A Aubervilliers, portraits de... le matelas de la Belle aux Bois dormant

Ne pas s'en laisser conter...

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Le projet de métro, Paris Grand Express, ligne 15, passe par Aubervilliers. Sans pitié les arbres sont soufflés. Les espaces verts de la ville sont bétonnés, remplacés par les souffleries du métro du côté du quartier de la Maladrerie. L’organisation mondiale de la santé (OMS) préconise 10 m2 d'espaces verts par habitant, alors qu’Aubervilliers n'en a que 1,3 m2. Le prolongement de la ligne 12 est déjà catastrophique. Plus d'une dizaine d'années que la ville est un véritable chantier. Les promoteurs exploitent la moindre parcelle, collant les murs des nouvelles co-propriétés aux maisons individuelles qui n'ont pas le choix. 

La Maire a promis le dérisoire nombre de 500 plants d'arbres. Certaines rues sont plongées dans l'obscurité, les bâtiments se faisant face, sans aucune plantation possible : ni arbre ni plate-bande. On préfère construire la barre du Grand Paris.

Du côté de la ligne 15 une voirie pour dégager les grabats à l'aide de poids lourds est prévue. Pour cela on rasera un jardin. On défoncera tout une fois de plus, laissant le champ libre au rats. On n'en parle pas assez. Les rats sont un véritable fléau. Au Centre ville, dans l'un des rares espaces verts qui demeure en état, il est fréquent de se retrouver face à ces bêtes de l'ombre, bien charnues. Un chat n'y résisterait pas.

Constructions faites dans l'urgence, habitants non associés aux choix urbains, politique municipale qui ne tient pas compte des PMR (Personnes à Mobilité Réduite), la ville redevient un grenier à blé, mais pas au sens maraîcher du XIXe s.

Un conte résume cette histoire :

Le rouet de la fortune

La Belle aux Bois Dormants dans la cour du château se délassait. De quoi ? De son oisiveté sans doute. Puis vous connaissez la suite : au rouet elle se piqua. C’était alors le début du syndicalisme. La femme au rouet avait demandé une augmentation de salaire, compte-tenu de la plus-valu et des années d’exploitation de sa personne. Ne comprenant rien au discours de l’économie keynésienne, le roi et la reine avaient tenté de l’amadouer en partageant le gâteau. Elle était allergique à la farine de blé. Elle se vengea avec son rouet et la belle princesse, leur fille, s’endormit sur son beau lit fiscal. Ce que l’on sait moins, c’est qu’un Prince charmant, peut-être le mari de Blanche Neige occupée par ses pépins, s’était perdu dans la forêt – la psychanalyse je la laisse à Bettelheim. Il ne faisait pas partie non plus de l'équipage de Cendrillon, vous savez ces rats musqués... Bref il s’était égaré. Il découvrit alors la belle endormie. Il vit le lit. Son meilleur ami s’occupait de redresser les comptes (ou les contes ? ) de la ville. C’est pour cela qu’il l’embrassa, c’est à dire la prit dans ses bras, non pour lui faire la cour mais pour l’emmener de ce pas à la cour des contes ou des comptes, comme vous voulez ! Et là on lui fit un sort. Depuis elle veille au grain, et lit Piketty.

   

 

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