Dieu(x) , plastqiue, lumière

Dieu est partout au Ghana ; je ne sais si quelqu’un tient une liste des églises chrétiennes en activité ici mais c’est impressionnant ; le bord des rues et des routes est occupé par des panneaux indiquant leur nom, avec, souvent, la photo du prêcheur ; « Church of the true holy bible », « Wesleyan cathedral », « Pentecotist church » « living light christmas centre »…. Le sud est majoritairement chrétien, le nord musulman ; mais il y a des mosquées au sud et des églises au nord.
Lors des visites des châteaux ou forts, souvent, le guide ouvre ou conclue son propos en invoquant la protection de Dieu et c’est souvent ainsi également dans les conversations privées.
Des TV sont consacrées à des chants-plutôt agréables les clips des chanteurs et chanteuses, assez swinguants et des prêches, Nhyira par exemple.
Les enseignes des magasins et les bandes collées sur les pare-brise y font aussi beaucoup référence.
Lisant sur une boutique « Go dis good », j’ai d’abord traduit par » Dieu est une marchandise » avant de penser qu’il s’agissait peut-être plutôt du sens « Dieu est bon « !
Le soir du 31 décembre, tous les lieux de culte environnant notre hôtel étaient emplis de fidèles jouant de la musique et chantant pendant des heures (pas très juste dans l’ensemble) ce fut un beau brouhaha jusqu’à presque 2 h du matin.
Le Ghana est une république avec une démocratie constitutionnelle mais est-elle laïque ? A vérifier.
Une autre denrée aussi présente que Dieu (x) au Ghana, c’est le sachet plastique : quel que soit l’achat effectué, 3-4 bananes, un pain, une série d’assiettes, quel que soit le lieu où il s’effectue, échoppe ou super marché (si l’on peut dire car, en ville, il y a une chaine Melcom qui a quelques succursales et à la périphérie des villes, je n’en ai pas vu) on a droit à un sachet. L’eau minérale s’achète soit en bouteilles (1/2 l ou 1,5l) soit en sachets dont on déchire un coin avec les dents pour boire ou se rafraichir…..et on balance l’emballage par terre ; dans les gares routières le sol est jonché de sachets d’eau (transparents) ou de sachets d’emballages noirs.
Question : Dieu(x ) ne pourrait-il pas expliquer à ses cohortes de fidèles que, pour préserver le pays propre ( ce que demandent de nombreux panneaux) un première étape serait de jeter les déchets dans les poubelles ?
Le climat ici est chaud, donc on est souvent dehors. Les ghanéens comme les burkinabes aiment les grands espaces parsemés de paillotes, sortes de jardins avec des tables à l’abri ou à l’air libre où on peut manger, boire, parler…sans qu’on vous force à consommer. L’éclairage y est très parcimonieux ; on devine ce qu’on a dans l’assiette car il y a quelques rares lampadaires de jardin, souvent avec des lumières bleues ; ce qui n’est pas économisé, en revanche, ce sont les décibels : quand il y a de la musique, elle est diffusée par des baffles énormes, le volume est poussé au maximum et les basses sont sursaturées. A l’intérieur, l’éclairage est souvent faible aussi ; économie d’énergie ?
Je me répète, sans doute : je suis toujours agréablement perturbée par la conscience que la normalité n’a de valeur que locale … voyager c’est remettre en perspective toutes mes notions quotidiennes, et, parfois, c’est terriblement fatiguant, stimulant, excitant…et fatiguant.

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