Nouvelles Routes de la Soie : Un piège pour l’Europe ?

Au-delà d’une visite de courtoisie (peut-être pour son excursion dans la principauté de Monaco) le voyage de Xi Jinping en Europe fin mars (Italie et France) marque l’intérêt de la Chine pour la vieille Europe...

Nouvelles Routes de la Soie : Un piège pour l’Europe ?

Au-delà d’une visite de courtoisie (peut-être pour son excursion dans la principauté de Monaco) le voyage de Xi Jinping en Europe fin mars (Italie et France) marque l’intérêt de la Chine pour la vieille Europe. Le contexte de cette visite (Brexit, division entre pays membre de l’UE et guerre commerciale USA-Chine) doit aussi se comprendre comme la volonté d’accélérer le développement de la stratégie chinoise de nouvelles routes de la soie (Belt and Road Initiative). Jouant habilement sur les tensions actuelles entre la France et l’Italie, l’empire du Milieu avance ses cartes en Europe. L’Italie devient ainsi le premier pays « significatif » en Europe à s’associer officiellement aux projets Chinois.

Loin d’être neutre, cette décision unilatérale de Rome interroge sur la capacité de coordination et de réponses communes des pays membres de l’UE. En effet, la BRI n'inquiète pas tous les Européens. Tout semble opposer les 27 : la Suède qui accepte de recevoir sur son sol des réfugiés ouïghours, l'Allemagne qui se montre méfiante à l'égard des acquisitions chinoises dans des secteurs clefs, la France et ses signaux contradictoires, le Portugal prêt à céder le contrôle de son électricité… Et les pays d'Europe centrale et orientale (PECO) qui acceptent d’ors et déjà des projets d’investissements et qui engagent un dialogue stratégique. Cette incroyable cacophonie permet à la Chine d’envisager des accords bilatéraux favorables à ses intérêts géopolitiques.  Loin d’un projet uniquement destiné à développer les capacités de transports et des flux de marchandises (avec des conséquences notables sur l’environnement), les nouvelles routes de la soie démontrent surtout la puissance et l’ambition Chinoise. Il s’agit de rester vigilant sur les objectifs réels de la Chine en se dotant collectivement d’une réelle capacité de réflexion commune au sein de l’Union Européenne.

Espérons que la campagne des européennes puisse être l’occasion de tels échanges en vue de la création d’un centre Européen de Réflexion Stratégique. Seule des réponses communes (et non pas unique) peuvent nous permettre de faire face aux défis que nous posent actuellement les USA et la Chine.

 

 

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