Epictète, le poignard à la main

Cela prend du temps que de parvenir au vrai bonheur et il apparaît parfois sous des apparences trompeuses. C’est pourquoi le manuel est un poignard qui tente de trancher le cou à nos fausses idées souvent plus séduisantes que celles produites par la réflexion

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Les Stoïciens : Épictète Le poignard à la main par Maryse Emel
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A l'attention du lecteur qui peut être en fin de primaire. Dans les pages qui suivent, il y a d’abord ce que tu dis ou ce que pense spontanément l’opinion (« ils disent »). Ensuite il y a la réponse d’Epictète (« il répond », puis mon explication.) Rappelle-toi que c’est un Manuel, qu’il ne se lit pas d’un seul coup, mais qu’il faut ruminer ce que tu as lu. Cela prend du temps que de parvenir au vrai bonheur et il apparaît parfois sous des apparences trompeuses. C’est pourquoi le manuel est un poignard qui tente de trancherle cou à nos fausses idées souvent plus séduisantes que celles produites par la réflexion

 


On dit qu’il est actuel, qu’il permet de comprendre le présent, les questions que l’on se pose aujourd’hui. Tu le vérifieras en lisant les
exemples qu’il donnait à ses élèves. Peut-être auras-tu le sentiment qu’il te parle aussi.

Donc, rappelle-toi que si tu tiens pour libre ce qui est naturellement esclave et pour un bien propre ce qui t’est étranger, tu vivras contrarié, chagriné, tourmenté ; tu en voudras aux hommes comme aux dieux ; mais si tu ne juges tin  que ce qui l’est vraiment — et tout le reste étranger —, jamais personne ne saura te contraindre ni te barrer la route ; tu ne t’en prendras à personne, n’accuseras personne, ne feras jamais
rien contre ton gré, personne ne pourra te faire de mal et tu n’auras pas d’ennemi puisqu’on ne t’obligera jamais à rien qui pour toi soit mauvais.
Le but de la morale est de nous rendre libre, libéré de notre ignorance….et heureux…Il ne s’agit pas de renoncer à ses désirs. Ce
n’est pas une morale triste ! Il faut juste réfléchir.

Etre philosophe c’est s’étonner, comme si le tonnerre nous frappait, ne pas accepter tout ce que l’on nous dit. Certains se croient
libres, alors qu’ils ne le sont pas. Ils se trompent parce qu’ils ignorent les lois qui organisent le monde, monde dont nous faisons tous
partie. Par exemple j’aime quelqu’un. Pourquoi lui ou elle ? Est-ce le hasard ? Une fatalité ? Ou une loi de la nature ?
Seul le savoir nous libère des faux savoirs, et ce savoir est surtout un meilleur savoir sur soi comme le montrera la suite du texte... Il
faut apprendre à se connaitre ainsi que la nature à laquelle nous appartenons. L’homme est partie d’un tout Il est né en 50 ap. JC, à
Hiérapolis en Phrygie (Pammukale, dans la Turquie actuelle).
La Phrygie est célèbre pour son roi Midas : Un jour, Silène, ayant bu plus que de raison, s'égare jusque sur les terres de Midas, qui le
recueille et lui offre l'hospitalité. Dionysos, à sa recherche, le trouve là et remercie l'hôte de celui qui l'a élevé en lui accordant un
vœu. Midas demande alors la faculté de transformer en or tout ce qu'il touche. Incapable de manger et de boire, il supplie le dieu de
reprendre son présent. Dionysos lui ordonne alors de se laver les mains dans les eaux du Pactole, dont le sable se change en or. Cette
légende explique le caractère aurifère du Pactole, auquel la Phrygie doit une bonne partie de son empire.
Épictète vint à Rome comme esclave d'un affranchi (un affranchi est quelqu’un que son maître a libéré. Il n’est donc plus esclave) de
Néron, Épaphrodite, qui lui permit de suivre des cours de philosophie et l’affranchit finalement. Il ouvrit une école de philosophie à
Rome, menant une vie de pauvreté. En 93-94, il tomba sous le coup de la mesure par laquelle l'empereur Domitien chassait les
philosophes de Rome et d'Italie. Il s'établit alors à Nicopolis (« la Cité de la Victoire »), en Épire, ville grecque qui servait de port
d'embarquement pour se rendre en Italie. Il y ouvrit à nouveau une école.

Une de ses œuvres s’appelle Le Manuel, des textes rassemblés par un de ses disciples, Arrien. Il ne s’adresse ni aux sages ni aux ignorants insensés, mais à ceux qui s’exercent à la sagesse sans être insensés, qui ont compris qu’il faut réfléchir. Le Manuel signifie« le poignard qu’on a sous la main pour affronter toute éventualité ». Il faut donc l’avoir toujours sur soi.

 

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