Campagne Poétique (5) : TERRASSES AMOUREUSES

Tendre l'oreille à LA MUSIQUE D'APRES (...) Quand le garde a disparu ...

Pas d'argent
pas de femmes,
notre motivation est intouchable,
hors de leur portée
de croire
avoir tout à leur portée.

L'essence de notre assurance:
leur montrer qu'ils en oublient,
qu'ils en perdent de vue
nous avoir tous à leur portée
de leurs si-ils-veulent-nous-tuer.

Leur apprendre
qu'ils ont perdu les sens,
le voir,
le comprendre,
nous savoir...

Les mettre sous le soleil qui brûle assez
pour les faire poser un seul pas en après,
aveuglés.

Les faire tirer sur la gâchette de leur ennui,
leur vide à la place de l'esprit,
là où le nôtre meurt de leur absence.

Révéler à TOUS qu'ils nous perdent TOUS,
les faire appuyer sur la détente de leur sens unique,
où le mur que nous sommes autour d'eux
s'est trop resséré pour qu'ils nous voient le faire tomber.

Les faire rédiger leurs propres états d'arrêts
que leurs armes obstinées s'empresseront de signer.

Dénuder pile pour habiller face
et tendre l'oreille
à la MUSIQUE D'APRES,
tant promise
tant rêvée
tant éspérée
qu'elle nous a tous désespéré...

Juste assez pour ne plus croire
en deux faces fichées
sur des pièces et des billets que des banquiers éditent
et que nous regardons tristes et pourtant ébahis,
de les voir toujours s'opposer
sans jamais nous appartenir.

Reconnaître nos long sanglots
dans leur paroxysme d'inhumanités.

Les désarmer par leur puissance
appliquée si forte à nous défaire
que nous saurons la prédire et l'inverser.

Prendre appui de leurs pestes
innoculées jusqu'en nous
à l'avantage de leur miracle-terminaison.

Echafauder,
sûrs d'être enfants du passé,
de vouloir aujourd'hui épouser le lendemain,
tel un poème,
s'écrire et résonner,
grandir
au gré d'être lu,
senti,
pensé,
comme passé par un autre je
qui se serait reconnu.

Monter le plan de notre chant
et goûter au souffle suspendu,
quand sur le fil du rythme de vies
battant à l'unisson,

L'improvisation perce les murs de notre prison,

Quand le garde a disparu,
que les rues résonnent d'une joie irréelle,
que les amours se sont vécus,
et que la mort peut venir
couronner le plaisir
d'avoir vu les faces disparues.


M.H

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