Cavalerie d'Etat

Rembourser une dette au moyen d'un nouvel emprunt est l'une des forme les plus courante de la technique frauduleuse dite de Cavalerie. La pyramide de Ponzi est une variante de cette construction destinée à masquer la réalité de ses avoirs.

On peut s'étonner que les observateurs ne relèvent pas plus l'étroite similitude entre la pratique du déficit budgétaire à répétition et ces techniques frauduleuses.

Dès lors qu'il devient une pratique récurrente, développée allègrement en alternance par les deux partis majoritaires, le déficit budgétaire prend l'allure d'une drogue hallucinatoire travestissant la réalité de la richesse nationale.

Le pouvoir exorbitant - attribut du politique - de lever l'impôt et d'allouer les dépenses n'est plus maîtrisé à droite comme à gauche, depuis des décennies. Il doit donc être contrôlé par un autre truchement que celui de la représentation nationale. Puisque celle-ci a faillit je suis partisan d'une inscription du principe de l'équilibre budgétaire dans la Constitution ainsi que d'un cadrage parallèle par les instances européennes.

Le système de retraite par répartition présente aussi bien des similitudes techniques avec la chaîne de Ponzi. La différence est qu'en l'espèce le mécanisme est transparent. Mais ce sont bien avec les cotisations d'une génération que l'on rémunère la génération précédente. Ce principe est sain dès lors que les paramètres de l'équation de départ ne changent pas. Ce fameux "contrat entre les générations" est acceptable dès lors que rien ne vient gripper le système et répandre le doute sur sa pérennité. Nous y sommes.

Car ne nous y trompons pas, la réforme envisagée - comme la contre-proposition du PS - ne sert qu'à sauver le système (et donc les pensions) à court et moyen terme. Mais elle ne résout en rien la question pour les jeunes presque trentenaires qui aujourd'hui valsent de stages en contrats précaires, intérimaires, intermittents, auto-entrepreneurs... Comment cette génération à la carrière hachée parviendra-t-elle à accumuler suffisamment de droits sans une nouvelle réforme. Et que dire de la génération aujourd'hui encore scolarisée...

Il est tristement symptomatique de remarquer que les soutiens à la réforme des retraites sont principalement ...les retraités. Après moi le déluge.

 

 

 

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.