Le Tibet: Loin des yeux, loin du coeur

« Free Tibet! », «Free Tibet!”,«Free Tibet!” L’écho de slogans favorables à la cause Tibétaine résonne encore (très peu) à nos oreilles occidentales. Le dernier séjour du chef de l’Etat Chinois en France en fût un révélateur puissant. Les multiples liens que l’hexagone tente de construire avec la Chine font passer les revendications et le soutien à la cause Tibétaine au second plan.

Le Tibet : Loin des yeux, loin du cœur

« Free Tibet! », «Free Tibet!”,«Free Tibet!” L’écho de slogans favorables à la cause Tibétaine résonne encore (très peu) à nos oreilles occidentales. Le dernier séjour du chef de l’Etat Chinois en France en fût un révélateur puissant. Les multiples liens que l’hexagone tente de construire avec la Chine font passer les revendications et le soutien à la cause Tibétaine au second plan. Cette situation n’est d’ailleurs pas l’apanage de la France. Tous les pays qui souhaitent avoir des relations d’affaires avec Pékin savent qu’ils doivent faire profil bas sur cette question, que la Chine considère comme une question de politique intérieure.

Comme la récemment développé la revue The Diplomat, « la résistance à l’occupation chinoise se poursuit au Tibet, mais sa visibilité en Occident semble avoir nettement diminué depuis les années 1990 ». Deuxième fournisseur et septième client de la France, l’Empire du Milieu accroît petit à petit sa capacité d’influence sur notre politique extérieure. La vente de 300 Airbus à l’entreprise China Aviation Supplies pour un montant de 32 milliards d’euros justifie notre discrétion sur la question du Tibet et plus globalement sur les droits de l’homme en Chine. La leçon de 2008, "annus horribilis" pour les relations franco-chinoise, marque un tournant : Moins de politique et plus d’économie. Quitte à mettre son mouchoir dans sa poche et a laissé les Tibétains seuls face à la politique intégrationniste Chinoise.

Dépeint comme un « dangereux séparatiste » par la République Populaire de Chine, le Dalaï Lama s’est retiré de la vie politique active depuis 2011 et n’a plus été invité à une rencontre officielle avec un Chef d’Etat en exercice depuis 2016. Soixante après l’exil de 1959, la question Tibétaine n’est donc plus une priorité pour les chancelleries occidentales, mis à part une initiative du Président Trump intitulé « Reciprocal Access to Tibet Act » peu avant Noël 2018.

A l’heure où la santé du Dalaï Lama décline, où plusieurs membres actifs de la cause Tibétaine disparaissent (du fait du temps qui passe), il est bon de rappeler que depuis dix ans au moins 155 Tibétains se sont immolés afin de protester contre la présence chinoise au Tibet. Ces actes de désespoir ne peuvent nous laisse indifférents. La Chine est un grand pays avec qui nous devons construire des relations d’amitiés et de proximités. Cependant, les amis doivent pouvoir se parler franchement sur des dossiers importants. La défense des droits de l’homme et plus spécifiquement le sort des Tibétains et des Ouighours  ne doivent pas être sacrifiés sur l’autel de l’argent-roi.

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