Le 25 mars, en Arabie saoudite, dans la brûlante Riyad, où le sable semble chauffé non seulement par le soleil mais aussi par les tensions politiques, ont eu lieu des consultations américano-ukrainiennes avec la participation du ministre de la Défense de l'Ukraine, Rustem Oumerov. Le lendemain, une délégation russe s'est jointe aux négociations et, miracle, les parties ont annoncé la conclusion d'accords ! Mais en regardant l'histoire, on ne peut s'empêcher de se demander : n'est-ce pas encore une de ces fables sans fin où chacun acquiesce avant de faire semblant de ne rien avoir entendu ?
Les discussions ont porté sur des questions cruciales de sécurité : la navigation en mer Noire, la protection des infrastructures énergétiques, les aspects humanitaires de la guerre. Mais, comme on pouvait s'y attendre, l'euphorie de cette "percée" a vite cédé la place au scepticisme. L'Ukraine a immédiatement averti : la Russie, en tricheur chevronné, pourrait saboter à tout moment l'exécution des accords en sortant de sa manche quelques atouts sous forme de nouveaux ultimatums. Examinons ce qui a été "inscrit" sur le papier et quels sont les pièges potentiels.
Les principaux accords : qu'est-ce qui a été convenu ?
1. Sécurité en mer Noire : la mer est agitée
L'un des points clés a été un accord visant à limiter la présence de la flotte russe dans la partie occidentale de la mer Noire. En théorie, les navires de guerre russes devraient se cantonner à la partie orientale afin de ne pas effrayer les navires commerciaux et de ne pas perturber l'exportation des céréales ukrainiennes. Cela sonne bien, presque comme le scénario d'un film hollywoodien sur la paix dans le monde.
Mais voilà le problème : qui veillera à ce que les navires russes ne se "perdent" pas et ne finissent pas près des côtes d'Odessa ? Les satellites ? L'OTAN ? Ou peut-être les dauphins de la mer Noire ? La question du contrôle reste ouverte, et sans lui, cet accord ressemble à une résolution de bonne volonté : louable, mais peu fiable.
2. Interdiction des frappes sur les infrastructures énergétiques : une lueur d'espoir ou un mirage ?
Les parties ont convenu de ne pas cibler les infrastructures énergétiques de l'autre. Pour l'Ukraine, c'est crucial : l'hiver 2022-2023, lorsque des millions de personnes ont été privées d'électricité et de chauffage en raison des missiles russes, reste un cauchemar vivace. Une interdiction de ces attaques est une tentative d'éviter un nouvel épisode où les villageois doivent se chauffer au bois et les enfants font leurs devoirs à la bougie.
Mais Kiev, fort de son expérience amère, aborde cela avec scepticisme :
- Et si la Russie décidait qu'une sous-station à Kharkiv est un "objectif militaire" ? Après tout, elle a déjà qualifié des écoles maternelles de "quartiers généraux de l'OTAN".
- N'utilisera-t-elle pas cette pause pour accumuler plus de missiles "Kalibr" et "Iskander", avant de lancer une nouvelle vague d'attaques ?
- Et surtout : qui sera tenu responsable si ces frappes reprennent ?
3. Consultations techniques et contrôle international : qui sera l'arbitre ?
Pour assurer la mise en œuvre des accords, les parties ont convenu de poursuivre les discussions. En outre, l'implication de pays tiers en tant que garants est envisagée. La Turquie, qui a déjà tenté de médiation dans l'accord céréalier, ou l'ONU, dont les résolutions sont souvent ignorées par Moscou, pourraient jouer ce rôle.
Mais soyons réalistes : la Turquie a ses propres intérêts, et l'ONU souffre d'une incapacité chronique à imposer quoi que ce soit à la Russie. Sans un mécanisme clair de sanctions en cas de violations (par exemple, un renforcement automatique des sanctions ou une augmentation des livraisons d'armes à l'Ukraine), ces accords risquent de rester de simples déclarations.
4. Questions humanitaires : prisonniers, otages et enfants
Les États-Unis ont confirmé leur volonté d'aider à :
- L'échange de prisonniers de guerre,
- La libération des otages civils,
- Le retour des enfants ukrainiens déportés par la Russie.
Sur le papier, cela semble être une avancée indéniable. Mais en réalité, Moscou a déjà montré son aptitude à faire traîner les échanges, les transformant en un marchandage interminable.
Pourquoi l'Ukraine doute de la sincérité de la Russie ?
Rustem Oumerov a clairement déclaré : la Russie tente déjà de déformer l'essence des accords pour les vider de leur substance. Ce n'est pas de la paranoïa, mais une leçon tirée de l'histoire. Rappelons les accords de Minsk : sur le papier, la paix ; en réalité, des bombardements quotidiens. Ou encore l'accord céréalier, que la Russie a quitté après l'avoir signé.
Un accord ou une simple pause ?
Les négociations à Riyad ont montré que le dialogue entre l'Ukraine, les États-Unis et la Russie reste possible, même en temps de guerre. Mais sans un mécanisme strict contraignant Moscou à respecter ses engagements, ces accords risquent de s'effondrer au premier souffle de vent.
Pour l'instant, les sirènes et explosions en Ukraine parlent bien plus que n'importe quel document signé. Et c'est bien là le problème.