Aubervilliers, le 17 octobre 1961

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Suite aux législatives de 2007 a été fondé le 93 au Coeur de la République présidé  par  Mouloud Aounit (le 23 février 1953 à Timezrit (en Algérie)1 et mort le 10 août 2012) militant antiraciste, ancien président du MRAP
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. Arrivé à l'âge de 2 ans à Aubervilliers, il y a défendu la reconnaissance et la célébration du 17 octobre 1961. Depuis plusieurs années, l'Association 93 au Coeur de la République est une des composantes du Collectif national du 17 oct 1961 contre l'oubli, où on rencontre Jean Luc Einaudi  un des historiens de cette période qui fera le clair grâce au soutien de Brigitte Lainé. Celle-ci prendra le risque de communiquer des archives interdites au public sur le massacre des algériens manifestant pacifiquement à Paris. Les corps furent jetés dans la Seine et on nomma "disparus", les victimes non identifiées du fait des Archives fermées, encore à ce jour.

Parmi les rares corps identifiés celui de Fatima Bedar le 17 octobre 1961, encore adolescente,  sera retrouvé .

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Le 17 octobre 1961 a souvent été confondu avec la manifestation de 1962. L'affaire de la station de métro Charonne est un cas de violence policière qui a eu lieu le 8 février 1962, dans la station de métro Charonne à Paris, à l'encontre de personnes manifestant contre l'Organisation armée secrète (OAS) et la guerre d'Algérie.

Rien à voir entre les deux événements. En 1962 c'est un combat politique. En 1961, on tue des algériens et une mémoire... on tue des hommes et des femmes.

Décédée le 2 novembre 2018, Brigitte Lainé n’était pas seulement l’archiviste en chef chargée du patrimoine aux Archives de Paris que beaucoup d’entre nous ont connue, mais une sorte d’Antigone des temps modernes. « Catho de gauche », comme elle se désignait, elle est entrée dans l’Histoire en acceptant de témoigner en justice, en février 1999, dans le procès qui opposait Maurice Papon à Jean-Luc Einaudi. Ancienne élève de l’Ecole des chartes, archiviste paléographe, parvenue à l’avant-dernier grade de son corps, celui des conservateurs du patrimoine, elle décide, cette année-là, à 57 ans, de mettre en danger sa vie et sa carrière. En allant à la barre du tribunal dire la vérité sur les archives de la manifestation du 17 octobre 1961 et l’assassinat programmé par la préfecture de police de Paris de dizaines d’Algériens dont on retrouvera le corps flottant dans la Seine ou à la morgue, elle sait qu’elle brise un tabou de l’institution. De même qu’un militaire est censé ne rien écrire sur un massacre dont il est le témoin sans en avoir reçu l’autorisation de sa hiérarchie, de même un archiviste doit-il demeurer muet sur les zones d’ombre de sa profession, diront les supérieurs de Brigitte Lainé, indignés à l’idée qu’une des leurs ait ainsi rompu le charme. C’est l’acharnement mis par le directeur des Archives de Paris, François Gasnault, et par ses collègues qui signeront la pétition réclamant contre elle et contre Philippe Grand, autre Juste parmi les Justes, des sanctions exemplaires, qui ont transformé la vie de cette femme discrète en un véritable cauchemar. Placardisée pendant de longues années, surveillée dans le moindre de ses actes, interdite de recherches, elle aurait dû, comme Philippe Grand, signer quatre fois par jour un registre de présences si elle n’avait décidé de n’en rien faire et d’attendre les éventuelles sanctions de l’administration.

A Aubervilliers depuis la mandature de Jack Ralite, la commémoration se déroulait à 11h. Mais en ce 17 octobre 2019, la maire d'Aubervilliers - ou son cabinet- a changé l'heure sans prévenir. 17h le 17 octobre 2019. Choix impossible.

C'est l'heure de la célébration parisienne. Recueillement sur les lieux du massacre oblige.

93 au coeur de la République se souvient....

 

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