A Aubervilliers, portraits de...la démocratie des laquais

Au nom de la liberté

etienne-de-la-boetie
Pas facile d'être de gauche et communiste et de faire face en tant que maire à la liberté d'expression d'un collectif de parents en colère ! Surtout et là est le drame pour Madame la Maire sortante, d'habitude les précautions sont prises. Se prémunir contre toute intervention intempestive des citoyens en leur accordant une parole sous contrôle... mais en leur faisant croire que c'est une chance que de figurer parmi les élus, c'est là un point essentiel d'une propagande – je ne dirai pas communication- bien rôdée. Je m'explique car il y a des arguties qui valent la peine qu'on les présente lentement, tant on croit qu'on vit dans un autre temps, une autre époque. Je ne dénoncerai personne, seulement une pratique qui en d'autres temps et d'autres lieux valurent à ses victimes de ne plus pouvoir s'exprimer du tout.

Premier souvenir évocateur. Une réunion de quartier où à peine entré dans la salle vous savez que cela va mal se passer. Le quartier vous découvrez très vite qu'il est gouverné par une sorte de dinosaure local qui ayant raté sa carrière de baryton, vous fait remarquer que vous avez le droit de vous taire, la démocratie attendant ce sacrifice. En effet cela se mérite de participer à la vie locale.Alors cette première fois tout se joue sans vous. Que faire quand en plus Parkinson vous gêne à l'oral ? Apprendre ce qu'ils appellent sans sourciller la participation démocratique.

Deuxième acte. Vous avez des difficultés dans votre logement social. Quelque chose de banal. Vous êtes handicapée, reconnue comme telle par la MDPH, votre médecin demande un aménagement pour des raisons de sécurité, la maladie en question étant de l'ordre de la paralysie et bien sûr évolutive. ON vous change les responsables des services, vous croisez miraculeusement un responsable chez le coiffeur, votre ancien gardien de surcroît. Il essaie de se cacher mais bon... Le silence s'installe. La gêne ? Je ne crois pas.

Pendant les 55 jours de confinement l'ascenseur fut en panne à mon étage. Une pièce à changer. Montez en pleine dyskinésie un caddy par les escaliers.

N'en déplaise aux belles âmes, cela concerne la sécurité.

Il est vrai que le vocabulaire de nos administrateurs gagnerait à s'enrichir. La démocratie, je veux bien c'est un mot compliqué, mais l'école... L'instruction est obligatoire ! L'école est un lieu. C'est vrai que pour une fois que Madame La Maire se préoccupe de la sécurité, elle confond la localisation et l'obligation pour l'institution dont elle émane de prendre en compte les enfants de la nation. Curieuse j'ai été sur la page de la FCPE, là où on like... La FCPE locale est aux mains de l'un de ses co-listiers à qui a été confié pour ses grands et loyaux services, certainement après un long entretien, la rédaction d'un projet médité depuis de nombreuses années et des compétences linguistiques probablement acquises après des recherches sur les langues indo-européennes ou autres, un poste de responsable de la maison des langues. Je l'ai rencontré avant que de sa superbe il me lance un regard absent – du moins son œil m'a traversée à l'aveugle. Absent car déjà une fois surpris par ma capacité à réfléchir, là il en doute vraiment et doit s'inquiéter sur l'état des neurones d'une femme de gauche qui soutient la droite.

La FCPE propose de l'aide aux devoirs. Bien. Mais quels devoirs ? Là soudain un doute me saisit. Parlons-nous la même langue ? Un beau sujet à méditer à la Maison des langues.

Que dirons-nous à nos enfants et petits enfants ?

En ce mois de juin 2020 la démocratie est proche de l'extrême onction. J'appelle les vrais démocrates, au service d'une République laïque, équitable et refusant le sectarisme identitaire, une République où l'école est la seule à disposer du droit à l'instruction des esprits, à mettre un terme par le droit de vote au mandat d'une prétendue gauche qui a usurpé les valeurs de l'individualisme égoïste en les transmuant en une pseudo solidarité. Je terminerai en citant le philosophe Pascal, qui les regardant aurait pu dire « Mais quoi ! Il a quatre laquais » !

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