Tunisie : Discours du Président intérimaire rassurant et prometteur pour les rcdistes et tournant le dos aux martyrs.

La veille de la première célébration de la fête du travail, après la révolution du 14 janvier, M. Mobazaâ président intérimaire vient de prononcé un discours à l’adresse des « tunisiens ». Par ce discours, il s’est montré rassurant et prometteur envers les rcdistes, tout en ignorant les martyrs et les victimes tombés à l’occasion des évènements douloureux qui ont accompagné la révolution.

En effet, M. Mobazaâ à longuement insisté sur « la réconciliation et le consensus nationaux », ainsi que sur « le besoin de la Tunisie de tous ces enfants », allusion sans équivoque à la non-exclusion des rcdistes de se porter candidats à l’assemblée constituante prévue pour le 24 juillet, au moment même où un bras de fer dure depuis quinze jours entre le premier ministre et la haute commission chargé d’élaborer un nouveau code électoral, dans lequel cette dernière à prévu une exclusion totale de la candidature des ex-membres du rcd (parti au pouvoir depuis sa création par ben ali, suite au coups d’Etat qu’il a mené en 1987 et dissout par un jugement après la révolution ).

Cependant, lors dudit discours, M. Mobazaâ n’a pas prononcé un seul mot, ni envers les martyrs, ni sur le jugement des responsables de crimes ou de corruption. Par contre, l’appel à la reprise de « la machine infernale du tourisme » n’a pas été omis de ce discours.

De surcroît, comment M.Mobazaâ peut oublier, aujourd’hui, les incidents et évasions de prisonniers survenus hier dans au moins trois (3) prisons et même temps, avec la complicité des responsables pénitenciers cherchant à déstabiliser le pays ; le silence sur de tels actes et sur les responsabilités y relatives et plus que troublant, surtout que la semaine écoulée a connu des manifestations dans plusieurs villes -Tunis, Monastir, Sfax, Siliana...- contre l'action du gouvernemnt de M. Béji Caïd Sebssi, premier ministre, les pression exercées sur les magistrats chargés des affaires de crimes et de corruption commises par les serviteurs de ben ali (ministres, conseilliers, membres du rcd, policiers...).

Voilà que pour un président d’une nation, le tourisme est plus important que les martyrs, la réconciliation passe avant le jugement des criminels et des pilleurs des richesses publiques et que le souci majeur est la réhabilitation, voir même la promotion professionnelle constatées, des membres du rcd, responsables de la totalité des malheurs de la Tunisie ; Une manière distinguée pour instaurer une paix sociale et garantir la liberté et la dignité pour lesquelles le sang tunisien à coulé !

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