Marion Maréchal Le Pen travaillera-t-elle avec le tyran Sassou Nguesso

Depuis l’entre-deux-tours des dernières élections régionales en décembre 2015, la suspicion était grande d’un rapprochement entre la petite-fille de Jean-Marie Le Pen et le dictateur Denis Sassou Nguesso, surnommé « Hitler » par un grand nombre de Congolais.

 

L’autocrate congolais, au travers de ses nervis financiers, avait essayé de peser sur le résultat définitif de ces élections en promettant d’investir au moins 3 milliards d’euros, en région PACA, en cas de victoire de Marion Maréchal-Le Pen, tête de liste frontiste. Avec la plus grande légèreté, la très jeune candidate n’avait pas hésité à reprendre ces arguments dans un débat télévisé et sur sa page Facebook. Aussitôt, il était apparu que cette offre provenait de réseaux financiers contrôlés par des hommes de l’usurpateur congolais, Willy Etoka et Innocent Dimi, en liaison avec Samuel Maréchal, le père de Marion.

 

Aujourd’hui, la presse française, avec des pudeurs de Gazelle, avance l’hypothèse d’une reconversion de l’ex-députée FN dans le privé auprès de son père, en Côte d’Ivoire, le pays de son épouse Cécile Houphouët-Boigny. C’est occulter un peu rapidement les avantages dont Samuel Maréchal bénéficie au Congo Brazzaville, au travers de son Groupe Congo Capital Entreprises SA, qui était en charge d’un programme de privatisation de 46 entreprises publiques congolaises. L’ordonnateur, le tyran Sassou Nguesso, qui est au devant de la scène, depuis 40 années maintenant, a toujours cherché à peser sur les élections françaises. A l’école de son gendre Omar Bongo, qui était plus âgé que lui, le président congolais a appris à bien corrompre la classe politique française et européenne, sans oublier les Chefs d’Etat africains et les représentants des Eglises. Cette corruption tous azimuts aurait englouti une bonne partie des 30 milliards de dollars qui manquent, aujourd’hui, dans les comptes publiques congolais.

 

De Jacques Chirac, à peine élu à la Mairie de Paris en 1977, à François Hollande en fin de mandat présidentiel, directement ou au travers de relais intermédiaires, Sassou a toujours obtenu ce qu’il a voulu. A l’époque de Chirac à l’Elysée, il fut l’un des visiteurs les plus assidus du « Château ». En aidant l’un des candidats à se présenter à l’élection présidentielle de 2002, il contribua largement à l’élimination de Lionel Jospin dès le 1ertour. De Hollande, il reçut l’onction décisive de l’accord du référendum anticonstitutionnel d’octobre 2016. Brazzaville et Oyo, au Congo, sont réputés être La Mecque des pots de vins démesurés. Un million d’euros est une plaisanterie pour Sassou Nguesso. Des chefs d’Etats africains au travers de prêts bidon, pour la plupart jamais remboursés, lui ont extorqués plusieurs centaines de millions de dollars. En retour, le dictateur congolais a toujours rétribué largement les ordonnateurs de prêts, d’aides, de subventions et d’effacements de dettes qui lui étaient accordés ; 10% sur des milliards de dollars cela fait toujours beaucoup d’argent ! De la rétro-charité pour les initiés… !

 

Une Marion Maréchal-Le Pen, reconvertie dans les affaires au Congo Brazzaville de Sassou Nguesso, y fera rapidement une très solide fortune. Dans quatre années, elle annoncera son retour d’expatriation et, forte d’un patrimoine blanchi, elle lancera une OPA sur le parti créé par son grand-père. Scénario fiction ? Pas tant cela !

 

En 2022, l’argent congolais, volé et détourné par Denis Sassou Nguesso, décidera-t-il une fois encore du sort de la France ? La balle est dans le camp des démocrates et d’une classe politique moralisée, tant en France qu’au Congo. Ils doivent tout faire pour extirper ce cancer du progrès et du développement, en République du Congo et en Afrique, que sont Denis Sassou Nguesso et ses héritiers…

 

Rigobert OSSEBI

 

Diffusé le 11 mai 2017, par www.congo-liberty.com

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