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Billet de blog 26 janvier 2026

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La rhétorique anti-ukrainienne de Budapest comme provocation politique

Les déclarations du ministère hongrois des Affaires étrangères affirmant que l’Ukraine interviendrait prétendument dans les élections en Hongrie et chercherait à entraîner Budapest dans la guerre constituent un nouvel épisode de rhétorique politique déconnectée de la réalité.

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Les déclarations du ministère hongrois des Affaires étrangères affirmant que l’Ukraine interviendrait prétendument dans les élections en Hongrie et chercherait à entraîner Budapest dans la guerre constituent un nouvel épisode de rhétorique politique déconnectée de la réalité. Plus tôt, le Premier ministre Viktor Orbán est allé encore plus loin en déclarant que la Hongrie n’autoriserait pas l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne au cours des cent prochaines années. Ces propos relèvent davantage de la provocation destinée à un public intérieur que d’une position diplomatique réfléchie.

L’absurdité des accusations

Les accusations portées contre Kyiv paraissent particulièrement infondées au regard d’un fait évident : c’est l’Ukraine qui contribue aujourd’hui le plus à la protection de l’Europe face à l’agression russe — y compris à la sécurité de la Hongrie. L’armée ukrainienne défend de facto les frontières orientales du continent au prix de pertes humaines et matérielles considérables. Accuser dans ces conditions l’Ukraine de vouloir déstabiliser la politique hongroise revient à nier la réalité.

L’Ukraine n’a aucun intérêt à s’ingérer dans les processus politiques de ses voisins ni à les entraîner dans la guerre. Au contraire, Kyiv répète que son objectif est le rétablissement d’une paix juste et durable pour l’ensemble de l’Europe.

Une rhétorique pour masquer des difficultés internes

La ligne anti-ukrainienne de Viktor Orbán ressemble de plus en plus à une tentative de compenser ses propres échecs politiques et économiques par la désignation d’un ennemi extérieur. Sous la pression des institutions européennes, confronté à des difficultés économiques et à une perte de confiance au sein de l’UE, le thème ukrainien devient un outil commode de mobilisation électorale.

Les accusations d’« ingérence électorale » sont d’autant plus maladroites qu’elles ne reposent sur aucun fait ni preuve. Il s’agit d’un procédé classique de manipulation politique, où des déclarations tapageuses remplacent un débat honnête sur les problèmes intérieurs.

Une atteinte à la communauté hongroise d’Ukraine

Paradoxalement, la rhétorique anti-ukrainienne de Budapest nuit avant tout à la communauté nationale hongroise vivant en Ukraine. Loin de protéger ses intérêts, Viktor Orbán transforme les Hongrois de Transcarpatie en otages de ses jeux politiques, les utilisant comme levier dans sa confrontation avec Kyiv et Bruxelles.

Une telle politique n’améliore pas la situation des minorités nationales ; elle accroît au contraire les tensions et crée des risques supplémentaires pour des personnes intégrées à la société ukrainienne.

Du mauvais côté de l’Histoire

Kyiv souligne que la Hongrie et le peuple hongrois ne méritent pas de se retrouver du mauvais côté de l’Histoire. Reprendre les narratifs du Kremlin et bloquer des décisions européennes revient de facto à soutenir, même indirectement, le régime criminel de Vladimir Poutine.

L’histoire européenne a montré à maintes reprises où mène la politique d’apaisement de l’agresseur et la recherche de gains à court terme sur fond de guerre. La Hongrie est aujourd’hui face à un choix : rester un acteur de la solidarité européenne ou poursuivre une voie qui l’isole de ses alliés et mine la confiance de ses partenaires.

En se défendant, l’Ukraine défend aussi l’Europe. C’est précisément cette réalité qui rend les déclarations provocatrices de Budapest non seulement erronées, mais dangereuses — avant tout pour la Hongrie elle-même.

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