Campagne Poétique (10) : HABITER CHAQUE DEMAIN

Le présent s'acharne, mais sa cible est fuyante.

Quand le présent s'acharne en personne :

« Retourne à ton passé
toi qui n'aspire qu'à du futur,
retourne toi
et marche vers là
d'où tu es venu. »

Et personne pour répondre,
que des larmes qui coulent...

Trop de sel
déjà brûlant l'entre-deux
où l'être reste écrasé.

Mais l'être comprend,
il prend avec lui
ce soupçon de futur avorté
pour ériger un nouveau jour
chaque matin.

Il le refait,
réajuste,
esquive,
évite,
contourne,
et perce logiquement dans la douleur,
la lueur du jour qui suivra.

Le présent s'acharne,
mais sa cible est fuyante.

L'expérience lui a trop pris
pour qu'elle n'apprenne pas
d'avoir gardé foi en un demain,
quand le jourd'hui s'obscurcissait
à mesure que l'après s'approchait.

Le présent s’acharne,
mais c’est lui qui marche vers avant,
vers le passé
que la vie et la mort comprise ne peuvent que digérer.


M.H

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