A Aubervilliers, portraits de...verre à pieds

Quand les verres à eau remplacent les verres à pieds

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J'étais au marché ce matin. A la recherche de verres à pieds.  A force d'en casser... Le verre, Francis Ponge en parle dans un de ses poèmes. Francis Ponge, un poète proche De Chirac. Déjà, à sa façon Ponge annonçait la crise du verre à pieds. Son poème , il le nomme "Le verre d'eau".

Cela est admis par l'auditoire. Je veux parler du verre d'eau du conférencier, qui ressemble à celui du condamné à mort, un peu comme son contraire. Une récompense (pour ce qu'on vient de dire), acceptée ou plutôt prise avec une componction souvent un peu amusante; une précaution également amusante . (pour ce qu'on va dire). Un verre de vin ou de lait ou de rhum serait moins aisément admis. Il semble qu'on imaginerait son travail dans le corps du conférencier : idée assez répugnante, - et que de toute façon la conférence changerait de ton, ce qu'il ne faut pas. Tandis qu'avec l'eau, rien de pareil. C'est qu'elle n'ajoute, - du moins en a-t-on le sentiment, - point de matière. Ne se digère pas (on le croit). Lave plutôt, débarrasse plutôt de quelque quantité de matière (superflue), ce qui semble favorable au jeu de l'esprit, à son fonctionnement, déploiement.

Bien long poème que ce texte ne tendra pas à  "copier-coller", juste à donner l'avant-goût.

Vous l'aurez compris, au marché il n'y a que des verres à eau. Enfin, au marché d'Aubervilliers. Cela a pour nom le partage culturel : montre-moi ta culture, je te montrerai la mienne.

Bonne initiative, sauf que l'eau monte depuis quelques temps. Histoire de climats. Et les verres à pieds, verres à vin   et autres liquides spiritueux, sombrent dans les bouillons, pas ceux des bouilleurs de cru.

 

Morale de cette histoire : le multiculturalisme n'a que trop tendance à verser dans le monocultu(r)el!

à la vôtre !

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