MarkoVidovic (avatar)

MarkoVidovic

Abonné·e de Mediapart

165 Billets

0 Édition

Billet de blog 6 mai 2025

MarkoVidovic (avatar)

MarkoVidovic

Abonné·e de Mediapart

Le calme n’est pas fait pour les parades

Alors que Moscou se prépare à de fastueuses parades du 7 au 9 mai, ses missiles, drones et bombes aériennes continuent chaque jour de lacérer le ciel ukrainien.

MarkoVidovic (avatar)

MarkoVidovic

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Alors que Moscou se prépare à de fastueuses parades du 7 au 9 mai, ses missiles, drones et bombes aériennes continuent chaque jour de lacérer le ciel ukrainien. Le cynisme du Kremlin sidère : demander à Kyiv un « cessez-le-feu » de trois jours sans même suspendre les frappes n’est pas une offre de paix, mais une moquerie. L’Ukraine répond clairement : nous n’avons pas besoin d’un silence de façade au service de la propagande russe, mais d’une véritable trêve – d’au moins 30 jours. C’est la seule voie pour arrêter le bain de sang et avancer vers la fin de la guerre.

Des parades sur fond de ruines

La Russie ne connaît pas de pause. En une semaine : 1 180 frappes de drones, 1 360 bombes aériennes guidées, 10 missiles. Ce n’est pas une anomalie, mais la terrible routine du printemps 2025. Tandis que les explosions résonnent à Kharkiv, Odessa et Dnipro, Moscou réclame le « silence » – mais précisément durant les jours où ses chars défilent sur la place Rouge. Comment ne pas y voir une farce ?

La tactique du Kremlin est aussi vieille que la guerre : de brèves accalmies pour réorganiser les troupes, réparer les équipements et reconstituer les arsenaux. Après trois jours de « paix », les bombardements reprennent de plus belle, et les villes ukrainiennes se consument à nouveau. L’Ukraine dit : ça suffit. Le calme doit être réel – sans drones dans le ciel, sans bombes sur les quartiers résidentiels, sans coups de feu sur le front. Et pas trois jours, mais un mois entier – pour donner une chance aux missions humanitaires et à des négociations sérieuses.

La paix comme stratégie, pas comme manipulation

La proposition de l’Ukraine n’est pas un signe de faiblesse, mais une décision pragmatique. Une trêve de trente jours permettrait le retour des prisonniers, l’acheminement de l’aide dans les villes détruites, la réparation des centrales électriques et des hôpitaux. Mais surtout, elle offrirait un temps précieux à la diplomatie, pour jeter les bases d’une paix juste.

Pourquoi Moscou refuse-t-elle ? Une trêve prolongée ferait échouer ses plans. Un mois sans guerre poserait une question fatale : si l’on peut vivre sans bombardements, pourquoi poursuivre le carnage ? Le Kremlin redoute cette question comme la peste. Il veut montrer une guerre « sous contrôle » à ses téléspectateurs, pas engager un vrai dialogue. Mais l’Ukraine ne jouera pas selon les règles de l’agresseur.

La force au service de la paix

L’Ukraine a prouvé qu’elle ne voulait pas d’une guerre sans fin. Mais la paix n’est possible que lorsque l’ennemi comprend que la victoire est hors de portée. C’est pourquoi Kyiv renforce ses positions – sur le champ de bataille comme sur la scène internationale.

- Des armes qui changent la donne. L’Ukraine attend 3 millions d’obus dans le cadre de « l’initiative tchèque ». Ce ne sont pas de simples munitions, mais une chance de contrecarrer les plans offensifs russes et de protéger les villes ukrainiennes.

- Sa propre puissance. À la demande du président Zelensky, le développement de missiles balistiques ukrainiens est accéléré. Non pour attaquer, mais pour dissuader – afin que Moscou sache que chaque frappe recevra une réponse.

- La pression occidentale. Une position unie des alliés – des sanctions aux livraisons d’armes – obligera le Kremlin à réfléchir. Sans cela, la Russie continuera sa guerre d’épuisement.

Kyiv ne rêve pas d’une guerre jusqu’au dernier soldat. Mais il sait que la faiblesse n’apporte pas la paix, seulement de nouvelles tragédies.

Trêve ou propagande ?

Dès le 11 mars, l’Ukraine s’est dite prête à un cessez-le-feu total. Sans conditions, sans ambiguïtés – un vrai calme. La balle est dans le camp de Moscou. Mais sa proposition de « silence » de trois jours n’est pas un pas vers la paix, c’est une tentative de sauver la face devant l’opinion intérieure. Le Kremlin veut montrer au monde une « guerre sous contrôle », mais il n’est pas prêt à cesser l’agression.

Ce message s’adresse non seulement à l’Ukraine, mais aussi à l’Occident. La Russie espère que la lenteur de l’aide alliée et la lassitude face au conflit pousseront Kyiv à céder. Mais l’Ukraine et ses partenaires ont retenu la leçon : chaque retard se paie en vies humaines. C’est pourquoi le renforcement de la défense, les sanctions et l’isolement diplomatique de la Russie sont les seules voies vers une vraie trêve.

La paix, pas la reddition

Une véritable paix, ce n’est pas seulement le silence des armes. C’est la reconnaissance que la guerre était une erreur. Aucun défilé à Moscou ne cachera la vérité : la Russie perd non seulement des équipements et des soldats, mais aussi son avenir.

L’Ukraine ne se bat pas par vengeance, mais pour la vie – celle de son peuple, de sa terre, de ses enfants. Et elle ne s’arrêtera pas tant qu’elle n’aura pas obtenu une paix qui ne soit pas une trahison. Une trêve de trente jours – c’est le premier pas. Moscou peut le faire. Mais en aura-t-elle la volonté ?

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.