Au Maroc, les violences contre les migrants subsahariens continuent

Au Maroc, la répression contre les migrants subsahariens ne connaît pas de trêve depuis l’été. Le 22 novembre, dans les banlieues de Rabat, les forces de police sont intervenues à  4 heures du matin pour arrêter des migrants à leur domicile, forçant leurs portes et les arrachant à leur sommeil.

Au Maroc, la répression contre les migrants subsahariens ne connaît pas de trêve depuis l’été. Le 22 novembre, dans les banlieues de Rabat, les forces de police sont intervenues à  4 heures du matin pour arrêter des migrants à leur domicile, forçant leurs portes et les arrachant à leur sommeil. Elles s’en sont pris également aux migrants qui, tôt le matin, cherchent du travail aux alentours des grands boulevards. Les violences  se sont poursuivies jusqu’au soir  et, en particulier, c’est à une véritable chasse aux migrants que s’est livrée la police, toute la journée, dans les ruelles du quartier de Takadoum.

Les personnes arrêtées lors de ces rafles : adultes, mineurs, malades et femmes enceintes, clandestins ou réfugiés détenteurs de titres de séjour, sont conduites à Oujda pour être refoulées collectivement à la frontière algérienne. Environ  2OO personnes auraient été arrêtées dans la journée du 22.

Après avoir franchi la frontière, les migrants sont la plupart du temps contraints par les forces de police algériennes, qui leur font subir toutes sortes d’exactions, à repasser la frontière, de nuit, pour retourner au Maroc. Ils courront ainsi le risque d’une nouvelle arrestation. Certains migrants sont plusieurs fois victimes de ce jeu de ping-pong.

Dans ce climat d’insécurité qui  leur rend la vie impossible, de nombreux migrants demandent à l’OIM à être rapatriés dans leur pays, mais l’organisme ne peut répondre à l’afflux des demandes. Plusieurs  d’entre eux ont préféré repartir dans leur pays par leurs propres moyens, traverser le Sahara comme à l’aller, au risque de courir de grands dangers, et les associations sont actuellement inquiètes d’être sans nouvelles de groupes qui sont partis depuis le début du mois de novembre.

Cette répression  est menée dans un climat général de racisme,  entretenu par certains medias et par les déclarations de certains hommes politiques.

                                                                                      

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.