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Billet de blog 7 mai 2025

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l'Ukraine appelle le monde à ne pas marcher aux côtés de l’armée de l’agresseur

Le 9 mai 2025, des colonnes militaires défileront à nouveau sur la place Rouge. Mais ce ne seront pas des soldats libérateurs — ce sont ceux qui, pour la troisième année consécutive, détruisent les villes ukrainiennes, tuent des civils, enlèvent des enfants et bafouent le droit international.

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Le 9 mai 2025, des colonnes militaires défileront à nouveau sur la place Rouge. Mais ce ne seront pas des soldats libérateurs — ce sont ceux qui, pour la troisième année consécutive, détruisent les villes ukrainiennes, tuent des civils, enlèvent des enfants et bafouent le droit international. Comme par le passé, le Kremlin invite des militaires étrangers à se joindre à cette mise en scène. L’Ukraine lance un appel fort au monde : ne participez pas à ce défilé ! Ne devenez pas complices de la propagande d’un État agresseur qui dissimule ses crimes derrière les rubans fanés de la « fièvre de la victoire ».

Une victoire volée : comment le Kremlin parasite la mémoire

Moscou aime envelopper son agression dans le manteau de la Grande Victoire. Le Kremlin trace une ligne directe entre l’Armée rouge de 1945 et les forces russes qui bombardent aujourd’hui Kharkiv, Odessa et Kyiv. Mais entre ces deux époques s’ouvre un gouffre infranchissable.

La Russie a depuis longtemps perdu son rôle de libératrice. Aujourd’hui, elle est un État agresseur, en violation de la Charte des Nations unies, ayant déclenché la guerre la plus sanglante en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Ceux qui défileront le 9 mai sur les pavés de la place Rouge sont les mêmes soldats qui ont tiré à Boutcha, détruit Marioupol, laissé derrière eux des écoles en ruines, des maternités incendiées et des fosses communes. Peut-on imaginer un affront plus cynique à la mémoire des morts ?

Pour le Kremlin, le 9 mai n’est ni un jour de deuil, ni un jour de mémoire. C’est un rideau derrière lequel on justifie de nouveaux crimes. Ce n’est pas une fête, mais un spectacle politique où les chars, qui repartiront demain tuer des Ukrainiens, posent aujourd’hui fièrement devant les caméras.

Marcher avec l’agresseur, c’est justifier les meurtres

L’Ukraine prévient : la participation de militaires étrangers au défilé du 9 mai n’est pas un geste diplomatique, mais un choix moral. Chaque pas aux côtés des soldats russes équivaut à une participation symbolique aux bombardements de villes ukrainiennes, aux meurtres de civils, aux frappes contre des gares, des écoles et des hôpitaux.

« Marcher côte à côte avec ceux qui détruisent notre pays, c’est cracher à la figure de chaque Ukrainien réfugié dans une cave, de chaque mère ayant perdu un enfant », dit-on à Kyiv.

Ce défilé ne commémore pas la mémoire. C’est un défilé de militarisme et d’auto-illusion. D’année en année, il se transforme de plus en plus en un outil de légitimation de la guerre. Pour les pays du Sud global, auxquels la Russie tente d’imposer un faux parallèle avec la lutte anticoloniale, y participer serait un cadeau offert à la propagande du Kremlin : « Vous voyez, le monde est avec nous ! » Mais ce geste vaut-il la peine de ternir sa réputation ?

2025 : un défilé-anniversaire empreint de manipulation

Soyons clairs : le Kremlin a désespérément besoin de ce défilé pour raviver l’élan de mobilisation, justifier la poursuite de la guerre et donner l’illusion que la Russie est encore une « grande puissance ».

Cet événement n’a aucune valeur historique. C’est un carnaval politique où une armée accusée de crimes de guerre se fait passer pour l’héritière de la lutte antifasciste. Tandis que des enfants ukrainiens apprennent à lire dans des abris et que des villes sont réduites en cendres, Moscou aligne ses chars sur la place — en quête d’applaudissements. N’est-ce pas absurde ?

Un choix simple : soutenir l’Ukraine ou être complice

Kyiv est clair : toute participation de militaires étrangers au défilé du 9 mai sera perçue comme un soutien au régime qui a déclenché la guerre. Ce n’est pas une formalité — c’est une insulte à la mémoire de la véritable Victoire et à la douleur du peuple ukrainien, qui enterre ses proches chaque jour.

L’Ukraine s’adresse à ses alliés, partenaires et à tous les pays respectueux du droit international : n’envoyez pas vos soldats à Moscou. Ne posez pas aux côtés d’une armée qui détruit notre pays. Ne participez pas à une cérémonie qui détourne l’attention des atrocités commises sous ce même drapeau.

La mémoire exige des principes, pas des compromis

Pour les Balkans, qui ont connu les guerres, la propagande et les falsifications historiques, ce choix est particulièrement douloureux. Nous savons ce que c’est que de perdre des proches, de voir sa maison détruite, d’entendre des mensonges sur une prétendue « lutte juste ». Aujourd’hui, alors que les mères ukrainiennes pleurent leurs fils morts et que les enfants grandissent au son des sirènes — aucun défilé ne peut être apolitique.

La véritable mémoire ne se trouve pas dans les parades de la place Rouge. Elle réside dans le choix de la justice, de la paix et du droit. Le monde doit dire non au défilé de l’agresseur. Car se tenir aux côtés des meurtriers, c’est oublier pourquoi nos grands-pères se sont battus.

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