Armada Chinoise en mar de Chine du Sud

Armada Chinoise en mer de Chine du sud.

 

Le secrétaire générale du Parti Communiste Chinois, Président de l’État et Chef de l’Armée Populaire, est apparu jeudi dernier sur le fronton d’un navire de guerre en mer de Chine du Sud. Sa déclaration et son allure Martial (habillé en treillis) inquiète de nombreuses chancelleries en Asie comme dans le monde entier.

Selon Xi Jinping, le « besoin d’édifier une marine forte n’a jamais été aussi pressant qu’aujourd’hui ». A la tête d’une armada composée de 48 navires et sous-marins dont un porte- avions, de 76 avions et 10 000 membres des forces navales, le dirigeant de l’Empire du Milieu ne cache plus ses ambitions. Six siècles après la fin des expéditions maritimes et le repli intérieur orchestrée par la dynastie Ming, la Chine renoue avec l’esprit de Zheng He, eunuque d’origine musulmane ayant construit la plus grande flotte du monde au XV ème siècle.

Pour rivaliser avec les États-Unis, la deuxième économie mondiale se doit d’être une puissance navale. Engagée au pas de charge dans une modernisation de sa flotte, un ambitieux programme de construction de navires militaires et de sous-marins devrait bientôt combler le retard avec les États-Unis. L’objectif, pour les dirigeant Chinois, est d’instaurer dans les années à venir sa domination régionale sur la mer de Chine du Sud.

Cette ambition, la Chine n’en fait plus mystère. La colonisation et la construction d’îlots artificiels participent de cette stratégie de quadrillage. Le développement de bases maritimes dans un plus large périmètre confirme cette volonté de Pékin d’accroître son influence sur la région. Des pays comme Djibouti, le Pakistan ou le Sri Lanka accueillent déjà de telles bases. L’Australie s’inquiète d’un possible accord de même type avec Tuvalu, une île du Pacifique Sud.

Mercredi prochain, cette force navale participera entre 8h00 et minuit à des manœuvres à balles réelles dans le détroit de Formose. Déjà, Taïwan se dit prêt à riposter en cas d’incidents ou même d’attaques. Les tensions vont se multiplier d’ici au milieu de la semaine prochaine. Simple gesticulation de puissance ou opération de planification en vue de préparer l’invasion de Taïwan, l’avenir nous le dira. Dans tous les cas, nous devons être prêt à faire face à une crise majeure dans cette région dans les années à venir.


Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.