A Aubervilliers, portraits de...Mouloud

Rêver à défaut de...

 © Maryse Emel © Maryse Emel
Il en a des projets pour le Landy Mouloud ! 

Il ne travaille pas. Ce n'est pas faute de vouloir. Mais la volonté a ses limites. On peut vouloir et ne pas pouvoir. Banalité que cette affirmation, mais pendant que certains de la Mégapole pensent pour nous, d'autres tentent de survivre. Survivre d'abord socialement. Le chômage n'est pas un choix sur lequel on peut agir, n'en déplaise aux donneurs de leçons. 

Alors au lieu de se morfondre, il s'occupe de ses enfants afin de leur donner cette chance qu'il n'a pas en ce moment. Il pense aux autres aussi. D'abord à ses jeunes dont on dit souvent qu'ils tiennent les murs. Sauf qu'ici les murs s'effondrent. Les rêves aussi si on n'y prend pas garde.

Il a mis en place un jardin partagé. Nous nous y promenons. L'idée d'un jardin ne va pas de soi. C'est une éducation. L'ambiance au Landy n'a rien à voir avec celle des nouveaux arrivants qui ont monté une association au service d'un bio-écolo au sein de la ferme historique de la ville d'Aubervilliers, la ferme Mazier. Ce week end il y avait une fête aux deux endroits. Le Landy et la Ferme. Deux endroits, deux façons de vivre.  Les photos parlent d'elles-mêmes.

La ferme Mazier d'abord : 

 © Maryse Emel © Maryse Emel

 

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Le ton est relax.Le temps de la culture et de l'histoire, l'héritage... Rien à voir avec le contexte du Landy. A deux pas Omar me montre l'absence de sécurité plutôt préoccupante.

Les habitants ne cessent de demander que les voitures soient freinées dans leur accélération juste à l'endroit de la traversée vers le pont qui rejoint le Pressensé et le Marcreux. 

Alors qu'en moyenne toutes les semaines un incident se produit, qu'un poids lourds a heurté un mur d'habitation, que les habitants se mobilisent, rien ne se passe pour améliorer la sécurité..

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De  l'autre côté de la route, les berges du canal sont à l'abandon. Mouloud y rêve poulailler, jardin partagé, coin fleuri, pique-nique... Nous y croisons de jeunes chinoises fraîchement arrivées devant un barbecue. Il rêve aussi de bancs si absents de la ville.

Nous retournons à la fête. 

Le quartier est heureux de partager. Des maliennes ont préparé  à manger pour les migrants de ces nombreux pays en guerre. Migrants qui échouent sur cette terre des droits de l'homme... Là c'est moi qui me mets à rêver.

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