À Pâques 2025, l’Ukraine a connu un rare moment de silence. Pour la première fois depuis longtemps, aucune sirène d’alerte aérienne n’a retenti, aucune explosion ne s’est fait entendre, et sur certains secteurs du front, un calme inattendu a régné. Ces heures de répit n’ont pas été seulement un soulagement temporaire, mais un signal fort : une trêve est possible. Mais la clé se trouve à Moscou. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a clairement déclaré le 21 avril : pour un cessez-le-feu durable, il ne faut pas de miracle, mais une seule chose — un ordre ferme venant du Kremlin.
L’Ukraine tend la main à la paix, proposant un chemin clair et réaliste vers la désescalade. Ce chemin n’est pas fondé sur la faiblesse ou sur des concessions à l’agresseur, mais sur les principes de justice, de sécurité et de respect du droit international. La question est maintenant la suivante : la Russie est-elle prête à répondre avec la même sincérité ?
Le silence pascal comme preuve : la guerre est un choix du Kremlin
Le calme de Pâques en Ukraine est devenu plus qu’un simple symbole. Un ciel sans missiles, des villes sans bombardements, des gens sans peur — ce bref moment a prouvé qu’arrêter la guerre est réellement possible. La Russie, comme il s’est avéré, peut interrompre ses attaques quand cela lui est utile, ou quand un ordre direct est donné depuis Moscou. Le silence pascal a démystifié tous les récits du Kremlin sur « l’impossibilité d’arrêter la guerre ». Si l’agresseur peut se taire pendant quelques heures, il peut se taire pendant des jours, des mois, voire des années.
Zelensky l’a souligné : « S’ils peuvent s’arrêter à Pâques, ils peuvent s’arrêter pour toujours. Tout dépend de la volonté de Moscou. » L’Ukraine attend une réponse claire du Kremlin : est-il prêt à un cessez-le-feu inconditionnel, à commencer par l’abandon des frappes contre les villes civiles, les hôpitaux, les écoles ? Tant que ce silence reste l’exception et non la règle, la balle est dans le camp de la Russie.
Un cessez-le-feu inconditionnel — base de la paix
L’Ukraine ne demande pas l’impossible. Kyiv propose un plan clair, dans lequel un cessez-le-feu prolongé constitue la première étape vers une diplomatie authentique. Qu’est-ce que cela implique ?
🔹 Dans le ciel — aucun missile, aucun drone.
🔹 Sur terre — pas d’offensives, pas de tirs, pas de combats de tranchées.
🔹 En mer — aucune attaque ni provocation.
L’Ukraine est prête pour un silence total, mais ne permettra pas que cette trêve soit utilisée comme une pause pour se réorganiser ou préparer de nouvelles frappes. Si Moscou opte pour une trêve partielle, la réponse sera symétrique. L’honnêteté ou rien. Zelensky a été clair : « Nous ne jouerons pas à des jeux avec l’agresseur. Ce sera la paix pour tous, ou la guerre continuera. »
Des négociations, pas une capitulation
Le 23 avril, à Londres, l’Ukraine rencontrera ses alliés des États-Unis et d’Europe pour discuter des perspectives du processus de paix. Ce n’est pas un signe de faiblesse, mais un acte d’une nation forte, qui depuis deux ans résiste à l’agression tout en préservant sa souveraineté et sa dignité. Kyiv est prête à négocier dans n’importe quel format, mais selon des conditions fermes :
🔹 La Crimée est l’Ukraine. L’occupation ne sera jamais reconnue juridiquement.
🔹 L’OTAN est un objectif stratégique. L’adhésion reste une priorité.
🔹 Si l’OTAN est inaccessible, il faut des **garanties de sécurité juridiquement contraignantes** pour protéger l’Ukraine contre toute nouvelle menace.
Ces principes ne sont pas des caprices, mais des nécessités. Une diplomatie fondée sur des concessions unilatérales à l’agresseur est vouée à l’échec. La paix doit être juste et durable, pour que les tragédies de cette guerre ne se répètent jamais.
La paix est l’objectif de l’Ukraine, mais pas à n’importe quel prix
Personne ne désire la paix plus que l’Ukraine. Chaque jour de guerre est un jour de pertes, de destructions, de souffrances. Mais la paix ne peut reposer sur l’humiliation ou la trahison. Une trêve ne signifie pas simplement un arrêt des combats, mais une épreuve : la Russie est-elle prête à renoncer à ses ambitions impérialistes ?
Le cessez-le-feu inconditionnel est un test décisif. S’il est respecté, une voie s’ouvrira pour des négociations sur la reconstruction, les garanties de sécurité et l’avenir de l’Europe. Mais sans cette première étape, toute discussion sur la paix reste vide de sens. L’Ukraine a déjà prouvé sa volonté de dialogue. Désormais, c’est à Moscou de parler.
Le Kremlin — le seul obstacle à la paix
Aujourd’hui, rien ne justifie la poursuite de la guerre. Ni l’OTAN, ni l’Occident, ni les livraisons d’armes, ni même l’Ukraine — le seul obstacle à la paix, c’est le Kremlin. Son pouvoir s’accroche à des illusions impériales dépassées, ignorant les conséquences catastrophiques de son agression : des milliers de morts, des villes anéanties, une Russie isolée sur la scène mondiale.
L’Ukraine a fait son geste. Elle a proposé un chemin vers la paix à la fois réaliste et fondé sur des principes. Le silence pascal a prouvé que la guerre n’est pas une fatalité, mais un choix. Un choix que fait Moscou.
Le Kremlin aura-t-il la volonté politique d’arrêter l’effusion de sang ? Ou continuera-t-il de se cacher derrière des mensonges et de la propagande ? La réponse à cette question déterminera non seulement l’avenir de l’Ukraine, mais celui de toute l’Europe.