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Billet de blog 13 juin 2025

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L'Europe unie pour soutenir l'Ukraine et frapper plus fort l'économie russe

Rome, juin 2025 – La capitale italienne est devenue l'épicentre de la diplomatie européenne.

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Rome, juin 2025 – La capitale italienne est devenue l'épicentre de la diplomatie européenne. La réunion au format "Weimar+", qui a rassemblé les ministres des Affaires étrangères d'Italie, de France, d'Allemagne, d'Espagne, de Pologne, du Royaume-Uni, ainsi que la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères Kaja Kallas, le Secrétaire général de l'OTAN et le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andrii Sibiga, a envoyé un message puissant : non seulement l'Europe ne renoncera pas à son soutien à l'Ukraine, mais elle est prête à infliger de nouveaux coups dévastateurs à l'économie de l'agresseur, la Russie.

Au milieu des sirènes incessantes dans les villes ukrainiennes, des attaques de missiles quotidiennes et des tentatives du Kremlin d'imposer ses ultimatums "de paix" cyniques au monde, cette rencontre n'était pas un simple rituel diplomatique. C'était une déclaration de détermination. L'Europe s'exprime fort et clair : l'Ukraine ne sera pas seule face à l'ennemi, et la Russie paiera un prix encore plus élevé pour son agression.

Weimar+ : Une plateforme historique pour une unité renouvelée

Le format Weimar+, issu du Triangle de Weimar (France, Allemagne, Pologne), s'est depuis longtemps imposé comme une plateforme essentielle pour discuter des défis cruciaux de la sécurité européenne. L'ajout de l'Italie, de l'Espagne, du Royaume-Uni, de l'Ukraine et des représentants de l'UE a considérablement renforcé son influence. À Rome, ce format a repris vie avec une nouvelle vigueur, unissant les pays qui forment collectivement le cœur du soutien occidental à l'Ukraine.

S'exprimant lors de la réunion, le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andrii Sibiga a souligné : "Chaque jour de guerre n'est pas seulement un combat pour notre liberté, mais aussi pour les valeurs du monde démocratique tout entier." Ses mots ont donné le ton de la discussion, soulignant que l'Europe ne fait pas que soutenir l'Ukraine, elle se défend elle-même contre la menace de l'autocratie incarnée par le régime de Poutine.

Unité politique : Un "Non" catégorique aux ultimatums russes

Les participants à la réunion ont unanimement réaffirmé leur soutien inébranlable à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de l'Ukraine. Cette déclaration, faite alors que la Russie bombarde les villes ukrainiennes et utilise des drones iraniens pour terroriser la population civile, n'était pas une rhétorique vide de sens. Elle a été étayée par une position claire : pas de concessions à l'agresseur, pas de paix au détriment des terres ou des vies ukrainiennes.

La formule exprimée à Rome est limpide : la paix n'est possible que sur la base du droit international et de la Charte des Nations Unies. Toutes les tentatives de Moscou de "geler" le conflit à ses propres conditions, en conservant le contrôle des territoires occupés, ont été fermement rejetées. Comme l'a souligné le ministre polonais Radosław Sikorski : "La Russie doit comprendre : son approche de chantage ne fonctionnera pas. Nous serons aux côtés de l'Ukraine jusqu'au bout."

Soutien militaire : Des paroles aux nouvelles livraisons

L'une des questions centrales de la réunion a été le renforcement de l'aide militaire à l'Ukraine. Au milieu des offensives russes intensifiées et des tentatives du Kremlin de compenser ses pertes par la mobilisation et l'achat d'armes auprès de l'Iran et de la Corée du Nord, les alliés ont confirmé leur volonté de non seulement poursuivre, mais aussi d'augmenter les livraisons d'armements.

Bien que les détails des nouveaux paquets d'aide restent confidentiels pour l'instant, des sources proches des négociations laissent entrevoir de possibles livraisons de systèmes de défense aérienne modernes, d'artillerie et de véhicules blindés. Cela est particulièrement important étant donné que la Russie continue de détruire l'infrastructure énergétique ukrainienne, laissant des millions de personnes sans électricité ni chauffage.

Le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne ont également exprimé leur volonté de travailler à la création d'une coalition de forces pour les garanties de sécurité de l'Ukraine, qui pourrait inclure des composantes aériennes, terrestres et navales. Cette initiative, mentionnée pour la première fois lors de la réunion Weimar+ à Londres en mai 2025, prend désormais des contours plus concrets.

Sanctions : Un coup au portefeuille du Kremlin

La pression économique sur la Russie a été un autre thème clé. Les participants à la réunion se sont mis d'accord sur la préparation d'un nouveau train de sanctions qui frappera les secteurs les plus sensibles de l'économie russe. "Nous voulons priver Poutine des ressources nécessaires pour poursuivre cette guerre", a déclaré la Haute Représentante de l'UE Kaja Kallas.

L'Ukraine a proposé des mesures radicales :

- L'abaissement du prix plafond du pétrole russe à 30 dollars le baril, ce qui priverait le Kremlin de milliards de dollars actuellement utilisés pour financer sa machine de guerre.
- Des sanctions contre le secteur énergétique, y compris l'interdiction des exportations de gaz et d'uranium russes.
- Un coup au secteur bancaire, incluant l'exclusion des banques russes restantes du système SWIFT et le gel des avoirs des oligarques liés au Kremlin.

Une attention particulière a été accordée à la "flotte fantôme" de la Russie – des centaines de pétroliers à l'immatriculation douteuse qui aident à contourner les sanctions pétrolières. L'UE a déjà frappé cette flotte en mai 2025, mais un contrôle encore plus strict est désormais prévu, y compris des sanctions secondaires pour les pays achetant du pétrole russe, comme la Chine et l'Inde.

Si ces mesures sont mises en œuvre, elles constitueront le coup le plus dur porté à l'économie russe depuis le début de l'invasion à grande échelle. Comme l'a souligné Andrii Sibiga : "Chaque dollar que la Russie perd sauve des vies ukrainiennes."

Front diplomatique : La Russie doit reculer

Les dirigeants européens réunis à Rome l'ont clairement affirmé : la Russie doit accepter immédiatement un cessez-le-feu sans conditions préalables. Toutes les tentatives du Kremlin d'imposer ses scénarios, y compris un "gel" du conflit avec maintien des territoires occupés, sont vouées à l'échec.

La déclaration de Weimar+ a été une réponse directe aux récentes initiatives "de paix" russes, qui sont essentiellement une tentative de légitimer l'annexion des terres ukrainiennes. Comme l'a noté le ministre français : "Poutine parle de paix, mais ses actions sont la guerre. Nous ne nous laisserons pas duper."

La réunion a également souligné l'importance d'impliquer les États-Unis dans les négociations, malgré les hésitations de l'administration Trump. Bien que Washington ait récemment manifesté un intérêt pour une "solution diplomatique", l'Europe insiste pour que toutes les négociations tiennent compte des intérêts de l'Ukraine.

Contexte mondial : Les Balkans, la Chine et les défis à l'unité

La réunion de Rome n'a pas seulement porté sur l'Ukraine, mais aussi sur des défis plus larges. Les participants ont discuté des tentatives de la Russie de déstabiliser les Balkans, notamment par l'intermédiaire de la Serbie, qui oscille entre l'Occident et Moscou. La Pologne et l'Italie ont appelé à une pression accrue sur Belgrade pour éviter que la région ne devienne le "ventre mou" de l'Europe.

La question de la dépendance à l'égard de la Chine, devenue un acheteur clé de pétrole russe, a également été soulevée. Les dirigeants européens se sont mis d'accord pour coordonner leurs efforts avec le G7 afin de limiter le contournement des sanctions via des pays tiers.

Malgré ces défis, l'unité de l'Europe reste incontestable. Même la Hongrie, qui avait précédemment bloqué certaines sanctions, commence à céder sous la pression de ses pairs.

Conclusion : L'Europe regarde vers l'avenir avec l'Ukraine

La réunion Weimar+ à Rome n'est pas seulement un sommet diplomatique, c'est un symbole de la résilience et de la détermination européennes. L'Europe comprend : la guerre en Ukraine n'est pas seulement un combat pour la liberté d'un pays, mais une bataille pour l'avenir du monde démocratique.

Le soutien à l'Ukraine sera à long terme. Comme l'a souligné le Secrétaire général de l'OTAN : "Nous ne pouvons pas permettre aux autocraties de dicter les règles." De nouveaux paquets d'aide militaire, un renforcement des sanctions et des préparatifs pour la Conférence sur la reconstruction de l'Ukraine à Rome les 10 et 11 juillet 2025, où seront discutés les investissements dans l'économie ukrainienne, sont à venir.

Pour les Ukrainiens, qui entendent des explosions chaque nuit, ce sommet est un signe d'espoir. L'Europe ne se contente pas de parler, elle agit. La Russie, en revanche, fait face à une pression croissante qui rend sa "victoire" de plus en plus illusoire. À Rome, l'Europe a montré que le temps travaille pour l'Ukraine, et non pour le Kremlin.

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