Les droits de l’homme ne riment pas avec des enfants en centres de rétention

 Aujourd’hui, 10 décembre, c’est la journée internationale des droits de l’homme. Le bureau de l’ONU s’est saisi de cette journée pour lancer une campagne « Défendez les droits de quelqu’un aujourd’hui ! » afin de faire vivre toujours plus fortement le message essentiel de la déclaration universelle des droits de l’homme : « la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde ».

Je saisis cette occasion pour rappeler que l’enfermement des enfants étrangers en centre de rétention comme c’est encore le cas, hélas, en France est tout simplement inacceptable comme l’avait rappelé la CEDH (Cour européenne des droits de l’homme) en juin dernier.  

Loin de l’engagement d’y mettre fin  pris en 2012 par François Hollande, le nombre de familles placées en centre de rétention a fortement augmenté en 2015 : 52 familles parmi lesquelles105 enfants ont été placées dans les CRA de métropole, soit plus du double des chiffres de 2014 (24 familles et 45 enfants).

Suite à cette condamnation de la France par la CEDH, aux côtés de Pouria AMIRSHAHI, député de la 9ème circonscription des Français établis hors de France, Axel KAHN, médecin généticien et essayiste, Patrick CHAMOISEAU, écrivain,  Brigitte TREGOUET, médecin, Présidente de La Cimade 85,  Marie-Noëlle LIENEMANN, sénatrice de Paris, Barbara ROMAGNAN, députée du Doubs, Christian SALMON, essayiste ; Julien BAYOU, porte-parole d’EELV ; Michelle BIRE, Présidente de la section LDH de la Roche-sur-Yon, Ian BROSSAT , PCF, adjoint à la mairie de Paris, Christian PAUL, député de la Nièvre, rejoints par des milliers de citoyens nous lancions un appel diffusé par Politis.

Loin d’améliorer cette situation, un  décret permet désormais de placer les familles et enfants en LRA (locaux de rétention administrative) « La loi du 7 mars 2016 [relative aux droit des étrangers en France] que le décret vient compléter avait déjà légalisé l’enfermement d’enfants sous prétexte de l’encadrer mais se contentait de mentionner des lieux de rétention », a ainsi expliqué David Rohi, de la Cimade les conditions de rétention en LRA sont encore plus difficiles que dans les CRA. « C’est quasiment impossible pour les étrangers d’avoir accès à une aide associative, juridique ou médicale », a ainsi dénoncé M. Rohi dans les colonnes du journal Le Monde.

En ce jour, je vous appelle à signer massivement notre appel : https://www.change.org/p/stop-au-placement-d-enfants-en-centre-de-r%C3%A9tention-administrative

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