Vivre la démocratie à Aubervilliers

Le Petit Prince dit : "raconte moi le conseil municipal du 4 décembre 2017 à Aubervilliers. Je ne le répéterai pas, sois en sûr!"

Quand un maire fatigué passe le relai à son adjointe, quoi de plus normal ? Attaché à la discussion, le premier avait du mal à décider. Un excès de démocratie en quelque sorte. Il faut dire que la ville d’Aubervilliers a de drôles d’élus, plus intéressés par leurs querelles internes que la construction d’un projet politique et encore moins de ville. En pleine mise en place du Grand Paris, on appelle à la rescousse des spécialistes de l’urbanisme. Mot magique qui en oublie jusqu’à l’habitant, tant celui-ci est bien peu de choses dans le monde des promoteurs. Ces derniers posent leurs conditions, rasent l’ancien bâti et de ce fait l’histoire de la ville. Ville parmi les plus pauvres et la plus chère en impôts locaux . Endettée – qui se souvient du fameux Métafort/Métaphore… qui croupit aujourd’hui et que l’on ne présente pas aux nouveaux arrivants  ?…

 

La Mairie

Quelque part en ville © Maryse EMEL Quelque part en ville © Maryse EMEL
 reproche à un café culturel de la ville, le Grand Bouillon d’être endetté et on l’expulse des lieux. Certes, raisonnement imparable, quand on ne paie pas son loyer. Sauf que… il y a un rapport dont Madame la maire, remplaçante de son état, et élue par voie de conséquence de la transmission du témoin par un maire en titre, semble n’avoir pas reçu  sur l’état des finances de certaines associations de la ville. Il est vrai qu’il y a des dossiers sensibles. Le voilà ce dossier : il émane de la Cour des comptes. Il a été publié avec ses conclusions en 2016 : https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/EzPublish/Aubervilliers_IFR_2017-14_r--ponse.pdf

Il y est écrit que quelques associations vivent de fortes subventions et ne font pas part, comme ce devrait être le cas, de l'état de le leur budget. Qui sont-elles?Il suffit de lire le rapport, et surtout à la fin les promesses engagées par la Maire. Elle s’engage à résoudre les problèmes soulevés en 2017.. Où en sommes-nous ?

Pour l’instant elle s’affirme et rappelle qu’elle est gardienne de la loi. Certes. Mais nous sommes dans une démocratie. Et là je souligne ce qui ressort du Conseil Municipal Public du 4 décembre 2017 :

 

- des discours contradictoires et une non concertation avec son Premier Adjoint. Il suffit de lire qu’un jour elle s’engage à discuter avec l’association qui est responsable du Café culturel.Un autre jour, elle annonce l’expulsion. Les lieux sont donc vidés

- elle lance un appel à projet pour mettre en place un autre café culturel. En termes d’économie, étrange.

- elle fait taire la manifestation, qui brandit pacifiquement des panneau évoquant non sans ironie la dette de la ville.

- elle monopolise la parole, oubliant la fonction des autres élus

- elle parle de bruit et invoque des témoins dont elle taira l’identité. Aurait-on affaire à des barbares qui confondent culture et brutalité ?

- elle se transforme en Maire moralisatrice, et rappelle le sens de la loi.

 

Ce qu’elle a seulement oublié, c’est ses propre silences et pour cela il faut lire ce rapport. Voitures de fonction, appartements de fonction… vous saurez tout. Pour ce rapport il n’y eut pas de conseil municipal ouvert  au débat public.

Ce qu’elle a oublié c’est qu’elle représente les citoyens.

La libre parole citoyenne a toujours été un rempart… contre les abus.

Aubervilliers n’est pas qu’une annexe du Grand Paris.

Les citoyens ont droit de dire leurs choix.

Ce soir du 4 décembre 2017, Madame la Maire, avait décidé d’en découdre avec la culture.

A défaut de construire un projet de ville, elle s’en remettait à l’urbanisme

A défaut de parler avec les citoyens, elle imposait sa vision des choses par un « je » répétitif qui avait laissé aux oubliettes ce « nous » collectif d’un parti qu’elle représente. Ce nous aussi de citoyens qu’elle ramenait au stade Infantile.

Les conclusions s’imposent.

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