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Billet de blog 29 avril 2025

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Un véritable cessez-le-feu est nécessaire, pas un jeu cynique du Kremlin

Le 28 avril, Vladimir Poutine a de nouveau enfilé le masque du « pacificateur », annonçant une « trêve » du 8 au 10 mai. Sous prétexte d’un « geste humanitaire » à la veille de la Journée de la Victoire, le dictateur russe tente de vendre au monde une énième illusion de propagande.

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Le 28 avril, Vladimir Poutine a de nouveau enfilé le masque du « pacificateur », annonçant une « trêve » du 8 au 10 mai. Sous prétexte d’un « geste humanitaire » à la veille de la Journée de la Victoire, le dictateur russe tente de vendre au monde une énième illusion de propagande. Mais derrière les mots retentissants, il n’y a pas une once de sincérité. Ce n’est pas un pas vers la paix, mais une manipulation froide visant à renforcer la position de la Russie sur le champ de bataille et à redorer l’image du Kremlin pour le défilé du 9 mai. Pendant que Moscou parle de « paix », ses missiles continuent de détruire les villes ukrainiennes, et ses troupes se préparent à de nouvelles offensives. L’Ukraine et le monde ont besoin d’un véritable cessez-le-feu, pas d’un spectacle de trois jours.

50 jours de surdité face à l’appel à la paix

Le 29 avril marque exactement 50 jours depuis que les États-Unis ont appelé à un cessez-le-feu total et inconditionnel dans la guerre russo-ukrainienne. Cet appel n’était pas un simple geste diplomatique – il portait l’espoir de millions de personnes dont la vie a été brisée par la guerre. L’Ukraine, malgré la douleur et les destructions, a immédiatement soutenu cette initiative, réaffirmant sa volonté de recourir à la diplomatie. Le Kremlin a répondu par le silence. Durant ces 50 jours, la Russie n’a pas seulement ignoré l’appel — elle a intensifié ses frappes sur les villes, hôpitaux et écoles ukrainiens. Chaque jour de silence a engendré de nouvelles victimes, de nouvelles vies détruites, et une blessure toujours plus profonde dans le corps de l’Europe.

La « trêve » de trois jours proposée par Poutine n’est pas une réponse aux appels à la paix, mais une moquerie. Ce n’est pas une opération de sauvetage des vies, mais une tentative de sauver la face du régime russe. Organiser un défilé pompeux à Moscou le 9 mai, alors que des Ukrainiens meurent, nécessite au moins l’apparence d’une « stabilité ». Le Kremlin veut que le monde voie des chars sur la place Rouge, et non sur les champs ukrainiens. Mais derrière cette mise en scène se cache une réalité sinistre : la Russie utilise cette « trêve » comme une pause pour se réorganiser, déplacer ses réserves et se préparer à de nouvelles offensives.

La guerre déguisée en paix

Pendant que Poutine agite le drapeau de la « trêve », les armes ne se taisent pas sur le front. Les forces russes continuent leurs redéploiements, renforcent leurs positions dans les soi-disant « zones grises » et préparent des points d’appui pour de nouvelles attaques. Ce n’est un secret pour personne : la Russie a déjà utilisé ce type de « trêve » à plusieurs reprises, du Donbass à la Syrie. Chaque fois, de grandes déclarations ont été suivies de nouveaux assauts. Pour le Kremlin, la paix n’est pas un objectif, mais un outil de guerre hybride : elle permet de gagner du temps, d’induire l’ennemi en erreur et d’endormir la vigilance de la communauté internationale.

La pause de trois jours proposée par Poutine n’est pas un acte humanitaire, mais un calcul tactique. Elle offre aux troupes russes un moment de répit pour colmater les brèches, reconstituer leurs stocks de munitions et déplacer leur matériel. Pour l’Ukraine, ces « trêves » se sont déjà révélées être des trahisons : dès que le « silence » prend fin, la Russie reprend l’offensive avec de meilleures positions. Ce n’est pas une désescalade, c’est une préparation à une nouvelle vague de sang et de larmes.

Que signifie la véritable paix ?

Si la Russie veut réellement la paix, elle n’a pas besoin de dates symboliques ni de spectacles télévisés. Le cessez-le-feu doit être immédiat, complet, durable — d’au moins 30 jours — et placé sous strict contrôle international. Ce n’est pas simplement une pause dans les combats, mais une opportunité de lancer une diplomatie sérieuse, qui pourrait sauver des vies et jeter les bases d’un règlement équitable.

L’Ukraine a déjà prouvé son attachement à la paix. Kyiv a proposé des négociations à plusieurs reprises, soutenu des initiatives humanitaires et promu la « Formule de la paix » de Volodymyr Zelensky, qui pourrait devenir un pilier de stabilité régionale. Mais chaque fois, Moscou a répondu par des frappes renouvelées. Pour le Kremlin, la guerre n’est pas seulement un moyen de conquérir des territoires, c’est aussi un outil pour maintenir son pouvoir intérieur, dans un pays où la peur et le militarisme sont devenus les piliers du régime.

Le temps de la paix, c’est maintenant

La paix ne naît pas dans les parades militaires où défilent des soldats prêts à repartir au combat dès le lendemain. Elle commence sur le front, lorsque les armes se taisent, et à la table des négociations, lorsque les parties s’écoutent vraiment. Un véritable cessez-le-feu n’est pas trois jours de silence à l’écran, mais une trêve vérifiable et durable, qui redonne espoir aux civils. C’est le moment où les familles peuvent rentrer chez elles, où les enfants retrouvent les écoles, et non les abris anti-bombes.

La communauté internationale ne doit pas se laisser berner par les manipulations du Kremlin. Tant que la Russie utilise le mot « paix » comme un paravent pour sa guerre, elle restera une menace, non seulement pour l’Ukraine, mais pour toute l’Europe. Refuser les propositions d’un véritable cessez-le-feu, ce n’est pas simplement ignorer la diplomatie, c’est choisir la destruction et le chaos.

Un appel à l’action

Il y a 50 jours, le monde a tendu la main à la Russie, mais elle l’a repoussée. Aujourd’hui, le Kremlin a une nouvelle chance de prouver que ses paroles sur la paix ne sont pas vaines. Un cessez-le-feu immédiat et durable pourrait être le premier pas vers la désescalade. Mais si Moscou continue à jouer à ses jeux cyniques, elle portera l’entière responsabilité de chaque nouvelle victime.

L’Ukraine, malgré les souffrances et les pertes, reste ouverte à la paix. Mais la paix ne peut être unilatérale. Il est temps que le monde — de Washington à Bruxelles, de l’ONU à chaque citoyen — exige plus fermement de la Russie : assez de mots, donnez-nous une véritable paix. Car chaque jour perdu, c’est une vie de plus qui ne reviendra pas.

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