marlene belilos
psychanalyste-journaliste
Abonné·e de Mediapart

45 Billets

0 Édition

Billet de blog 30 nov. 2010

Picasso donnait " mais 271 toiles à son électricien!

marlene belilos
psychanalyste-journaliste
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

article paru sur Rue89.com

« Oui, Picasso donnait beaucoup, contrairement à la légende qu'a répandu sa famille sur son avarice », affirme Pepita Dupont, auteure de « La Vérité sur Jacqueline et Pablo Picasso » (éd. du Cherche Midi).

Mais cette dernière ne croit pas que le couple ait pu offrir plus de deux cents œuvres à son électricien, une histoire hallucinante racontée ce lundi par Libération.

Le quotidien révèle ainsi que 271 toiles, dessins et esquisses, valant aujourd'hui au moins 60 millions d'euros, sont réapparus. Ces œuvres, réalisées entre 1900 et 1930, dormaient depuis des décennies chez Pierre Le Guennec, l'électricien du père du cubisme.

En janvier, l'artisan a contacté Claude Picasso, le fils du peintre, pour lui demander des certificats d'authenticité pour ce qu'il a présenté comme des cadeaux reçus dePablo Picasso et de sa dernière épouse et égérie Jacqueline Roque.

Le 23 septembre, les héritiers de l'artiste espagnol ont porté plainte pour recel et la collection a été saisie par l'OCBC, l'Office central de lutte contre le trafic des biens culturels, début octobre -qui l'abrite désormais dans ses bureaux de Nanterre.

Picasso « très modeste, pas snob… »

Pepita Dupont était une familière de Notre-Dame de Vie, dernier domicile du couple, à Mougins (Alpes-Maritimes), pour s'y être rendue jusqu'à la mort de Jacqueline Roque, le 15 octobre 1986 :

« Picasso avait été pauvre et savait ce qu'était la misère. Très modeste, pas snob…

Il n'avait pas de barrière sociale, il pouvait continuer à verser des salaires à ses employés même après leur départ. »

Une vente à Drouot des cadeaux faits au chauffeur de Picasso

Le 9 décembre, une vente aux enchères se tiendra à Drouot, des cadeaux reçus par Maurice Bresnu, dit « Nounours », le chauffeur de Picasso. Pepita Dupont :

« Le contenu de la vente donne une idée de ce que Picasso pouvait donner : un catalogue dédicacé, des photos, des dessins.

A sa femme de chambre, il avait offert une céramique, un litho, un catalogue.

Mais il ne supportait pas qu'on revende tout de suite, comme pouvait le faire Paul Eluard. Il donnait aussi en disant : “Si tu as un problème, tu auras ça.” »

Pourquoi n'aurait-il pas été aussi généreux avec son électricien ?

« Il faut savoir qu'à Notre-Dame de Vie , il n'y avait pas de lampes, juste des ampoules, pas trop de travail pour un électricien. Le gros travail aura été l'installation d'une alarme.

Il n'a pas pu donner 271 œuvres, ce n'est pas possible. Il gardait tout ou donnait à des musées, surtout ce qui manifestait de l'œuvre d'une période de sa vie. Tout ce qui était donné était dédicacé.

On verra bien. On ne comprend pas bien la démarche de cet homme qui posséderait ces œuvres depuis 40 ans. Elles devraient aller à un musée. »

Selon Libération, la possibilité de faux brillamment réalisés est exclue par les experts.

Photo : le « Portrait bleu de Angel Fernández de Soto » lors des enchères de Christie's, à Londres, le 23 juin 2010 (Paul Hackett/Reuters).

A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — International
Comment les Chinois ont corrompu les Kabila pour un contrat minier géant
Une société-écran, alimentée par deux sociétés d’État chinoises détentrices du plus gros contrat minier de l’histoire de la RDC, a versé au moins 30 millions de dollars à la famille et au premier cercle de l’ancien président Joseph Kabila. Sa famille a aussi obtenu en secret des parts dans l’autoroute et le barrage liés à la mine.
par Yann Philippin et Sonia Rolley (RFI)
Journal — International
Des millions volés à l’État ont financé un retrait de cash par le directeur financier de Kabila
L’entreprise congolaise Egal, qui a détourné 43 millions de dollars de fonds publics en 2013, en a reversé 3,3 millions sur un compte de la présidence de la République de RDC afin de compenser un retrait d’espèces effectué par le directeur financier du président Joseph Kabila.
par Yann Philippin
Journal — International
Russie : pourquoi le Kremlin veut en finir avec Memorial
L’historien Nicolas Werth explique les enjeux de la possible dissolution, par la justice russe, de l’ONG Memorial. Celle-ci se consacre à documenter les crimes de la période soviétique, mettant ainsi des bâtons dans les roues du roman national poutinien.
par Antoine Perraud
Journal — France
Mosquée « pro-djihad » : au Conseil d’État, le ministère de l’intérieur se débat dans ses notes blanches
Vendredi 26 novembre, le Conseil d’État a examiné le référé de la mosquée d’Allonnes (Sarthe), qui conteste sa fermeture pour six mois ordonnée par arrêté préfectoral le 25 octobre. Devant les magistrats, la valeur de feuilles volantes sans en-tête, date ni signature, a semblé s’imposer face aux arguments étayés de la défense. Compte-rendu.
par Lou Syrah

La sélection du Club

Billet de blog
« Atlantique », un film de Mati Diop
Des jeunes ouvriers au Sénégal ne sont pas payés depuis plusieurs mois rêvent de partir pour l’Europe au risque de leur vie. Ada, amoureuse de l’un de ces hommes, est promise à un riche mariage contre son gré. Les esprits auront-ils raison de ces injustices ?
par Cédric Lépine
Billet de blog
« L’Héroïque Lande - La Frontière brûle » : des vies électriques
[Archive] «L'Héroïque Lande. La Frontière brûle», réalisé par Elisabeth Perceval et Nicolas Klotz, renverse les attendus d'un film «sur» La Jungle de Calais, pour sonder les puissances politiques et sensibles du cinéma, avec des images qui s'imaginent depuis une Zone et avec ses fugitifs.
par Robert Bonamy
Billet de blog
« Ailleurs, partout » : d’autres images des migrations
« Ailleurs, partout », d’Isabelle Ingold & Vivianne Perelmuter, sort le 1er décembre. Le documentaire offre une passionnante réflexion sur les paradoxes de la géographie contemporaine, entre fausse ubiquité du cyberespace et vrais obstacles aux migrations. Rencontre avec les deux réalisatrices. (Entretien avec Nashidil Rouiaï & Manouk Borzakian)
par Géographies en mouvement
Billet de blog
« Murs de papiers »
[Archive] Olivier Cousin, dans son dernier film, nous donne à voir ce qu’est la vie des sans-papiers à travers une permanence d’accueil de la Cimade : des chemins de l’exil aux mille dangers, des parcours du combattant face à une administration française kafkaïenne, la fin de la peur et l'espérance en une vie meilleure, apaisée.
par YVES FAUCOUP