SSII , société de prostitution néo-libérale légale? - Partie I -

Je travaille dans une SSII. Une "quoi" s'interroge le citoyen lambda ?Les sociétés de services en ingénieurie informatique sont en effet très peu connus du grand public, dans l'imaginaire populaire les grandes entreprises françaises sont les constructeurs automobiles, les banques assurances, les grandes marques du passées etc.

Je travaille dans une SSII. Une "quoi" s'interroge le citoyen lambda ?

Les sociétés de services en ingénieurie informatique sont en effet très peu connus du grand public, dans l'imaginaire populaire les grandes entreprises françaises sont les constructeurs automobiles, les banques assurances, les grandes marques du passées etc. Il suffit d'interroger quelqu'un dans la rue en lui demandant de citer quelles sont les grandes entreprises françaises pour lui ?

Nul ne citera des noms comme Cap Gemini, Steria, Atos, Altran, GFI, Open, Sogeti, Ausy ... elles sont des centaines ont un recrutement intensif encore en 2012 et ne connaissent pour la plupart absolument pas la crise. Ne l'oublions pas la France est un pays ayant une économie de services.

Pour les plus grandes ils s'agit de multinationales veritablement "mastondontesques" (plusieurs milliers voir dizaines de milliers de salariées) sur tout les continents qui n'ont rien à enviés en terme de masses salariales aux plus grands groupes mondiaux, oubliées (volontairement ?!) des médias, elles fonctionnent selon un business-model particulièrement néo-libéral aux limites du raisonnable et de l'éthique morale, ou la précarisation par le haut est le mot d'ordre.
Elles assurent à leur actionnaire une rentabilité et un dégagement de chiffre d'affaire monstrueusement insultant souvent proche des deux chiffres, compte tenu de la situation économique globale, basées sur un modèle de fonctionnement ultra-libéral, patronal, avec une gestion du personnelle axée sur le mensonge, la manipulation, et l'obscurantisme vis à vis des droits du salariés, ou ceux d'en haut se gavent, à n'en plus finir pendant que les commerciaux fer de lance de ce type d'entreprise récitent leur catéchismes aux employés en expliquant pour cette année encore qu'on peut rien faire et cela sera difficile d'avoir une augmentation ...


Focus sur le laboratoire privilégié du MEDEF, ou la Rolls-Royce de la rentabilité et de l'exploitation humaine moderne, ou le capital est maître face à la force de travail, ou l'employé n'est plus qu'une simple ressource non humaine : les SSII alias les super boites de travail intérimaire.

Fonctionnement global :

Pour que tout le monde comprenne bien l'immensité de la supercherie et du système : récapitulatif du fonctionnement.

Le principe est toujours identique, au siège national se trouvent les décideurs les plus haut placés, souvent à peine une petite centaine de personnes pour des groupes de plusieurs milliers d'employés à plusieurs dizaines de milliers, cela suffit amplement. On y retrouve souvent les responsables RH du groupe, les gens chargés de la propagandes débilisantes américaines du marketing interne, et les cadres supérieurs responsables des porte feuilles globaux de l'entreprise, des décisions stratégiques, aucune rentrée d'argent ne se fait par ici.

Sur toute la France sont ensuite implantées des "divisions régionales" souvent dans les grandes villes de provinces, placées sous la tutelles d'un directeur d'agence ou d'un directeur de région (parfois le découpage est volontairement plus complexe saupoudrés de termes américains dans les grands groupes pour "volontairement" enfumer l'employé et la fiscalité française par des magouilles et autres pirouettes fiscales). Ce directeur d'agence à la maîtrise totale de son budget des dépenses et des revenus, de la gestion de ses ressources employés et de la gestion de sa clientèle, travaille sous sa houlette généralement 4/5 commerciaux au dents longues - ultra motivés par des primes et des gros % sur les contrats - pour toute une région (au sens beaucoup plus large qu'administratif , le découpage se fait souvent ainsi , IDF , Nord, Grand ouest, Sud Ouest, PACA, Rhône Alpes, Est), quelques secrétaires de directions, et un/une détachée RH. Ces 15 à 20 personnes (pour les plus grands groupes, souvent ils ne sont que deux en agences) peuvent encadrer jusqu'a 300 a 500 employés par région (voir beaucoup plus en IDF) . La seule contrainte du responsable de région reverser 30% à 40% de la marge globale sur les contrats au groupe, le reste c'est cadeau.

L'intégralité de l'encadrement représente donc environ 5 à 10% du la masse salariale par le nombre, les 95% restant étant les moutons ingénieurs, techniciens. Ces groupes ne possèdent quasiment pas de locaux (à part une pauvre petite agence de quelques dizaines de mètres carrés en banlieue de chaques entités régionnales, ou l'employé s'y rend une fois dans sa carrière pour signer son contrat tout au plus) pas de machine outils, pas de matériel, pas de stock, pas de matière première, pas de matériaux, très peu de factures immo, les employés étant presque tous placés chez les clients, bref mieux que le business model d'un Hypermarché, pratiquement AUCUN frais de structure ! (à retenir car il s'agit souvent de l'argumentaire des commerciaux pour se justifier sur la marge exorbitante qu'ils prennent les fameux frais de structure, ou comment nous prendre pour des ploucs).

En revanche il est fort probable que la masse salariale monétaire soit à l’opposée (pas de chiffre à l'appuie) mais on voit souvent circuler sur les tracts syndicaux les charmantes augmentations de 150 000 à 200 000 euros à l'année des grands patrons d'en haut .. en temps de crise évidemment et lorsqu'on sait que chaque couche encadrante se gave sur les contrats (du commercial jusqu'au directeur d'agence) ...

Laboratoire du MEDEF ?


En effet la plupart d'entre elle,sont toutes affiliées à la convention collective, SYNTEC, il s'agit d'une convention collective décidée par le patronat, imposée à tout les salariées des entreprises y adhérant. Cette convention collective à de magique et fantastique pour tout patron qu'elle introduit un statut exclusivement présent chez les SSII : L’inter-contrat !

L’inter-contrat est en effet une période fort sympathique, ou votre employeur le commercial, à la possibilité de vous laissez chez vous à rien faire (payé) en attendant qu'un nouveau contrat se libère et que la ressource l'employé donc, puisse être placé chez un autre client.
Dans la théorie tout ceci est très louable mais en réalité, il faut optimiser au maximum les ressources et les inter-contrats sont une perte sèche net, car la grande force de ce système de service (qui ne produit aucune valeur ajoutée et ne vient qu'engraisser des intermédiaires), c'est que les ressources humaines sont en même temps les matières premières et le produit de vente final.Superbe opération financière n'est ce pas ?
Rien d'étonnant à ce que des gens comme Ernest Antoine Seillière aient investit autant d'argent dans l'une des sociétés les plus en forme du secteur SOGETI.
Dans la réalité : On sortant de mission, on vous proposera une première mission (le plus souvent le plus loin possible de chez vous dans n'importe quel coin de France), ces sociétés étant implantées partout, l'employé n'ayant pas envie de faire déménager femmes et enfants à l'autre bout du pays refusera. Or les contrats SYNTEC (souvent emprunt d'une belle close de mobilité régionale voir nationale) stipulent que le refus de mission est une close de licenciement même sur un CDI, superbe combine n'est-ce pas. Il y a fort à parier vu les milliards que rapporte ce type de structures (qui rappelle bizarrement le fonctionnement d'une agence de travail temporaire avec plus de paillettes et d'enfumages), le fonctionnement s'étende petit à petit à tout les corps de métiers externalisable, soit à peu prés la casi totalité des métiers de service.

- D'ailleurs Au dernières nouvelles ProServia une SSII Nantaise d'environ 1000 salariés a été racheté par ... Manpower, le numéro 1 du travail précaire temporaire ! Les techniciens supérieurs et ingénieurs du groupe sont sûrement ravis d'avoir à présent sur leur bulletin de paie et leur nouveau contrat le logo Manpower qui leur apporte confiance et sérénnité en l'avenir ... -

La grande mascarade du démarchage client et de l'entretien :

On comment le temps d'un entretien vous vous rendez compte que le commercial ne strictement à rien à part se gaver sur votre dos.

La nous abordons le coeur du problème, là ou toute la supercherie se dévoile sous vos yeux ébahit le temps de l'entretien avec le client, ou vous comprenez que vous venez de mettre les pieds dans une boite de requins et vous vous demandez vraiment ce que fait le commercial à côté de vous dans la piéce et vous commencez déjà à remettre en question la part du gateau que le groupe revendique ...

Voilà comment se déroule un recrutement et la transformation d'un prospect en client dans la foulée en 2012 attention c'est du grand art, niveau argent facile on a rien vu de mieux dans le service client.

Vous êtes informaticien, vous chercher du travail (ou pas vraiment d'ailleurs), vous postez votre CV sur des sites de recrutements : Monster, Region Job, Cadre emploi ... le client (souvent une entreprise grand compte) à un besoin ponctuel ou particulier pour une durée moyen/long/court terme, d'une ressource qu'ils n'ont pas en interne. (il faudrait aussi dans un autre billet car celui-ci risquerait d'être trop long, aborder le point de vue client qui adhère tacitement à ce genre de combines de recrutements pour de nombreuses raisons, plus de flexibilité, peu coller la pression du resultat, peut être bien plus rigoureux qu'avec ses employés choyés et syndiqués,et nettement moins cher qu'un recrutement interne).

Le client diffuse donc son appel d'offre, par diverses moyen soit par mail aux commerciaux de SSII qu'il a déjà rencontré soit du différents sites d'appels d'offres ouvert au public. Les commerciaux n'ont donc rien à faire à part surfer sur ces sites, regarder leur mails ou leur sms. Suite à ça la course au pigeon commence, le commercial récupère l'appel d'offre, fouille dans son stock de CV (des informaticiens en inter contrat) mais le plus souvent il demande aux chargés de recrutement sniper de la société souvent localisés au siège de fouiller sur les fameux site d'emplois ou vous avez mis votre CV. Quelques recherches par mot clé plus tard votre CV remonte car correspond à la demande client, vous vous faîtes contacter avec le blabla enfumant habituel vantant les mérites humains du groupe etc.

On vous donne RDV directement devant chez le prospect avec le commercial de la SSII faisant l'appel d'offre, celui tente tant bien que mal de vous parler de son groupe (qui sont tous similaire dans l'ensemble), puis fais mine que vous lui plaisez bien et qu'il a envie de vous présenter au client (même si votre tête ne lui revient pas il vous présente, tout ceci n'est qu'enfumage, il serait mal venu de laisser filer un contrat). Bref 10 minutes avant le RDV avec le client vous faites connaissance avec le commercial de la société qui va veut vous exploiter embaucher, le prés entretien se fait sur le trajet dans la voiture ou autour d'un café en attendant l'heure du rendez-vous.

Entretien chez le prospect / le client, le commercial sort ses mensonges habituel " X (vous) et notre groupe sommes en relation de recrutement depuis plusieurs mois avec lui, on se connaît bien etc" (mensonges sur mensonges) voilà petite présentation de 5 minutes et c'est à vous de jouer à vous de convaincre. Oui oui vous ne rêvez pas , vous faites le boulot, vous vous vendez, c'est vous que le client jauge et non pas la société ! Dans l'affaire et pour simplifier à l'extreme le commercial est le type qui fait le lien entre une offre d'emploi et un candidat (enfin un stock de CV), sa fonction s'arrête à peu prés là.

Le commercial ne sert strictement à rien dans l'échange à part rassurer le client en lui balançant des cracks pour le rassurer sur deux trois points du genre administratif, une fois que vous vous êtes bien donné que vous avez fait du meilleurs pour vous vendre, vous laissez le commercial et le client entre eux parler chiffre (oui pas devant vous évidemment). A titre d'idée la facturation d'un informaticien se chiffre entre 250 et 700 euro HT / JOUR selon les fonctions et les profils. OUI OUI par JOUR !

Inutile de préciser que tout cela ne tombe pas dans votre poche, à la sortie de l'entretien si cela s'est bien passé, le commercial tente encore une fois de vous balancer sa PNL habituel, "rha t'as assuré, mais il est dur en affaire le bougre il propose pas cher" c'est toujours à cause de vous qu'il propose pas cher, soit parce que vous manquez d'expérience bien qu'ayant 10 ans de métier, soit parce que vous n'avez pas la cinquième patte voulue par le client qui ne recherche que des moutons de ce genre, enfin il y a toujours une raison valable .. Et le commercial vous fait son offre d'embauche (une rémunération on ne peut plus standard de 18 000 euros à 40 / 45 000 euros annuel toujours selon les profils).

Saisissez maintenant votre calculatrice pour avoir une idée du ratio achat / revente obtenu par le commercial qui se frotte les mains avec l'opération qu'il vient de réaliser tout ceci en à peine 1 heure, sur votre dos, grace à vous, grace à votre expérience, à vos compétence à votre personnalité. Vous pouvez si vous êtes malins tentez de négocier, en lui faisant comprendre que vous avez parfaitement conscience du prix moyen qu'il vous facture et qu'il ne faudrait pas trop vous prendre pour une paille. C'est là que tombe la fameuse excuse des FRAIS DE STRUCTURE (pour ceux qui ont suivit au début), les fameux frais quasi inexistant vu la taille des groupes et comparés à des sociétés de production standard. Les seuls frais de structures réels et compréhensibles sont les formations que la SSII propose à ses employés, ET ENCORE lorsque ces points sont respectés et non pas occultés. On se demande bien pour quelle raison le groupe s'accorde une marge aussi énorme sur la valeur travail que vous fournissez, compte tenue de la très faible valeur ajoutée qu'il apporte dans la démarche vis à vis du demandeur, le client.

Admirez la puissance du business model, la capacité de faire de l'argent facile ou les intermédiaires n'apportant AUCUNE PLUS VALUE OU VALEUR AJOUTéE, se gavent au maximum sur votre force de travail vos compétences et votre métier. Là ou l'argent va à l'argent où le capital est roi où la "tchatche" et le discours enfumant reigne sur les compétences et le savoir-faire. Encore une fois le corps managarial se gave à outrance, le pire dans tout cela est qu'il arrive à vous faire croire qu'ils prennent à peine une toute petite part en définitive et que tout ceci est légitime. Restez critique.

 

Turn over à foison : La problématique de l'expérience :

L'agressivité de ce chapitre devra être modérée - un minimum il ne faut pas trop leur relâcher le mollet quand même - car il me semble factuel que le secteur informatique au sens large (car tout ceci est vraiment très large ...) est bien portant, globablement dynamique et véritablement créateur d'emploi en France (Si votre enfant est dans une filère informatique à l'école il y a de forte chance qu'il n'ait pas de mal à trouver un premier emploi dès la sortie ... à condition qu'il soit mobile.). La très relative dynamique économique du pays ... peut dire merci au high-tech, à l'explosion Internet la dématérialisation à outrance et à l'emmergence des solutions Open-Source dans les entreprises, ceci dit de tels propos sont difficiles à pondérer car l'informatique est à mon sens le corps de métier le plus vaste existant, certains secteurs peuvent être très stagnants d'autres beaucoup plus dynamiques. Pour autant un marché dynamique ne légitimise pas les méthodes utilisées pour le recrutement et la rotation des effectifs ...

La encore on continue sur un business model made in HEC, ou l’extrême rentabilité sont les mots d'ordre. Il s'avère pour certains groupes les moins éthiques d'entre eux, qu'il est préférable de recruter des nouvelles recrue, jeunes à peine sortis de l'école que de mieux gérer ses ressources déjà en places et ceux pour plusieurs raisons.

Les recrutements ont la subtilité de pouvoir se faire deux deux manières, soit sur mission ( on revient au cas suscité plus haut ou le commercial vous donne rdv 1 heure avant chez le client pour la grande mascarade ) ou bien lorsqu'ils sont beaucoup plus chauds et ont confiance en la croissance potentiel du secteur ... sur profils ; on fait simplement le stock de CV sur entretien dans la perspective quasi assurée de nouveaux contrat de ce type c'est une source sûre généralement, sûre parce que rapportée par un commercial au cours d'une de ces visites clients  qui aurait eu vent de discution dans un couloir à propos de la mise en place de tel projet - les sources habituelles spéculative qui font tourner l'économie et le recrutement- ... Et surtout sûre car absolument sans risque pour le groupe ... qui pourra en cas d'erreur procéder à un retour arrière en faisant jouer la close de période d'essai (de 1 à 3 mois renouvelablement 1 a 2 fois ) applicable à tout CDI. Magnifique non ?

D'une main le groupe recrute et de l'autre main il fait du ménage dans son paquet d'inter-contrats, en remerçiant ceux et celles mises à la porte pour leur fidélité et leur dévouement pendant toutes ces années.

Il est évidemment beaucoup plus facile de manipuler un jeune sans expérience à peine sorti de l'école, le mouton est parfaitement docile et totalement receptif aux superbes méthodes de propagandes de communication des managers et autres commerciaux du groupe qui lui promette épanouissement sur fond de monts et merveilles, méthodes rodées pendant des décennies outre atlantique, le nouvel arrivant n'a aucune connaissance réelle de la dynamique du marché, admet sans contester que la CRISE est bien présente (puisque tout le monde le dit y compris ses patrons !), celui-ci est globalement complétement dépolitisé donc absolument pas syndiqué. Souvent prets à tout signer à n'importe quel prix, sous à peu prés n'importe quelle situation pourvu qu'il ait un premier boulot. "Parfait, viens bosser avec nous : je t'embauche pas cher car tu débutes c'est normal mais c'est pour pouvoir te mettre des d'augmentations tous les ans, plus haut je peux pas je marge pas ...//sortie de la grosse calculatrice de commerçant pour faire le calcul ..." . Parfait du sang neuf. Celui ci sera le plus souvent placé en premier lieu sur des missions à "faible valeurs ajoutées"  sous entendue une mission où la ressource ne rapporte pas encore le maximum à l'exploitation, souvent travail en équipe sous la houlette d'employés plus expérimentés, sans grandes responsabilité avec un poste à fort profil technique (idéal pour gagner en expérience cela dit). Mais encore faut-il que le nouvel employé soit RELLEMENT ET RAPIDEMENT placé en mission.

D'autant que l'informatique, il faudrait plutôt dire : l'image populaire que la propagande globale veut renvoyer de l'informatique,  doit rester un secteur "jeune" Internet, les nouvelles technologies, les technologies emmergeantes et numériques doivent renvoyer (surtout au yeux du client car l'employé est la vitrine du groupe), une image de dynamisme, de créativité, d'invention, de motivation, de découverte voir un peu de folie - du genre recrue associale qui ne compte pas ses heures c'est niquel pour le client- chez nous on recrute les prochains Steeve Job ou Marck Zuckerberg français qui vont vous faire un boulot de dingue ... toute cette propagande étant étroitement liée au mode de fonctionnement globale du milieu de l'entreprise en générale et de nos sociétés modernes : culte de la jeunesse, paraître, m'as-tu vu et poudre de perlinpin en pagaille. Tout ceci est d'autant plus "vicelard" que certaines fois des consignes claires sont imposées au recrutement dans certains groupes "Uniquement Moins de 30 ans , Bac +5 pour l'année à venir"  ... Et ensuite la propagande vous parle de famille et vous vantent leur esprit humains (si si je vous assure ils osent, on y viendra).

Le problème pour le client avec les jeunes recrues est qu'elles n'ont aucune expérience ... et qu'il est réellement très difficile la placer en prestation, celui-ci demandant toujours minimum 5 ans d'expériences, plusieurs langues, enfin le mouton à 5 pattes qui connait à peu près tout sur son domaine, qui maitrise les processus du client avant d'arriver qui connait toutes ses technologies sur le bout des doigts,ses processus, son fonctionnement et si il peut lire dans ses pensées pour anticiper ses réactions c'est encore mieux ... ne riez pas on en est pas loin.

De ce fait les SSII (et les têtes pensantes des écoles de management de ce genre d'affaires vraiment très cyniques) ont eu dés le départ l'idée de faire du surclassement, c'est à dire de placer des surdiplomés sur des secteurs et des postes n'en nécessitant pas nécessairement, la ou la demande ne réclame pas un niveau d'étude significatif ou bien si il ne s'agit pas d'un poste à responsabilité ou encore d'encadrement. Ce n'est pas la seule esbrouffe employée, mais c'est tout de même magnifique dans le principe à grande échelle vous allez voir, ils sont vraiment très forts.

L'idée étant pour le commercial de rassurer le client (peut importe le moyen dans le business tout n'est qu'histoire de confiance et de prix), la tactique pour placer de la jeune recrue fraîchement maléable et pas cher est de jouer sur le niveau de diplôme du candidat, en gros certes mon poulain n'a aucune expérience, mais regarde il a des diplomes enorme pour le type de poste -le fameux poste à faible valeur ajoutée de tout à l'heure- , celui-ci est même trop bon pour la mission à en croire le commercial... . Le commercial branche le client sur le niveau d'étude en lui détournant le regard de l'expérience (et le dernier se fait bien leurrer car rien ne vaut un individu bien expérimenté peu importe le type de poste et le niveau d'étude). Evidemment ça marche, le client recrute des ingénieurs et autre bac + 5 pour remplir une prestation honnêtement réalisable par n'importe quel informaticien d'expérience au niveau d'étude inférieur .... Le client pense avoir acheté du rêve un ingénieur ultra qualifié pour appuyer sur un bouton pensant que la qualité sera d'autant plus au rendez-vous le packaging magique qui va tout résoudre comme ça en claquant des doigts (le futur Steeve Jobs Français qui serait tombé par chance sans sa PME et qui va lui remettre tout son système d'information debout avec des idées révolutionnaires ...) ,la SSII se frotte les mains car vient d'acquérir une ressource à pas cher qu'elle facture comme un informaticien expérimenté, quelle fera tout pour garder dans son effectif pendant qu'elle prendra de l'expérience pour la facturer toujours plus cher dans les années à venir aux clients suivant, évidemment à côté elle fera le nécessaire pour éviter de trop augmenter sa rémunération (crise, PNL, propagandes, frais de structures énormes,mensonges...). Mieux encore : en plaçant des jeunes recrues sur-diplomées low cost dans des groupes de travail homogènes chez un même client avec des profils hétérogènes, cela permet par effet de bord un lissage des salaires par le bas ! C'est tellement cynique dans le respect du genre humain et le message qu'ils affichent en permanence, que j'en suis presque admiratif ... et pourtant depuis ils ont fait mieux ...

Bienvenue dans l'univers de la précarisation par le haut, ou rien n 'est trop beau pour le client, car si il pouvait recruter des docteurs au tarif d'un manutentionaire pour faire le même job : il le ferait et les SSII le leur fournirait, voilà où nous en sommes rendus ! Voilà le resultat de la marchandisation du travail.

A suivre .. [correction relecture serait de bon augure][...et ça prend un peu les proportions d'un roman ...]

"Le client paie très cher pour la prestation il faut que tu assures : D'accord mais il paie qui très cher ?" :

L'enfumage collectif par le management et le jargon, la grande réussite des "business-process" des néo-libéraux :

Le double Cheese, quand y a pour un y en pour deux, même en pleine crise :

Les droits des "salariés" un truc là pour faire joli :

Ouf il existe (encore ?) des alternatives et des parades tout n'est pas perdu:

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