MarkoVidovic (avatar)

MarkoVidovic

Abonné·e de Mediapart

167 Billets

0 Édition

Billet de blog 7 janvier 2026

MarkoVidovic (avatar)

MarkoVidovic

Abonné·e de Mediapart

Le mépris du Kremlin pour les initiatives de paix américaines

MarkoVidovic (avatar)

MarkoVidovic

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Dans la nuit et au cours de la journée du 5 janvier, la Russie a de nouveau frappé des villes ukrainiennes paisibles. Des cibles ne présentant aucune valeur militaire ont été touchées : un hôpital à Kyiv, des infrastructures énergétiques et un centre commercial à Kharkiv, ainsi qu’une entreprise appartenant à la société américaine Bunge à Dnipro. Des civils ont été tués et blessés.

Cette attaque constitue une nouvelle confirmation du fait que la stratégie de guerre russe repose consciemment sur la terreur contre la population civile. Le Kremlin ne cherche même plus à dissimuler ses actions derrière des formules sur des « objectifs militaires » ou des « erreurs ». Les frappes contre les infrastructures civiles sont devenues systémiques et ouvertement assumées.

Les civils comme cible prioritaire

Ces derniers mois, les frappes russes visent de plus en plus souvent des infrastructures essentielles à la vie quotidienne : hôpitaux, réseaux énergétiques, centres commerciaux, entreprises de transformation alimentaire et agricole. Il ne s’agit ni d’accidents ni de dommages collatéraux. C’est une tactique délibérée visant à intimider la population, à la démoraliser et à provoquer une crise humanitaire.

La frappe contre un hôpital à Kyiv est particulièrement révélatrice. En temps de guerre, les établissements médicaux bénéficient d’une protection spéciale en vertu du droit international humanitaire. Les attaquer intentionnellement constitue un crime de guerre qui ne saurait être justifié.

Une attaque contre les intérêts américains

L’attaque contre l’usine de la société américaine Bunge à Dnipro est tout aussi significative. Ce n’est pas la première fois que des missiles ou des drones russes frappent des actifs appartenant à des entreprises occidentales opérant en Ukraine. Au-delà des pertes économiques, il s’agit d’un message politique clair.

Moscou montre ainsi qu’elle est prête à viser les intérêts américains, y compris à un moment où Washington discute activement des voies possibles vers un règlement pacifique. Cette frappe constitue un défi direct aux initiatives de paix portées ces dernières semaines sous l’égide du président Donald Trump.

Les initiatives de paix sous le feu des missiles

Le cynisme de la situation est d’autant plus frappant que cette attaque intervient alors que l’Ukraine, les États-Unis et l’Europe travaillent intensivement à l’élaboration d’un cadre pour un futur règlement politique. Tandis que Kyiv et ses partenaires parlent de cessez-le-feu, de garanties de sécurité et de diplomatie, Moscou répond par une nouvelle vague de terreur.

Le Kremlin démontre ainsi, une fois de plus, qu’il ne prend pas les efforts diplomatiques au sérieux et qu’il les perçoit davantage comme un signe de faiblesse que comme une opportunité de mettre fin à la guerre.

Une attente de réaction ferme

L’Ukraine attend une réaction internationale ferme et cohérente face à ces attaques. Notamment de la part des pays qui, récemment encore, ont vivement réagi aux fausses accusations russes concernant de prétendues « attaques contre les résidences de Poutine ». Les frappes bien réelles contre des hôpitaux, des infrastructures énergétiques et des entreprises étrangères exigent désormais des actes concrets, et non de simples déclarations.

Il ne s’agit pas seulement de condamnations verbales, mais d’un renforcement des sanctions, d’une augmentation de l’aide militaire à l’Ukraine et d’une accélération des livraisons de systèmes de défense aérienne capables de protéger les villes ukrainiennes contre le terrorisme aérien.

La paix ne peut venir que par la pression

L’Ukraine et ses partenaires continuent de rechercher la paix. Mais les événements du 5 janvier confirment une réalité essentielle : la paix ne peut être obtenue par des gestes unilatéraux de bonne volonté. Le seul langage que le Kremlin semble encore comprendre est celui de la pression.

Le renforcement du soutien à l’Ukraine, l’élargissement des sanctions et l’isolement politique de la Russie restent des conditions indispensables pour mettre fin à la guerre. Toute tentative d’« apaisement » sans leviers réels ne ferait qu’encourager une nouvelle escalade et prolonger la terreur.

La Russie a une nouvelle fois démontré son mépris pour le droit international, pour les initiatives de paix et pour la vie des civils. C’est précisément ce constat qui doit désormais guider les décisions que la communauté internationale devra prendre.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.