L’Alsace en commun, un manifeste de gauche, écologiste et régionaliste

Les régionalistes progressistes alsaciens se rassemblent pour appeler à un renouveau politique de notre région, autour d'une écologie politique ancrée à gauche. Dans le cadre des élections municipales de ce dimanche 28 juin, ils appellent à voter pour Jeanne Barseghian sur Strasbourg ou pour Frédéric Hilbert sur Colmar.

Depuis la loi NOTRe de 2015, l’Alsace est devenue un sujet clivant. Respect envers l’histoire et l’identité alsacienne pour les uns, repli identitaire pour d’autres, jamais ce qui devrait nous rassembler n’a autant divisé l’opinion au-delà du simple clivage droite/gauche traditionnel. La droite alsacienne se hisse comme unique défenseur de l’Alsace et de son « identité » (mais laquelle ?) et oublie que c’est elle qui tient le Grand Est d’une main de fer ; souvent au détriment des territoires les plus fragiles de l’Est français. Quant à la gauche, la majorité de ses composantes ne voient dans l’Alsace que la défense d’un folklore carte postale et incompatible avec les grandes thématiques sociales, environnementales et démocratiques qu’elles défendent. Cette tendance est accentuée par une Alsace qui semble être souvent l’apanage de l’extrême droite, de groupuscules identitaires ou d’un parti régionaliste dont le discours se rapproche d’une forme de populisme ni droite ni gauche aux contours idéologiques flous.


Il nous appartient en tant que mouvements et femmes/hommes attachés à une écologie régionaliste d’affirmer que la défense de la particularité géo-historique du territoire alsacien, de sa culture populaire/linguistique et de sa vocation d’être une terre d’immigration participent à rendre crédible les conquêtes sociales, environnementales et démocratiques qu’on attend d’une gauche du XXIe siècle.
Une Alsace sociale voire révolutionnaire fait pourtant partie de son histoire complexe, symbolisée par les événements de Novembre 1918 marqués par le drapeau rouge sur la flèche de la cathédrale de Strasbourg. Au-delà de ce court moment, le droit local contient des mesures sociales, à l’image du régime local d’assurance maladie, qui restent plus protectrices que dans le reste du territoire français. A nous de relancer cette quête du bien-être social pour l’ensemble de la population en Alsace. L’Etat providence se verrait ainsi renforcer par les initiatives de ses territoires.


Notre région est également précurseur en France pour ses combats écologistes. Ces derniers ont débuté par les manifestations contre la construction de la centrale nucléaire de Fessenheim dans les années 1960 jusqu’à continuer aujourd’hui avec la lutte contre le Grand Contournement Ouest de Strasbourg. Dans un territoire au centre de la dorsale européenne, situé dans le fossé rhénan et très urbanisé, il est urgent de combattre la pollution de l’air, la perte de terres agricoles ou d’espaces « naturels », et une métropolisation concentrant les richesses à Strasbourg au profit d’un rééquilibrage économique qui concernerait l’ensemble du territoire alsacien, et d’une mobilité douce.
Ces progrès sociaux et écologiques ne sont pourtant pas possibles sans une réelle remise en cause de la centralisation de l’Etat jacobin. Certes, l’égalité territoriale doit rester la norme mais ne doit pas paralyser l’autonomie des collectivités locales pourtant devenue un principe fondamental avec la décentralisation inscrite dans notre constitution. Nous défendons la subsidiarité et une fédéralisation progressive de la France pour permettre de rapprocher les centres de décisions des citoyens mais aussi afin d’adapter au territoire les enjeux sociaux et écologiques. Ce nouvel acte de décentralisation ne peut se faire sans les citoyens. Un découpage territorial doit en effet respecter les aspirations des populations locales et leur appartenance culturelle. Par ailleurs, nous travaillerons, à l’échelon de l’Alsace, à assurer aux citoyens une démocratie semi-directe avec une participation facilitée par les nouveaux outils numériques et la possibilité d’initier des votations comme en Suisse.


C’est pourquoi nous appelons tous mouvements ou habitants de convictions progressiste, écologiste et sociale à rejoindre notre démarche de co-construction d’un collectif Alsace en commun parce que nous portons ensemble l’Alsace en commun.

Nous appelons aussi l'ensemble des alsaciens et alsaciennes qui croient en un renouveau progressiste de notre région à porter leurs voix ce dimanche dans les urnes.

 

Signataires : 

Nathalie Palmier, trésorière de PEPS - Pour une Ecologie Politique et Sociale

Christophe Leclere, Secrétaire d'Objectif Euro-région Alsace

Mathieu Béchu-Diaz, 3ème de liste Strasbourg en Commun et membre de PEPS - Pour une Ecologie Populaire et Sociale

Jonathan Herry, colistier sur la liste Strasbourg écologiste et citoyenne menée par Jeanne Barseghian et Président d'Objectif Euro-Région Alsace

Stéphanie Karman, Œnologue

Jean-Michel Niedermeyer,

Karl Schmotterer,

Frédérique Karmann,

Jacques-Albert Hilbold, vice président d'Objectif Euro-région Alsace

Dorian Gorsy,

Flavien Ancely-Frey, membres des jeunes européens 

Jonathan Reuteunauer,

Benjamin Ludwig,

Guillaume Ernewein, adjoint du patrimoine

Sébastien Burgun, Ingwiller

Ernest Winstein,

Guillaume Eckart,

Margarethe Leonhart,

Frédéric Hilbert, tête de liste "Vivre Colmar"

Mohammed Abbas,

Jean-Noël Kempf,

Florian Herry, étudiant en histoire

Marie-Josée Staender,   

Michel Dengel, Psychiatre

Ganaël Bischoff-Phan, auxiliaire de vie sociale

Anne-Véronique Auzet, géographe

François Lentz,

Abdelkarim Ramdane, conseiller municipal et communautaire de Strasbourg

Marc Roessel, technicien

Cécile Germain-Ecuer, Co-secrétaire régionale EELV Alsace, enseignante d'allemand en collège

Anny Zorn, EELV Alsace

Yannig Derrien, Salarié; militant associatif, écologiste et régionaliste, Landreguer, Tréguier, Breizh/Bretagne

Sylvain Berhault, autonomiste ( Union Démocratique Bretonne), Assistant,

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