Pacte de Marrakech: Une incontestable réussite

Pacte de Marrakech

La polémique sur l’adoption du Pacte Mondial sur les Migrations s’explique avant tout par un refus idéologique de certains pays pour toute forme de coopération. En tête de gondole de cette fronde, nous trouvons les États-Unis de Trump. Premier pays à s’être retiré d’un processus qui jusque là n’avait pas créé de polémique, il fût suivi par l’Australie, Israël, la République Tchèque, la Hongrie, la Croatie, la Slovaquie, l’Estonie et l’Autriche. L’Italie s’apprêterait aussi à annoncer son retrait du Pacte dit de Marrakech. Ce Pacte menacerait-il la souveraineté des États quant à leur capacité à maîtriser les flux migratoires ? Serait-il, comme certains le laisse penser, une arme Onusienne afin d’obliger les États à accueillir des millions de migrants ?

Bien sûr que non. A contrario, il s’agit d’un processus que l’on pourrait qualifier de modèle de coopération internationale. En effet, à la suite de nombreux travaux engagés par l’ONU afin de favoriser une approche globale des flux migratoires (Conférence du Caire en 1994, initiatives du regretté ex-secrétaire Générale des Nations Unies Kofi Annan en 2003/2004) une décision importante fût prise : Création d’un Groupe Mondial sur les Migrations ainsi que l’organisation de Forums annuels sur les migrations.

Issue de ces différents travaux et initiatives, le Pacte Mondial sur les Migrations s’appuie sur des mois de consultation associant tout un panel d’intervenants (Chercheurs, Experts de la société Civile, ONG…) avant d’ouvrir une phase de négociation diplomatique afin que les États puissent en discuter avant d’en approuver le contenu. Pour la première fois peut-être, le Pacte aborde les questions dans ses différents dimensions : économiques, politiques, culturelles, géopolitiques, sociales, humaines...et encourage la « Communauté Internationale » à garantir à chacun la possibilité de vivre dignement dans son pays (Investir dans les secteurs comme le Travail, la Santé, l’Éducation).

Aucune obligation juridique contraignante à l’encontre des États signataires n’existent dans le Pacte de Marrakech. Les droits souverains des États sont même rappelés. Le texte ne fait mention nul part d’un Droit à la mobilité ou à être accueilli (ce que le Mouvement des Progressistes (MdP) regrette par ailleurs). Rien donc qui puisse donner des arguments en faveur d’un grand remplacement ou d’une invasion en préparation.

En conclusion, les Progressistes du MdP se félicitent de l’adoption par 155 pays du Pacte Mondial « pour une immigration sûres, ordonnées et régulières ». Bien que perfectible, ce texte pose les bases de discussions futures. Face aux crises actuelles (Guerres, Inégalités, Faim, Épidémies, Santé…) et à venir (Crises Environnementales), l’embryon d’ordre international que constitue le Pacte de Marrakech devrait nous réjouir au lieu de nous diviser.

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