Condamnation à mort de Mohamed Morsi, la France doit s’y opposer

Il y a quelques jours le seul président Egyptien démocratiquement élu a été condamné à la peine de mort. En 2011, la France s’est rangée du côté des manifestants égyptiens lorsqu’ils ont décidé de changer de régime, elle s’est engagée à soutenir le pays lors du premier scrutin démocratique qui a vu l’élection de Mohamed Morsi, elle s’est aussi engagée à défendre la démocratie, pour que ce pays puisse faire de sa révolution, une transition vers un nouveau Régime.

Il y a quelques jours le seul président Egyptien démocratiquement élu a été condamné à la peine de mort. En 2011, la France s’est rangée du côté des manifestants égyptiens lorsqu’ils ont décidé de changer de régime, elle s’est engagée à soutenir le pays lors du premier scrutin démocratique qui a vu l’élection de Mohamed Morsi, elle s’est aussi engagée à défendre la démocratie, pour que ce pays puisse faire de sa révolution, une transition vers un nouveau Régime.

 

Nous avons le devoir, aujourd’hui de contester la décision égyptienne. La France est opposée en tous lieux et en toutes circonstances à la peine de mort. Notre pays, rappelons-le, fait partie depuis 2010, du groupe de soutien de la Commission internationale contre la peine de mort. Nous ne pouvons nous opposer à la peine capitale en Indonésie et ne pas suivre le même principe en Egypte. Il en va de la crédibilité de notre discours et de la clarté de notre position.

 

De plus le procès de l’accusé ne s’est pas tenu dans le respect de ses droits. Mohamed Morsi, quels que soient les actes qui lui sont reprochés, aurait dû bénéficier d’un jugement équitable et non partisan. Sa condamnation n’est aujourd’hui, que le signe d’une volonté de l’Etat égyptien de détruire toute opposition politique légale.

 

Nous devons aussi nous opposer, et de façon forte, à l'emprisonnement de milliers d'opposants politiques, de dizaines de journalistes et de militants associatifs. La liberté d'expression doit être défendue partout et pour tous. La situation sécuritaire qui prévaut sur place ne doit pas être un prétexte pour mettre en place un système d'arrestations arbitraires.

 

Cette condamnation de la peine de mort et cette prise de position en faveur des libertés individuelles sont d’autant plus importantes que nous venons de signer un contrat de vente de Rafales, et qu’il ne faudrait pas que l’on puisse penser que la France se tait pour des raisons commerciales.

 

Soyons fidèles à nos valeurs, celles que nous défendons depuis toujours, celles des droits de l’Homme.

 

Mathieu Hanotin, Député socialiste de la 2e circonscription de Seine-Saint-Denis et Vice-Président du Conseil Général de Seine-Saint-Denis.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.