Une urgence pour notre à venir

Écologie... Environnement… Urgence climatique... Mais pourquoi se mettre la pression ? Pourquoi s'inquiéter? on est bien non !! Le Maroc est un pays bien ensoleillé, ouvert sur deux mers (l'océan Atlantique et la mer Méditerranée) et de magnifiques paysages (plages, oasis, montagne…), de quoi permettre de partager quelques stories avec les amiEs, n’est-ce pas? Et alors, pourquoi cet affolement ?

Pour quelles raisons le climat est devenu une urgence ?

Selon les données publiées par la banque mondiale, la région Moyen-Orient et Afrique du nord MENA est impactée directement par le changement climatique, même si on y enregistre seulement 4.5% d’émission de gaz à effet de serre. La région est en risque de connaitre des vagues de chaleur plus longues et plus étendues si aucune mesure n’est prise d’autant plus que la banque mondiale a estimé à 4 mois la durée moyenne des vagues de chaleur dans la plupart des pays de la région. Dans ce contexte, et selon une étude sur les effets de changement climatique, le niveau des mers augmentera entre 2.6 - 15.6 cm et la température moyenne entre 0.7 - 1 degré d’ici 2020 voire de 5 degrés d’ici 2080 et donc des températures au-delà des cinquantaines. En plus, selon la direction de la météorologie nationale (DMN), les températures annuelles moyennes ont augmenté dans la majorité des villes du royaume, à l’instar de la ville de Beni Mellal où la température moyenne a augmenté de 1.7 °C entre 1971 à 2007 et de 2°C entre 2009 à 2017, et qui n’est évidemment pas une exception. 

 

Y-a-t-il une crise de l’eau ?

Selon l’institut International Report of World Resources, le Maroc est classé dans la case rouge, parmi les pays qui confrontent des niveaux élevés de pression sur les ressources en eau, menacés par la sécheresse et le manque de disponibilité de l’eau à l’avenir. Selon ce rapport, notre pays occupe la 12ème place parmi les pays arabes et la 22ème au niveau mondial. Le rapport justifie ce classement par la consommation massive du secteur de l’industrie, l’agriculture irriguée et les institutions gouvernementales qui consomment annuellement plus de 40% des ressources en eau disponibles.

Ce phénomène touche directement le secteur de l’agriculture, sachant que 85% des terres agricoles dépendent toujours des pluies. Selon HuffpostMaghreb pour l’année 2016 “le retard des pluies a occasionné un déficit pluviométrique de près de 50% par rapport à une campagne normale” ce retard impacte le PIB de ce secteur qui représente près de 14,6%. 


Les forêts feront partie de nos souvenirs !

Selon le haut-commissariat aux eaux et forêts et la lutte contre la désertification, la zone forestière au Maroc représente un taux de couvert de 12,7 % du territoire national ce qui constitue un taux faible par rapport à la moyenne mondiale située entre 15 et 20%. Cette nous interpelle car au début du siècle dernier, le Maroc avait une superficie de 1.8 million d’hectares mais n’en a possédé que 377 500 hectares en 2016 relève selon telquel.com

 

Quoi faire alors ?

La transition écologique doit être une priorité gouvernementale et rompre avec des pratiques telles que  faire des actions pour les ajouter dans les bilans nationaux et internationaux en l’absence de toute volonté réelle et de vraies visions stratégiques. Prenant à titre exemple échec total de l’action et la loi 77.15 “Zéro Mika” appliqué depuis 2016. Dans le cadre d’un projet soutenu par l’ONU Environnement et d’autres organisation,  l'association "Zéro Zbel" a réalisé une enquête, sur l’usage et les alternatives des sacs en plastiques, auprès d’un échantillon de 235 personnes composé de 40% de clients (dont 53% hommes) et 60% de commerçants (dont (82% homme) sur huit marchés de Casablanca, Tétouan et Agadir. Il en ressort que 100% des commerçants et 95% des clients sont au courant de l’application de la loi 77.15 et pourtant 60% des commerçants sondés déclarent que 80% de leurs clients demandent des sacs en plastique lors de leurs achats. 65% des clients reconnaissent utiliser 5 à 15 sacs en plastique à chaque fois qu’ils font leurs courses et 49% des personnes interrogés considèrent que l’utilisation des sacs en plastique est restée la même ou a augmenté depuis la mise en vigueur de la loi.

Est-ce que nous ne sommes pas encore prêts pour ce genre d'actions ? Parmi les problèmes soulevés, on retient le problème de la confiance en politique “tout ce qui vient de l’état n’est pas pour notre bien” surtout que les alternatives proposées coûtent plus chères que les sacs en plastique. Il devient donc urgent d’instaurer une véritable démocratie participative pour gagner la confiance du peuple et garantir son avenir. Tout projet qui concerne le quotidien des citoyens doit les impliquer activement dans tout le processus (la réflexion, la réalisation, le suivi et l’évaluation) et ce à travers les débats citoyens, la mise en place des plateformes, l’implication des associations, fédérer la population autour de la question,lancer des campagnes de sensibilisation dans les écoles, les centres de formations, les centres d’alphabétisations, …

Il faut juste faire confiance au peuple et l’encourager à retrouver sa souveraineté et à prendre part à la gestion du pays. 

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