Colère d'une grand-mère

Pourquoi un enfant ne peut il choisir entre ses deux parents ? La législation est claire ce n'est pas l'enfant qui choisit sa résidence en cas de divorce bien qu'il puisse être entendu par le juge. Est ce si légitime qu'il y paraît ?

Percutée violemment par une histoire personnelle que je ne raconterai pas ici, j'éprouve un vif besoin de m'exprimer histoire de tenter une construction après ou malgré la catastrophe.

Quelques faits : voici un père ordinaire.. Il oblige ses enfants à écouter ses longs discours moralisateurs à TOUT lui raconter à ne jamais pleurer à ne jamais réclamer leur mère à se déclarer toujours les enfants d'un merveilleux papa même s'ils sont tristes, fatigués ou manquant d'enthousiasme.

À la moindre faiblesse, oubli, maladresse il se régale de sarcasmes voire il menace : "plus jamais je ne t'aiderais" sur un ton grandiloquent qui fait écrouler en pleurs l'enfant en face de lui. On peut être puni parce qu'on a malheureusement attrapé la gale et bien que le traitement dûment administré ait enrayé la contagion. On peut avoir une scène de plus d'une demi-heure parce qu'on a laissé tomber malencontreusement de sa bouche un tout petit bonbon. On peut être violemment éloigné et isolé à 18 mois parce qu'on n'a pas compris quelque chose.

On doit en grandissant être excellent partout. On doit aimer le sport. On doit supporter les propos malveillants sur sa mère. On peut être félicitée parce qu'on est précoce mais de l'hypersensibilité afférente pas question d'en tenir compte. Il arrive qu'on doive rester debout quand papa parle surtout de maman.

Ces quelques exemples parmi d'autres pourraient s'appliquer à de nombreux parents. Ils ne justifient pas le recours aux services sociaux. Si vous avez la malchance d' être enfant de ce parent là vous vous en tirerez avec des bleus au cœur et une grosse bosse remplie de haine mais vous ne serez pas pire qu'un autre. Vous deviendrez peut être un champion de la défense de l'enfance en danger.

Mais si vous êtes l'ado de ce parent là comment pouvez vous accepter que l'on vous oblige à passer des heures avec votre pénible géniteur au prétexte de "maintenir le lien" ? Comment allez vous tenir pendant les huit heures de maltraitance imposée deux fois par mois ? Quel sera votre recours ?

 

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