratie. Il nous donne un vote significatif, le plus fort qui soit, puisqu’il a à voir avec la façon dont nous dépensons notre argent.

Pour nous, les mots « local » et « communauté » veulent tout simplement dire un groupe de personnes qui se réunissent autour d’un intérêt commun. Il pourrait s’agir d’un programme pour les jeunes, d’une église, d’une synagogue, d’une mosquée, de familles, d’amis, de personnes ayant besoin de soins médicaux, d'un groupe d'école de ville ou de quartier. Il pourrait s’agir de journalistes indépendants qui disent leurs quatre vérités au pouvoir en place et qui pour ce faire utilisent des fonds sans les contraintes du contrôle financier corporatiste. Une communauté peut faire n'importe quelle taille et peut même être internationale. Lorsque l'argent reste dans cette communauté, il y a un effet multiplicateur dont tout le monde profite.

Ma propre entreprise, Bring It local, a voulu établir un modèle qui permet à l'argent de rester dans la communauté.

Nous acceptons les dons et nous avons un onglet pour cela. Il est facilement reconnaissable pour les gens qui l'utilisent au profit immédiat des bénéficiaires.

Mais ce qui a plus d’importance encore, c’est que nous proposons également à nos visiteurs d'acheter et de vendre des choses directement les uns aux autres. Nous fournissons un moyen d’impliquer les commerces en dur afin d'encourager l’échange local. Cependant, si les gens ne  trouvent pas ce qu'ils cherchent sur le site et qu'ils doivent absolument acheter dans les grandes surfaces, nous captons un pourcentage de ces achats qui ira à n'importe quel projet que l'utilisateur aura choisi de soutenir.

De plus, nous avons notre propre « fonds communautaire ». Les utilisateurs du site sont invités à contribuer et nous voterons ensemble pour décider de la façon d'utiliser les fonds qui iront à l'une des campagnes présentées sur notre site.

Et puis, au cœur de notre concept, il y a la propriété de notre société même. Et pour joindre l’acte à la parole, nous ouvrons la propriété de Bring It local aux personnes qui l'utilisent. C’est à ce moment-là que la boucle de l'argent utilisé est littéralement bouclée et que toutes les dépenses du site deviennent une forme de réinvestissement dans la communauté.

Ce sont les grandes lignes d'un des chemins possibles que nous avons choisi de suivre. De nombreuses personnes proposent des idées créatives pour faire face aux mêmes problèmes. Nous aimerions en savoir plus sur vos idées ou sur d’autres idées que vous pourriez connaître et que vous souhaitez partager. Ne réinventons pas la roue loin les uns des autres. Nous devons nous rassembler pour être plus que la somme de nos parties.

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Tous les commentaires

J'ai trouvé ça très intéressant, je suis allée m'inscrire, ça a bloqué (an error occurred, etc, etc)... et vu les objectifs affichés, j'ai été très déçue de voir Amazon en "feature" du jour. Perso, je boycotte Amazon pour plusieurs raisons : c'est l'un des poids lourds de l'évasion fiscale, ils traitent leurs employés comme des chiens, et puis ils sont trop gros, tout simplement, c'est un rouleau compresseur qui n'a aucune réflexion sur sa place dans la géographie de l'édition et de la vente de livres. À part ça, j'achète des livres sur Internet, moi aussi (j'ai d'ailleurs dû changer de fournisseur parce que j'ai appris que le mien était une filiale d'Amazon), mais surtout des livres d'occase, en anglais : ce que je ne peux pas obtenir localement en soutenant ma librairie. Alors... Bring it Local veut soutenir qui, en fait ?

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L'auteur

Mark White


San Francisco - États-Unis

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