Votre choix 2017 : Marine ou Nicolas …

Ce n'est plus une simple hypothèse pour faire peur mais une probabilité annoncée par un sondage récent : marine le Pen à 26%, Sarkozy à 25, Hollande ou Valls à 17 …On peut bien sûr se boucher yeux et oreilles en intensifiant le Hollande-Valls bashing (kinouzaconduila), continuer à réclamer la lutte finale contre la finance (ceténemikinapadevisage), brandir tous les totems et invoquer les mânes de Jaurès (konassassinunesecondefoi) … Mais puisqu'on y va droit, puisque une grande fraction des masses populaires adule Marine au lieu de se mélenchonniser à outrance,  on pourrait penser à une remise en question des postures actuelles, quitte à se lancer dans le révisionnisme, cette horreur …

Ce n'est plus une simple hypothèse pour faire peur mais une probabilité annoncée par un sondage récent : marine le Pen à 26%, Sarkozy à 25, Hollande ou Valls à 17 …On peut bien sûr se boucher yeux et oreilles en intensifiant le Hollande-Valls bashing (kinouzaconduila), continuer à réclamer la lutte finale contre la finance (ceténemikinapadevisage), brandir tous les totems et invoquer les mânes de Jaurès (konassassinunesecondefoi) … Mais puisqu'on y va droit, puisque une grande fraction des masses populaires adule Marine au lieu de se mélenchonniser à outrance,  on pourrait penser à une remise en question des postures actuelles, quitte à se lancer dans le révisionnisme, cette horreur …

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Le socialisme de l'offre, pierre au cou ou dernière bouée ?

Sont-ils tellement sûr d'eux tous ceux qui à gauche réclament "un changement de politique" qui consisterait pour l'essentiel à s'attaquer bille en tête à la finance afin de distribuer massivement du pouvoir d'achat ? Quand on questionne l'histoire économique et les théories économiques on reste singulièrement dubitatif. Effets positifs à très court terme pour les bénéficiaires sûrement et au-delà on nous promet généralement une explosion de la dette, des déficits, des taux des emprunts, pour ne retenir que les désagréments les plus probables suivis d'un retour de la rigueur type 1983. L'honnêteté intellectuelle et les risques encourus par ceux auxquels ont est censé faire du bien incitent à renoncer à cette voie. Reste à savoir si, ce faisant, on quitte un socialisme "canal historique" dont on signerait du même coup la défaite idéologique. Quoi qu'il en soit on se retrouvera –illico- au mieux "révisionniste", au pire "social-traitre". Alors la question est : faut-il laisser une chance au "socialisme de l'offre" ?

Critique objective ou vindicte subjective ?

Ceux qui pensent que la formule est un oxymore arrêteront leur lecture ici. J'essaierai de les retenir un court instant en leur proposant de revenir aux fondements les plus larges des diverses socialistes qui sont de promouvoir une organisation sociale et économique tendant vers plus de justice. Toutes visent l'égalité sociale, ou du moins une réduction progressive des inégalités. Il est difficile à ces titres d'exclure du champ les doctrines qui prétendent obtenir ces résultats au moyen d'une politique s'appuyant sur un développement de l'offre privée et ceci d'autant plus que certaines d'entre elles ont obtenu des résultats, discutables certes (principalement quant aux moyens mis en œuvre) mais bien réels. Sa mise en œuvre par le gouvernement actuel est une nouveauté qui heurte une tradition bien établie et s'exprime inévitablement sous les accusations de "cadeaux faits aux patrons" ou "tapis rouge déroulé sous les pieds des riches". La critique objective est noyée sous les flots d'une vindicte subjective dont mediapart notamment s'est fait une spécialité : dénonciations de la trahison des attentes, mise en lumière ostentatoire de contradictions avec les "promesses" (plus ou moins inférées à partir des discours de campagne), dérision, catastrophisme systématique … Rien ne trouve grâce aux yeux des censeurs et si, par extraordinaire, on est contraint de dire un peu de bien, c'est pour justifier tout le mal que l'on peut dire par ailleurs. On dira à bon droit que c'est là juste le jeu de la démocratie mais encore faudrait-il ne pas oublier les conséquences pratiques de ces vindictes cultivées, conséquences que le sondage précité met sous nos yeux. Alors en 2017, vous, la gauche totémique et vindicative, vous voterez Marine ou Nicolas ?

La signification, c'est la conséquence pratique !

Evidemment ce choix abominable, renforcera les certitudes des détracteurs qui s'écriront "on vous l'avait bien dit!" oubliant évidemment la part qu'ils auront prise dans son avènement. Leur bonne conscience assurée ils retrouveront la confortable position d'opposants de "gauche" et rallumeront les bougies au pied de leurs icônes tutélaires. Mais quelle vie pour les classes populaires et moyenne ? Les verrous de la résistance au social-libéralisme "hollandais" tiendront-ils devant le social-nationalisme "mariniste" ou la droite forte revanchiste sarkozyste ? N'aurait-il pas mieux valu lâcher un peu pour ne pas tout perdre ? La presse de gauche pourra philosopher à l'infini en réponse à ces questions.

Mais à ces ratiocinations à venir - peut-être - je me permettrai d'opposer – déjà – les certitudes du pragmatisme radical :

la signification des idées que vous avez en tête est dans les conséquences pratiques que vos idées produisent lorsque vous les mettez en application. Quoi que l'on pense de ce sondage, il est un effet pratique dont vous êtes au moins partiellement mais pas qu'un peu, responsables. Tout cela pour avoir cédé à la vindicte plutôt qu'à la critique objective.

Si vous ne changez rien, ce qui se produira, c'est ce que vous aurez voulu : Marine ou Nicolas !

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