TOGO Balise d’écoute BHF 15 05, attentat du restaurant Okavango, Lycée Français, CCF: YARK ,KADANGHA ACCUSES ! Par P. DESMARS

TOGO Balise d’écoute BHF 15 05, attentat du restaurant Okavango, Lycée Français, CCF: YARK ,KADANGHA ACCUSES ! Par P. DESMARS


TOGO Balise d’écoute BHF 15 05, attentat du restaurant Okavango, Lycée Français, CCF: YARK ,KADANGHA ACCUSES ! Par P. DESMARS

Le Togo véritable modèle de répression armée est l’une des plus longues dictatures militaires de l’histoire contemporaine africaine. Milices privées américaines, agents secrets français, coopérants français et allemands, hommes d’affaires sans scrupules, politiciens corrompus et avocats véreux évoluent aujourd’hui dans cet État minuscule. Le régime autoritaire de ce pays a la réputation d’être facile à corrompre, et donc relativement propice aux investissements ponctuels. On trouve donc en Afrique francophone des truands en indélicatesse avec la métropole, mais aussi de bons serviteurs de l’État tenus de se faire oublier quelques temps.

Ce pays riche en matière première, présente un réel intérêt stratégique dans une Afrique de l’ouest en proie aux convulsions, souvent attisées par des guerres d’intérêts privés. Autant de réseaux qui s’activent, se concurrencent et se télescopent au service d’une passion commune : arracher leur part de butin en détournant les richesses de ce pays. Chacals et vautours participent sans vergogne au pillage des ressources naturelles pour leur propre compte ou pour celui de multinationales prédatrices.

Le Togo, État précurseur dans bien des domaines, promis à un bel avenir après avoir joué au pionnier des indépendances, était surnommé la « Suisse de l’Afrique » jusqu’à la fin des années 1970. Les usines fantômes et autres projets de développement surdimensionnés concoctés par les anciennes puissances coloniales, l’ont vite fait croulé sous le poids de la dette : à coups de surfacturations et de corruptions massives. Le Fonds monétaire international et la Banque mondiale ont eu beau jeu de sonner l’alarme puis de soumettre le pays, dès le début des années 1980, à des programmes d’ajustements structurels et de privatisation sauvage. Ils n’ont fait qu’aggraver la crise. Le Togo a dès lors été contraint de brader ses entreprises d’États, rachetées au franc symbolique par des firmes occidentales. Ce pays a été utilisé comme « territoire pilote » pour une expérimentation néolibérale unique en Afrique de l’ouest : une zone franche, inaugurant l’exploitation outrancière de la main-d’œuvre locale et une dérégulation sociale et financière sans précédent. Oscillant entre une immunité qui soustrait les caciques du régime à la juridiction d’État et paradis fiscal, le Togo est aujourd’hui devenue un espace offshore, véritable tête de pont continental pour trafics d’armes de drogue et de pierres précieuses. C’est un pays fortement verrouillé, une zone de non-droit international, ou tous les coups sont permis et où se déroulent en toute impunité les transactions les plus déconcertantes. Il demeure un lieu charnière pour la contrebande et les activités de grandes organisations criminelles. Qui prend la peine de soulever le voile retrouvera ainsi certains dirigeants togolais ou responsables étrangers impliqués dans des trafics d’armes, de drogue, de diamants. La recolonisation économique du Togo par les puissances européennes et nord-américaines bat son plein. Maintenir le Togo sous tutelle coute que coute avec l’aide des organisations financières internationales accélèrent jour après jours, au nom d’intérêts privés, le dépeçage du pays et engendre des déséquilibres régionaux, culturels et religieux. L’instrumentalisation des origines ethniques à des fins politiques et hégémoniques représente un danger récurrent, notamment en période d’élections, toujours entachées de fraudes massives et accompagnées de révoltes de répression meurtrière.

Le commencement de mes déboires est arrivé, quand je suis venu troubler, la grande histoire d’amour de ce pays avec la poudre blanche dans les années 2003/2004. Le Togo était devenue une des principales plaques tournantes en Afrique de l’Ouest du trafic internationale de la cocaïne en provenance de la Colombie et du Venezuela. C’était et c’est peut-être toujours, le refuge doré des narcotrafiquants. Les services de renseignements français surveillaient depuis longtemps ce trafic qui ne se comptait plus en kg mais en tonnes. Nos services de renseignements suivaient également à partir de satellites géo stationnaire les bateaux suspects des narco trafiquants d’Amérique latine qui empruntaient des routes maritimes en direction de l’Afrique de l’Ouest. La France savait que la drogue transitait par les ports de Lomé et de Cotonou, elle connaissait aussi, grâce à nos agents de renseignements sur place, le nom des principaux généraux mafieux togolais mêlés à ce trafic. Elle sommera le Président Eyadema de faire le ménage au sein de la haute hiérarchie militaire et policière de son pays, qui avait le nez dans la « schnouf ». La majorité des officiers de la gendarmerie, des douanes et de la police, lorsqu’ils ne sont pas eux même directement impliqués dans ce trafic, on la désagréable manie de revendre la cocaïne qu’ils ont saisie. Eyadema le sait.

Le 7 juillet 2004, les forces spéciales de la marine nationale française à bord du « Ventôse » arraisonnent, au large du golfe de Guinée, un navire marchand battant pavillon togolais le « Pitéa ». La saisie est importante une tonnes cocaïne de quoi saupoudré toute la capitale. Le bateau et son équipage sont remis aux autorités togolaises. Le capitaine de ce vaisseau du diable et l’équipage sont écroués à la prison centrale de Lomé. Une enquête timidement menée entrainera une simple mise aux arrêts de rigueur du colonel Neyo Takougnadi directeur de la police nationale togolaise et de son adjoint le commissaire Assih Abalo. Le rapport de la commission d’enquête présidée par le général Zamouro Gnofame ne servira qu’à brouiller les pistes, et diluer les responsabilités et les implications. Gnofame n’est fait que protéger le cœur du pouvoir togolais. Le rapport parallèle des services secrets français resté confidentiel, était beaucoup plus explicite et situait l’implication et les responsabilités de ce trafic de stupéfiant au plus haut niveau de l’État togolais épinglant les noms des généraux Walla, Laokpessi, Mémène et le colonel Takougnadi ainsi que les membres de la famille du Président Eyadema. Il suffit de se référer à la liste des personnes impliquées et dénoncées par le seul accusé et écroué  depuis plusieurs années: un commerçant togolais et trafiquant notoire : Mourane Taffa, roi incontesté au Togo du trafic de cocaïne. Je me suis retrouvé quelques années plus tard dans cette prison en janvier 2006. J’ai pu mesurer dans ce mouroir l’effarant degré de corruption de la justice togolaise. De l’équipage du « Pitéa », seuls le capitaine d’origine cubaine et le mécanicien d’origine ukrainienne ont été écroués et condamnés à 8 ans de prison ferme. J’ai assisté à ma plus grande surprise à l’élargissement du capitaine du « Pitéa » en mai 2006. Ses amis trafiquants colombiens après des mois de tractations avec la justice togolaise sont parvenus à un accord financier et le versement de 150000 dollars pour faire libérer le capitaine. J’ai obtenu cette confidence de l’homme le plus désabusé de la prison quand il vit le capitaine mandé par le régisseur et qui n’est plus jamais revenu. Valérie le mécanicien ukrainien me confia son amertume. Entre les ripoux de la justice togolaise et les narco trafiquants colombiens un bras de fer se jouait depuis des mois pour faire libérer le commandant du navire. Le capitaine du « Pitéa » avait fait croire à Valéry qu’il ferait parti du voyage. Une fourberie pour que Valérie garde le silence. Une fois la rançon payé seul le capitaine fut libéré.

Le dernier jour avant ma libération en juillet 2007, j’ai été conduit dans la chambre de l’infirmerie de la prison ou j’ai la surprise d’y rencontrer Mourane Taffa. Au cours de nos conversations, libérant sa conscience. Il reconnaissait les faits qui lui étaient reprochés. Puis il me raconta les innombrables tortures qu’il avait subies pendant des années, dans une prison du nord à Kara avant d’être transféré à Lomé. Enfin  il me confia ce que je savais déjà, que sans complicité au sein de la gendarmerie de la police et de la douane, jamais il n’aurait pu passer autant de grosses quantités de drogue et ce pendant des années. Il me confirma l’implication dans ce trafic des généraux Walla, Laokpessi, Mémène, du colonel Takougnadi.

Ainsi nous avons vu pousser comme des champignons dans les quartiers résidentiels de Lomé et sur la belle commune de Baguida-Avepozo de somptueuses villas tout en marbre venu d’Italie. Ces résidences qui valent plusieurs centaines de millions de francs CFA,(200 à 500 milles euro) appartiennent aux officiers supérieurs et généraux de l’armée aux hauts fonctionnaires de la police et des douanes dont les salaires mensuels pour les mieux payés ne dépassent pas 1000 euro.

Le Président togolais est en phase terminal d’un cancer de la prostate, ses jours sont comptés. Comme des hyènes à l’affut, l’entourage et les proches d’Eyadema sentent l’odeur de la mort qui rode, qui approche, et qui émane du corps affaibli du vieux lion. Ils ne l’écoutent plus, pire ils lui désobéissent. Chose impensable quelques années en arrières. Eyadema le confie lui-même « ils ne m’obéissent plus », s’époumone-t-il. La France fait pression sur Président pour qu’il fasse le ménage dans les rangs de son armée et de la police, largement impliqué dans le trafic de cocaïne. Eyadema décide de se doter d’une  valise de détection et d’écoutes téléphoniques bourrée d’électronique ainsi qu’une dizaine de téléphones cryptés. La transaction se fera par le biais d’une société togolaise « Stratège international » à Lomé. Pour la somme de 100 millions de francs CFA (150000 euro) la présidence du Togo vient d’acquérir une valise d’écoutes et de détection la BHF 1505. Officiellement cette valise d’écoute servira à lutter contre la délinquance et le sabotage économique. Elle avait aussi pour but d’espionner l’opposition et lutter contre la subversion.

J’aurai une délicate mission confiée par le Président Eyadema, celle de former aux techniques d’écoutes et d’espionnage, une dizaine d’hommes issue des rangs de l’armée et triés sur le volet. Une villa nous sera attribuée à l’OUA près de Lomé II, ou tout le matériel sensible sera stocké. A la tête de cette formation dont j’ai la charge, se trouve un officier des Fat le capitaine Kadanga, actuel commandant la Force d’intervention rapide. J’ai encore en tête les noms de sept sous-officiers faisant partis de l’équipe : les majors, adjudants et sergents :(Koromsa Awi – Essonana Ekpao –Bagnantina Kakou – Essobouzou Sising – Bléza Assih – Koffi Bétania – Bataskom Bakpassim -) à Lomé ils se reconnaîtront.

Pour la circonstance je suis envoyé en France pour y effectuer un stage de recyclage d’écoutes téléphoniques au siège de la société « Chatain Blanchon » à Maison Alfort dans le Val de Marne dont le directeur était monsieur Louis Longhi. De retour au Togo dans l’officine de l’OUA, l’instruction pouvait commencer.

La valise de détection BHF 1505, est complètement autonome elle permet de détecter la présence de micro HF actifs : c’est-à-dire alimentée et activée, et ce aussi bien dans une pièce, un véhicule, un avion, un bateau. Elle permet aussi la détection de « signaux infrarouge » activés à distance qu’ils soient audio (micro) ou numériques (informations). « Courant porteurs sur secteur » : c’est-à-dire un système d’écoutes mis en place sur le courant secteur qui utilise cette énergie comme alimentation de fonctionnement. « Courants porteurs sur ligne téléphonique » : c’est-à-dire un système d’écoutes mis en place sur le téléphone lui-même, la prise téléphonique murale, la ligne elle-même, ou le boîtier répartiteur. Les écoutes peuvent se faire soit le combiné de téléphone décroché soit raccroché.

Me voilà donc au cœur des activités secrètes de la Présidence togolaise. La cours dissimule les mauvais offices, je n’ai pas percé la menace dont je pouvais faire l’objet. Le risque que je prenais en perçant les secrets, les magouilles, et surtout de démasquer les généraux mafieux de l’armée qui s’enrichissent grâce à la drogue. Tout cela va m’attirer de très graves ennuis. Mes activités inquiètent en particulier, deux vieux rapaces galonnés, les généraux Walla et Loakpossi. Ces deux vielles fripouilles venimeuses au lourd passé criminel, couvert de sang des pieds à la tête finiront par avoir ma tête. Pris en étau face à deux impitoyables épurateurs, je vais payer très cher mon manque de lucidité en acceptant cette mission. La décision d’en finir avec moi une bonne fois pour toute allait être prise avant même que disparaisse le vieux général.

J’aurai du me souvenir, il y a quelque année en arrière du départ précipité de ce jeune couple de restaurateur français Olivier et Solweig Sitterlin, gérant d’une très jolie brasserie « Le Square » pas très loin de l’hôtel « Palm Beach » à Lomé. Ils ont eu l’outrecuidance de réclamer à madame Ayeva, fille d’un leader d’opposition fabriqué par le RPT pour diviser et affaiblir l’UFC et le CAR, une facture impayée d’un montant  de 1500 euro. Cette cliente indélicate qui avait décidé de ne pas s’acquitter de sa dette pris ombrage des relances qu’Olivier lui lançait. L’insistance d’un expatrier pour obtenir le règlement de sa facture devenait insupportable aux yeux de madame Ayeva. Cette Proche de la Présidence, ne tarda pas aller se plaindre à un de ses amants, militaires haut gradé qui régla le problème de sa dulcinée à sa manière. Des militaires stipendiés agresseront Olivier à coup de couteau un soir devant son restaurant. Très sérieusement blessé aux mains et aux bras, dans ce guet-apens, Solweig et Olivier quitteront tous les deux le Togo avec leurs deux valises pour solde de tous comptes. Pour éviter les même déboires, j’ai fait placardé au restaurant l’Okavango cet avis aux consommateurs : « Cher client, si vous êtes venu boire pour oublier, soyez gentil payez avant de boire ».

Dimanche après-midi 10 septembre 2005 je suis dans un restaurant de plage : « Lomé rivage » exploité  par un collègue français Norbert Boulet. Dans le golfe de Guinée tout le monde le sait la mer est très dangereuse. De grosses vagues appelées «Barre » sont responsables chaque année de nombreuses noyades et ne facilitent l’accostage des bateaux. C’est une mer en apparence calme mais qui est souvent accompagnée de violents courants, comme sur les côtes landaises en France et qui vous entrainent au large.

Un adolescent en difficulté est en train de se noyé en face « Lomé rivage ».Norbert Boulet à l’habitude cela arrive tous les mois. Il a bien fait planter sur la plage, des pancartes d’interdiction de baignade mais elles ne sont pas respectées. L’adolescent disparait dans en mer. Cette noyade Norbert ne le sait pas encore, mais elle n’est pas ordinaire et va faire basculer son destin. Il s’agit du neveu du Président togolais Faure Gnassingbé. Béhaza Gnassingbé sœur du Président est sur place au moment du drame, et tient pour responsable le gérant du restaurant de plage. Elle réclame à son frère Président des représailles immédiates. J’assisterai dans les minutes qui suivirent cette tragédie, à un grand fait d’arme de l’armée togolaise. Une escouade de militaires débarquant de vieux camions poussifs « GMC » devant « Lomé rivage » pour une expédition punitive : le saccage du restaurant à coup de crosse et son pillage. Rendu inexploitable, Norbert Boulet victime d’une spoliation ne récupérera jamais son établissement.

La longanimité du Peuple togolais et sa résilience n’est plus à démontrer. Ceux qui vivent au Togo le savent très bien lorsque les affidés du pouvoir patentés en crime de forfaitures qui depuis 1967 ont réussi à domestiquer les hommes à coup de nerf de de bœuf, vous ont pris en grippe, il faut quitter le pays au plus vite en oubliant si possible les éventuelles clauses de préjudices à faire valoir que vous n’obtiendrez jamais. C’est comme une jurisprudence de Droit coutumier, une façon indigène de vous désigner « persona non grata ». Ne dit-on pas en Afrique « abattre un poulet pour mettre les singes en garde ». En France sur l’ile de beauté, c’est un petit cercueil en bois que les fonctionnaires continentaux reçoivent des organisations plus mafieuses qu’indépendantiste, qui vous fait comprendre que vous n’êtes pas la bienvenue. Un avertissement avant le plasticage de votre véhicule ou de votre domicile.

Mercredi 7 mai 2003 à 21 heures, trois clients togolais entre dans le restaurant Okavango et se dirigent sous la grande paillote ventilée au fond du luxuriant jardin. La serveuse leur présente les menus, mais d’emblée ils font savoir qu’ils ne désirent pas dîner, seulement consommer. Trois bières locales leur sont servies. Ces clients sont jeunes la trentaine d’allure sportive, le profil militaire. Un des trois individus le seul vêtu d’un boubou se lèvent et se dirige vers les toilettes pendant que les deux autres règles l’addition. Deux trois minutes après leur départ à 21 heures 20 une énorme explosion retentie. Deux de mes antilopes se trouvant à proximité des toilettes sont projetées en l’air et succomberont les poumons détruit par l’onde de choc. Je n’ai pas eu besoin de faire évacuer la trentaine de clients présents ce soir-là, ils prirent eux même la poudre d’escampette sans payer l’addition. Les sanitaires du restaurant et mon appartement qui le jouxte sont entièrement soufflés. Une bombe dissimulée sous le boubou du terroriste a été déposé dans les toilettes. Cet engin explosif muni d’un système d’allumage pyrotechnique aura permis à ces trois militaires de quitter les lieux sans précipitations dans un « timing » bien réglé. C’est un vrai miracle que cet attentat criminel n’est fait aucune victime parmi les clients et les 25 employés du restaurant. Une partie du restaurant est soufflé, et les dégâts matériels sont importants. J’aurai dans la soirée une fois le restaurant vidé de sa clientèle et fermé la visite du Ministre de l’intérieur togolais le Commandant Boko et celle de l’ambassadeur de France qui n’ont fait que constater les dégâts. Je sais que les hostilités à mon encontre sont déclenchées. Je sais également que je suis personnellement visé et que cet attentat n’est pas le fait du hasard. A l’heure où la France est conspuée par l’opposition togolaise et à quelques semaines de l’élection présidentielle, les services spéciaux des forces armées togolaise avec la complicité des sbires du RPT ont monté une opération de désinformation. Le plasticage de l’Okavango sera suivit de celui du centre culturel français et de son lycée. La presse titra « vague d’attentats anti français à Lomé », désignant bien entendu l’opposition radical comme responsable. Un agent togolais infiltré que je connaissais de la bande au commandant Yark me révéla plus tard avoir fait partie de ces équipées terroristes nocturnes. Tout avait été  planifié par les nervis de la présidence pour discréditer un peu plus l’opposition. Je crois même savoir que tout cela leur a été suggéré par nos propres services secrets.

Le lendemain après l’explosion, j’ai reçu un coup de téléphone au restaurant ce n’était pas pour une réservation. La voix qui m’a paru africaine était celle d’un des commanditaires du plasticage puisqu’elle me sommait de quitter le pays.

Quelques mois plus tard une embuscade m’est tendue aux alentours de 23 heures dans le quartier d’un des grands marchés de la capitale (Hanoukopé). Quatre militaires rangers aux pieds et barbe au menton stoppent mon véhicule. Seuls les soldats de la garde présidentielle se laissent pousser la barbe. Je suis violement extrait de ma voiture, et jeté à terre. Les quatre hommes se déchainent en me rouant d’une grêle de coup de pied et de ceinturons. Toujours à terre le canon froid d’un pistolet mitrailleur est posé derrière ma nuque et j’entends le bruit caractéristique de la culasse qui vient d’être actionner. C’est peut-être la fin alors dans un dernier sursaut pour conjurer le sort  je me relève brutalement. L’agitation de la scène a attiré quelques badauds qui entourent mes agresseurs. J’entends encore un togolais crier aux militaires : « il ne faut pas tuer le « yovo ». Est-ce pour cela que qu’ils n’ont pas osé tirer ? Trop de témoins peut-être ? Mes agresseurs remontent dans leur voiture et disparaitront dans la nuit. Rien ne m’a été dérobé pas même la chaine en or bien visible autour de mon cou. Je rentre à la maison bien sonné, couvert de blessures et d’ecchymoses. Je viens de subir la plus jolie dérouillé de ma vie.

Photos de la balise d’écoutes :

  • Photos du restaurant Okavango et des dégats causés par l’explosion :
  • Il s’appelait Lolo, un enfant de la rue que j’ai récupéré comme gardien de jour pour le restaurant Okavango. Sa santé était fragile et  il me coutait une fortune en soins médicaux. Expulsé du Togo en juillet 2006, je n’étais plus là pour lui apporter l’aide financière nécessaire pour qu’il se soigne. Il est mort en janvier 2011. Je pense toujours lui.

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