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La rue est sans parole, un bruit permanent.
La rue est le cri, le hurlement, la crainte.
Mais elle et aussi espace de traverses. On traverse la rue.
On y discute, on s'y heurte. Lieu des intermèdes.
Elle a ces mots inventés qui sont noircis à l'étal du marchand et interdits dans les lieux policés.
La police y circule à côtés des passants.
La rue n'est pas la ruelle sombre.
On l'éclaire.
Les effets de style, la mode vintage, les amours au aguets, les bancs disparus, les abris-bus les jours de pluie, les mégots flottants, tout un paysage urbain s'y déploie.
Les vélos et les mobylettes qui oublient les piétons pétaradent
On cherche le lien social, fraternel, moral...on attend d'y rencontrer les "nouveaux arrivants" au lieu d'accueillir les "sans...", les "anciens", ceux qui n'ont pas d'exotisme à force d'être invisibles à eux-mêmes, trop visibles à certains. Les "autres arrivants, ceux des pays en guerre, des crises démographiques et climatiques, ont un intérêt moindre.
La rue c'est aussi la nuit silencieuse.
Et les manifestations, dernier recours du discours, s'y déploient en cortège.
La rue est occupée par des barrières, des trous, prise au piège de son inachèvement, la rue est embouteillée : circulation impossible.
On y refait le monde, on y laisse une partie de soi quand on y chute.
La rue n'est pas pavée de bons sentiments.
Elle est circonvolution et déambulation.
On peut y être jeté, s'y perdre.
On s'y assoit, se fait renverser,
mais elle déborde parfois de joie, de retrouvailles.
Elle ruisselle sous les regards de la femme à la fenêtre.
Elle résiste au racines volumineuses des arbres des villes.
Elle finit par s'échapper à l'horizon