Karine Franclet : les élus doivent être exemplaires

Je raconte une rencontre. Celle d'une femme située à droite, elle, et d'une autre localisée à gauche, moi. Je dis « localisée »car c'est bien souvent le regard des autres qui fait de vous ce que vous êtes. On vous attribue un lieu clos, de peur que vous occupiez l'espace. Les classements, les genres, les espèces, autant d'outils qui tendent à cerner, cercler, délimiter. Etiqueter rassure.

 

85025455-2599757896942275-3325759525671141376-n
Mais revenons à Karine Franclet, candidate rassemblant autour de son nom une « team » aux accents variés. Ils sont loin d'être tous encartés à l'UDI. Bien loin aussi d'être tous de droite. Ou encore de méchants capitalistes. Éclectisme des choix et conditions de vie, des professions. Les générations se croisent. Derrière cette diversité, nul discours identitaire. Bien au contraire ! Exemplarité des élus et rendre sa force à la loi, tel est le mot d'ordre du rassemblement mené par la jeune femme. Seule la loi peut assurer la sécurité des citoyens : la loi est la condition du lien social. Quand la loi est le fait d'un seul ou d'un groupe le tyran s'installe. Il y a une autre soumission que celle bien connue du tyran qui me retire la liberté. Celui qui adhère sans réfléchir aux discours en vogue se soumet à ses propres passions. Vendre du culturalisme différentialiste au nom d'un prétendu droit d'expression, crée les conditions de la soumission de la pensée à la « bonne conscience morale » qui n'a rien à voir avec la liberté morale. Rappeler le poids de la loi est bien moins séduisant que les discours de la bien-pensance. Cependant céder à la séduction d'un discours c'est s'endormir, ne plus réfléchir. Résister aux discours faciles, telle est la juste attitude...

Le premier changement qui s'impose est d'amener sur la place publique un autre discours, celui du commun. Rien à voir avec le culte des différences qui enferme chacun dans un territoire culturel.(Re) disons-le : le culte des différences installe et entretient durablement les frontières. La question des origines est un faux problème. Ou plutôt, elle en est la conséquence. On cherche ses origines, ses racines, sans se souvenir qu'Icare cherchait à s'envoler, à quitter le sol. Certes il s'est brûlé les ailes. Inattention qui lui coûta la vie. Il croyait qu'un homme peut voler. Ne pas avoir de racine ou de souche, c'est aussi marcher. Rodin, Giacometti ne cessent de sculpter cette marche en avant qui laisse toujours un pied en arrière pour stabiliser le corps. L'homme n'a pas d'ailes. Il doit chercher son équilibre dans un jeu des contraires. Cultiver les différences, c'est oublier que nous sommes en devenir. C'est oublier que les marqueurs sociaux et culturels sont des inventions humaines. Ainsi, fonder une politique municipale sur la bonne conscience c'est construire une maison dans du lisier.

Le métro a mis du temps à sortir de la vase qui fragilisait ses fondations. Il est encore en travaux... Une ville a besoin d'un bon architecte.Karine à toi de jouer.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.