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Billet de blog 26 mars 2018

Van Dongen et le Bateau-lavoir

exposition au Musée de MOntmartre Van Dongen et le bateau-lavoir

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Van Dongen et le « Bateau-lavoir »

C’était l’époque où vivre au Bateau-lavoir ne coûtait que quelques sous, encaissés par la concierge la mère Weil, où encore la «  Merveille », comme cette bande de joyeux drilles aimaient à la nommer.

Il y avait là, Fernande Olivier et Picasso, Van Dongen, sa femme Gus-Augusta Preitinger- et leur fille Dolly, et d’autres Gauguin, Brancusi, Juan Gris, Modigliani, Max Jacob, c’est ce dernier qui baptisa ironiquement l’endroit : « Le bateau-lavoir », rapport à l’unique point d’eau de la bâtisse.

Vie misérable, mais gaie où la passion de la peinture occupait toute la place.

Van Dongen était arrivé de Delfshaven en Hollande, un faubourg de Rotterdam, il y avait suivi des cours de dessin, et rencontré Gus.

Paris ne devait être que l’occasion de fêter le 14 juillet.

Comme il le racontera, il n’utilisa pas son billet de retour et demeura sur place.

Il avait choisi la France.

Celui dont on dira qu’il était « le plus français des hollandais », finira par se faire naturaliser en 1929.

La vie de bohême

Montmartre haut-lieu du tourisme à Paris, où l’on viendrait s’encanailler, a été surtout le lieu où les artistes crevaient la dalle. La misère ne conduit pas forcément au talent. Aujourd’hui les lofts ont remplacé les ateliers d’artiste et des caricaturistes sur la place du Tertre singent les artistes d’autrefois.

La vie au début du 20ème siècle pour ces artistes la plupart étrangers n’était pas simple, c’est la vie de bohême. Mais ils avaient vingt ans, un appétit de vivre et de faire la fête.

Van Dongen fait des portraits, vendus pour quelques francs, et décharge des camions aux Halles.

Jusqu’à finalement se voir confier des illustrations pour «  l’Assiette au beurre ».

Car Van Dongen est anarchiste, le Krotopkine du bateau-lavoir, dira de lui Picasso, trouve son inspiration dans les mauvais quartiers, déjà en Hollande c’était au port de Rotterdam, comme son maître et coreligionnaire Rembrandt.

Prostituées, danseuses de cabaret et personnages de cirque constituent son imagerie.

Avec Picasso, il fréquente le cirque Fernando qui deviendra Medrano.

On fait la fête dans les nombreux bals et guinguettes Moulin de la galette, Moulin Rouge.

La bataille picturale gronde entre les deux hommes.

Au premier tableau cubiste de Picasso« Les demoiselles d’Avignon », Van Dongen oppose des tableaux qualifiés de fauves « Les lutteuses du Tabarin ».

Ce tableau longtemps conservé par la famille du peintre est la propriété du Musée de Monaco depuis 2008, dernier domicile du peintre.

L’exposition du Musée de Montmartre intervient donc 50 ans après sa mort.

Les apparentes contradictions de Van Dongen

En effet, le succès de Van Dongen l’emmène au sein de la haute bourgeoisie. Les élégantes se font faire le portrait, Madame Meunier, Maria Casati , plus proche Brigitte Bardot ou l’Aga Khan.et tant d’autres. Son style est reconnaissable entre tous, longs cous, gros bijoux, tout ce qu’elles souhaitaient, mais en même temps il garde sa marque et souvent elles ressemblent à des prostituées.

Van Dongen avouera que beaucoup de tableaux lui sont restés sur les bras. Ils ne plaisaient pas forcément aux donneurs d’ordre.

Provocateur juqu’au bout, Van Dongen, s’installe à Monaco pour y finir sa vie et baptise sa maison le « Bateau-lavoir ».

Marlène Belilos

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